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Le sous-financement est une réalité...

Sur cette page :
Études étayant le sous-financement | D’autres exemples du sous-financement de l’Université McGill
Les dangers du sous-financement | Le coût de la vie — et les coûts de fonctionnement d’une université


... et nous ne sommes pas les seuls à l’affirmer.

Huit cent cinquante millions de dollars, chaque année. Cette somme correspond au sous-financement des universités du Québec par rapport à la moyenne canadienne, selon une étude de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).

Vous en doutez, jugeant que les universités membres de la CREPUQ ont un intérêt évident en la matière? Des études réalisées par des organismes indépendants arrivent pourtant aux mêmes conclusions:  

  • Selon le Conseil des universités de l’Ontario (COU) [anglais], les universités québécoises se classent parmi les dernières au Canada quant aux deux principales sources de subventions de fonctionnement (subventions provinciales et droits de scolarité).
  • Selon le magazine Maclean’s, les quatre universités du Québec qui offrent des programmes de médecine et de doctorat se classent parmi les cinq dernières au Canada, au chapitre des subventions de fonctionnement par étudiant.

Un consensus sur le sous-financement – jusqu’à l’année dernière...

Tous reconnaissaient le sous-financement criant des universités québécoises ‒ jusqu’à ce que le gouvernement précédent parle d’une hausse des droits de scolarité :

« Il y a un constat clair qui a été fait : les universités sont sous-financées, et le gouvernement doit leur donner plus de ressources. Ce constat a fait l’unanimité chez les membres de la Commission de l’éducation, autant du côté du Parti québécois que du Parti libéral. » 1 — Pauline Marois, 2005.

« La FEUQ considère que les universités québécoises sont sous-financées de manière inquiétante, et que ce sous-financement, conséquence directe de compressions budgétaires, a des impacts directs sur la réalisation de la mission universitaire. » 2 — FEUQ, 2010

D’autres exemples du sous-financement de l’Université McGill

  • Moins que sa juste part : McGill accueille 16 % des étudiants québécois (après pondération), mais ne reçoit que 15 % du gouvernement québécois pour son budget de fonctionnement. Si les fonds étaient alloués en fonction de la population étudiante pondérée, McGill recevrait une somme additionnelle de 26 M$ par année. 
  • Subvention pour « mission spéciale » : Au Québec, McGill est l’une des deux seules universités non admissibles à la subvention pour « mission spéciale ». Or, l’Université s’est dotée de plusieurs missions exceptionnelles dont bénéficie la collectivité, dont la préservation de ses bâtiments historiques. Si elle était admissible à une subvention pour « mission spéciale », McGill recevrait 15 M$ par année.
  • « L’Ajustement McGill » : En 2000, le gouvernement a réduit la subvention qu’il accordait à McGill – sans modifier celle qu’il verse aux autres universités – d’environ 10 M$ par année. Ces fonds n’ont jamais été rendus à McGill.
  • Un déficit accumulé de 275 M$ en 2012-2013 : Cela inclut le passif relativement à son régime de retraite (plus de 100 M$), les vacances qui n’ont pas été payées aux employés et les dettes. McGill met tout en œuvre afin d’atteindre l’équilibre budgétaire, sans toutefois nuire à son rendement, mais le sous-financement chronique fait de cet objectif un véritable enjeu. En décembre 2012, le gouvernement a exigé de McGill des coupures rétroactives de 19 M$. L’an prochain, ces coupures pourraient être plus importantes encore. 

Si les universités du Québec sont à ce point sous-financées, comment se fait-il que je n’en observe pas les effets? 

De nombreux effets cachés du sous-financement se font sentir dans les universités québécoises :

  • Les déficits s’accumulent
    En raison des efforts qu’elles ont déployés pour préserver la qualité de leur enseignement, les universités du Québec ont cumulé un déficit de 2,14 milliards de dollars, selon les principes comptables généralement reconnus. Aux prises avec un écart de 850 millions de dollars par année en matière de financement, nos universités doivent emprunter pour éponger le déficit. La solution de rechange — puiser dans les fonds prévus pour l’enseignement et l’aide étudiante — pourrait bientôt se révéler inévitable.
  • Des infrastructures qui ont besoin de réparations  
    En 2007, les projets d’entretien différé des universités québécoises représentaient 1,5 G$. D’année en année, le manque de fonds retarde les travaux d’infrastructure nécessaires, ce qui entraîne des risques pour la santé et la sécurité, complique l’installation de matériel de pointe et fait de l’adaptation aux nouvelles technologies éducatives un véritable défi. Le caractère patrimonial de nombreux édifices de McGill représente un défi exceptionnel en matière d’entretien et de rénovation.
  • Le Québec perd du terrain sur le plan de la capacité concurrentielle en matière de recherche
    Comparativement à d’autres provinces, la part des subventions fédérales pour la recherche accordée au Québec n’a cessé de diminuer — passant de 17 % en 2003-2004 à en 2008‑2009. Il est devenu beaucoup plus complexe de soumettre une demande de subvention fédérale pour la recherche, et le sous-financement rend difficile l’embauche du personnel de soutien nécessaire pour réussir à obtenir de telles subventions. Si le Québec obtient encore une part relativement importante des subventions de recherche, le déclin de sa compétitivité nuit toutefois à sa position au sein d’une économie axée sur l’innovation.

Le coût de la vie — et les coûts de fonctionnement d’une université.

Deux études réalisées par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport en 2008 et 2011 ont démontré qu’en tenant compte du coût de la vie relatif, les universités québécoises n’étaient pas vraiment sous-financées.

Pour plusieurs raisons, nous croyons que ces études ne disent pas tout :

  • Le calcul du coût de la vie établit le coût de certains biens et services dans une région donnée, pour illustrer ce qu’il en coûte pour y vivre — mais pas les coûts de fonctionnement d’un établissement universitaire. Par exemple, l’indice des prix à la consommation du Canada prend en compte le prix de biens, comme le tabac, les vêtements et les chaussures, qui n’ont rien à voir avec les universités. 
  • Les résidents du Québec paient davantage d’impôts que les travailleurs de toute autre province au Canada3. Lorsque les universités québécoises rivalisent avec d’autres établissements pour attirer des professeurs et des employés de premier ordre, le faible coût de la vie au Québec n’est pas un argument aussi convaincant que le revenu net de loin supérieur offert ailleurs.
  • Bon nombre de nos achats — par exemple les fonds de bibliothèques et le matériel spécialisé de haute technologie — se font à l’extérieur du Québec, et le coût de la vie local n’influe donc pas sur leur prix.
  • Enfin, bien qu’en région le coût de la vie soit de loin inférieur à la moyenne, ce n’est pas le cas à Montréal.

1. Journal des débats de l’Assemblée nationale, 15 juin 2005

2. Les frais de scolarité et l’université : Argumentaire contre les hausses des frais de scolarité, 2010, p. iii

3. http://www.cra-arc.gc.ca/tx/ndvdls/fq/txrts-fra.html;http://www.revenuqu...