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2010

9 décembre 2010

Robert Reisz (professeur et directeur, Département de biologie, Université de Toronto à Mississauga)

« From Embryos to Adults: The Life and Times of a Dinosaur »

Les dinosaures suscitent un remarquable regain d'intérêt depuis quelques décennies. Loin d'être des monstres reptiliens balourds voués à l'extinction, ils étaient, comme l'attestent des découvertes récentes et les résultats d'études menées selon de nouvelles méthodes, des animaux complexes et très actifs capables de comportements évolués, et formaient l'un des groupes de créatures terrestres les plus diversifiées et prospères apparues sur Terre.

Mon équipe a étudiée en détail l'anatomie et le cycle biologique de Massospondylus, un dinosaure qui vivait il y a 200 millions d'années dans ce qui est aujourd'hui l'Afrique du Sud. Bien que son aspect et sa taille ne soient pas aussi spectaculaires que ceux d'autres dinosaures, Massospondylus présente un cas unique chez les dinosaures, car on dispose de plusieurs crânes et squelettes en excellent état. Ces restes, ainsi que la découverte remarquable de nids de cette espèce — certains nids comportent même des oeufs contenant des embryons non éclos — nous ont permis de reconstituer en détail le cycle biologique de ce dinosaure, du stade de l'embryon à l'état adulte, ce qui constitue un exploit inédit dans le domaine de la recherche sur les dinosaures. Le cas de Massospondylus peut donc servir à l'étude des moyens dont dispose maintenant la science pour faire revivre ces animaux anciens et leur environnement.


11 novembre 2010

David Sauchyn (U. de Regina)
« How Might Global Warming affect the Variable Hydroclimate of Western Canada? »

Écoutez le podcast. Dans sa partie ouest, l'intérieur du Canada a l'un des climats les plus variables du monde, marqué par de graves sécheresses tout autant que par des pluies torrentielles, comme on l'a observé ces dernières années. Les modèles climatiques suggèrent que cette variabilité hydroclimatique pourrait s'amplifier sous l'effet du réchauffement climatique, ce qui fait craindre des scénarios plus inquiétants que les écarts par rapport aux conditions moyennes prévus jusqu'ici.

Pour bien comprendre comment le réchauffement climatique pourrait affecter l'hydroclimat variable de l'Ouest canadien, il faut d'abord en comprendre la variabilité interne (naturelle) à court terme. Comme certains cycles climatiques sont aussi longs et même plus longs que les périodes couvertes par les relevés de la plupart des stations météorologiques, nous mesurons la croissance des arbres en fonction du climat pour générer des relevés climatiques indirects pour le dernier millénaire. Les relevés climatiques longs nous permettent de constater que les politiques et les pratiques de gestion de l'eau ont été établies durant une période de sécheresse intense, mais non chronique et que des rajustements pourraient se révéler nécessaires pour soutenir l'utilisation des terres et de l'eau dans un régime hydrologique qui présente des éléments de régimes précédents et du réchauffement climatique. 


 

14 octobre 2010


Maya Saleh (Faculté de Médecine, U. McGill)
« Inflammation — the fuel of cancer: extinguishing the fire to stop the disease »

Écoutez le podcast.


9 septembre 2010

9 septembre 2010
Yogita Chudasama (professeure adjointe, Département de psychologie, U. McGill)
« Dissecting the components of animal behaviour as a window into the human mind »
Écoutez le podcast. Notre compréhension des fonctions sensori-motrices du cerveau repose en très grande partie sur des recherches menées sur les animaux. L'usage d'animaux de laboratoire s'étend depuis peu à l'étude d'aspects plus complexes de la cognition comme la planification et l'organisation, le contrôle behavioral et la prise de décisions. Jusqu'à quel point le modèle animal peut-il nous renseigner sur les caractéristiques complexes de la cognition humaine? Certes, les comportements spécifiques de différentes espèces s'écartent à l'évidence des comportements humains (pensons, par exemple, au mode de vie souterrain du rat), mais la circuiterie de base de leur cerveau est la même, ce qui implique la possibilité que ces animaux soient capables d'opérations cognitives analogues.

Dans cette conférence, j'expliquerai comment les neuroscientifiques ont réussi à exploiter un cadre conceptuel dérivé de recherches en psychologie expérimentale humaine qui décompose la cognition en ses éléments constitutifs de base. J'exposerai les preuves qui démontrent que ces nombreux éléments cognitifs s'apparent étonnamment à ceux des humains chez des animaux de laboratoire aussi différents que les primates non humains et les rongeurs. Enfin, je soutiendrai que l'association de tests behavioraux minutieux et de la manipulation ciblée de circuits spécifiques dans le cerveau d'animaux de laboratoire est actuellement le meilleur moyen dont nous disposons pour comprendre les éléments neuronaux de base de la cognition humaine. Ces éléments, dont on commence à peine à découvrir les fondements neuronaux, sont perturbés dans des troubles cérébraux humains courants qui s'accompagnent de dysrégulation émotionnelle, de dysfonction cognitive et même de psychose.


Canal Savoir

Deux des conférences « À la fine pointe » étaient diffusées sur Canal Savoir (CFTU UHF29 / cable 26-47) cet été. Materials Make Light Work : 20 et 21 juillet; 13 et 14 août; 7 et 8 septembre. The First Stars and the End of the Dark Ages : 23 et 24 juillet; 17 et 18 août; 10 et 11 septembre. Voir les description ci-dessous.


8 avril 2010

 
Gil Holder (Département de physique, U. McGill)
The First Stars and the End of the Dark Ages
Écoutez le podcast. Grâce à l'étude du rayonnement fossile, nous en savons beaucoup sur l'état de l'Univers à l'âge de 300 000 ans. L'étude de l'Univers local peut aussi nous apprendre beaucoup de choses sur son état durant les quelques milliards d'années qui constituent la partie la plus récente de ses 14 milliards d'années d'existence. Il y a toutefois une période intermédiaire (qui correspond approximativement au premier demi-milliard d'années) qui nous est extrêmement obscure, précisément parce qu'il n'y avait alors aucune source de lumière. Cet « âge des ténèbres » a pris fin avec la naissance des premières étoiles, et des premières images d'un Univers présentant un certain stade d'évolution.
Une meilleure compréhension de cette période devrait ouvrir de nouvelles perspectives sur la matière noire, l'énergie noire, la formation des étoiles et la physique de l'Univers jeune. Cette étude se situe à la fine pointe de l'astrophysique et de la cosmologie. Elle fait appel aux observations réalisées à l'aide des appareils d'observation les plus puissants — radiotélescopes, télescopes à ondes millimétriques, télescopes optiques et télescopes à rayons gamma — et met en oeuvre des projets de traitement informatique qui comptent parmi les plus exigeants de l'astronomie et de l'astrophysique.


11 mars 2010


Warwick F. Vincent (Centre d'Etudes Nordiques [CEN], Université Laval)
Climate change, ecosystem collapse and cascading regime shifts in the Canadian Arctic
Écoutez le podcast. L'Arctique canadien possède une remarquable diversité de types d'écosystèmes aquatiques, et notamment des lacs de fonte de pergélisol, de grandes rivières qui se déversent dans l'océan Arctique, des lagunes et autres écosystème côtiers, et des lacs couverts de glace pérenne réchauffés par le soleil. Nos analyses de la microbiologie moléculaire de ces eaux ont révélé l'existence de communautés diverses dans chacun des trois domaines de la vie microbienne, ce qui se répercute sur la biogéographie, la structure du réseau alimentaire et les processus biochimiques, et notamment les flux de gaz à effet de serre. L'Arctique se réchauffe à un rythme deux fois supérieur à la moyenne et les régimes physiques et écologiques de certains de écosystèmes mentionnés plus haut ont commencé à subir des changements par degré. Nos observations suggèrent que le changement climatique s'accompagnera de plus en plus de changements discontinus de la structure et de la fonction des écosystèmes aquatiques.


11 février 2010



Mark Andrews (Département de chimie, U. McGill)
Materials Make Light Work – Or, “Image is Everything”

NOUVEAU! Grâce à l'appui du CAMBAM (Centre de mathématiques appliquées en biosciences et médecine ), vous pouvez maintenant regarder l'enregistrement vidéo (agrémenté de diapositives) de cette conférence.
Que peuvent bien avoir en commun les ailes d'un papillon, la fleur de Vénus et de fortes doses d'éléments du Tableau périodique sous le rapport de la transmission de données numériques, musicales, vocales et vidéo par la lumière? Réponse : on peut leur faire exploiter les propriétés de la lumière. La lumière est une chose bien mystérieuse. Mais la Nature et les scientifiques ont trouvé le moyen de fabriquer des matériaux extraordinaires permettant de la contrôler et de lui faire transmettre des informations et reproduire des images. Agrémentée d'animations, de démonstrations et d'une bonne dose d'humour, cette conférence examine d'abord les origines de l'Internet optique au Canada à partir de quelques inventions datant de la Grèce et de la Rome antiques et de l'époque napoléonienne. On y explique ensuite comment certaines espèces de micro-organismes aquatiques et d'éponges construisent de complexes « maisons de verre » et tressent des paniers de fibre optique, et à quoi les papillons et les coccinelles doivent leurs coloris si exquis. Les observations faites dans ce domaine pourraient ouvrir la voie à la fabrication de fibre optique et de circuits optiques très petits à partir des constituants de l'eau de mer, de biomolécules et de schémas de cristaux solides et liquides, en recourant à des techniques d'ingénierie perfectionnées. On y décrit enfin les possibilités qu'offre la chimie pour fabriquer, sur des puces de silicium, les circuits optiques qui permettent de gérer des flux d'informations comme le font iTunes® et YouTube®. Et si l'image compte plus que tout, la chimie participe de belle manière à la révolution en ce domaine, par exemple en créant des écrans couleur ultra-minces à cristaux liquide, faits de plastique léger, ou des affiches animées programmables utilisant des encres spéciales qui émettent de la lumière. Les concepts exposés durant toute la conférence sont assortis d'exemples simples et bien sûr... lumineux.


14 janvier 2010

Janusz Rak (titulaire de la chaire d'ématologie-oncologie, Département de pédiatrie, Université McGill).
The siren song of cancer cells – lies, deceit and misinformation in cellular communication underlying disease.
Écoutez le podcast. Le traitement efficace de maladies complexes, et particulièrement du cancer, réside peut-être dans l'élucidation de mécanismes qui se situent à différents niveaux de la hiérarchie biologique. Beaucoup de recherches en cours visent principalement à comprendre comment l'action de certains gènes à l'intérieur des cellules cause le cancer, mais il y aurait aussi grand profit à étudier ce qui se passe entre les cellules et entre celles-ci et leur entourage. À cet égard, les cellules cancéreuses ne se contentent pas d'être « antisociales », elles manifestent aussi une « culture de gang » qui les font agir ensemble en vue de certaines fins pathologiques. En témoignent la « coercition » de tissus comme les vaisseaux sanguins et la moelle osseuse, forcés de collaborer avec le groupe de cellules tumorales, et les influences « corruptrices » à l'intérieur de celui-ci. Ces influences s'exercent par le biais de plusieurs moyens de communication de cellule à cellule anormaux, dont l'un consiste à envoyer vers d'autres cellules des protéines oncogènes (oncoprotéines) sous la forme de structures appelées microvésicules. Celles-ci peuvent déclencher des comportements aberrants de la part de cellules autrement non agressives qui prennent alors part au processus morbide. Le défi consiste donc à en apprendre davantage sur ces microvésicules et de celles-ci, et à trouver le moyen de bloquer le « chant des sirènes » des cellules cancéreuses.