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Le Projet verglas

 
Projet en cours

Project Ice Storm: Continuing Effects of Prenatal Stress on Children's Physical, Cognitive and Behavioural Development in Adolescence.

S. King, D. P. Laplante, A. Brunet, K. N. Dancause, N. Grizenko, R. Joober, and N. Schmitz

Le stress maternel prénatal (SMP) durant la grossesse est associé à des séquelles physiques, cognitives et comportementales chez les enfants. Par contre, plusieurs limitations existent dans la littérature qui a été publié à ce propos. Par exemple, les études faites sur les animaux permettent d'assigner de façon aléatoire les animaux en gestation à différentes conditions de stress, mais ces études ont une pertinence limitée chez les humains, chez qui différentes évaluations cognitives vont générer des réactions physiologiques différentes. Qui plus est, les études rétrospectives chez les humains lient le développement des enfants à des événements stressants vécus durant la grossesse, mais ne nous informent pas de l'importance relative des effets imputés à l'intensité des difficultés objectives de la mère, et de sa réponse émotive face à ces événements. Ces études sont aussi compromises par l'étude de facteurs stress dits “non-indépendants”, comme la perte d'emploi ou l'anxiété, qui peuvent être en partie causée par la personne elle-même.

Le Projet Verglas a été élaboré afin d'étudier les effets d'exposition à divers intensités du SMP in utero, à partir d'un stress indépendant qui affecte le développement de l'enfant, de la naissance jusqu'à la petite enfance. En janvier 1998, la crise du verglas au Québec a laissé des millions d'habitants sans électricité, pour certains, jusqu'à 40 jours. Grâce au Projet Verglas nous avons été en mesure de séparer les stress “objectifs” (ex : le nombre de jours sans électricité) des réactions “subjectives” aux stress (ex : symptômes de stress post traumatique) et des réactions physiologiques (cortisol sur 24 heures), et les facteurs de personnalité de 178 femmes enceintes exposées au désastre. Un suivi des enfants à 6 mois, 2 ans, 4 ans, 5 ans et demi et 8 ans et demi, montre des effets significatifs du SMP objectif et subjectif sur le tempérament, les troubles de comportement (rapportés par les parents et les enseignants), le développement moteur et physique, le Q.I., l'attention, et le développement du langage. La majorité des effets persistent jusqu'à notre évaluation la plus récente. Il nous reste à déterminer si ces effets vont persister jusqu'à l'adolescence.

Objectifs

Le but de la phase actuelle de l'étude est de comprendre les effets à long terme de l'exposition au stress de façon prénatale sur la croissance et le fonctionnement physique, le développement cognitif et le comportement des enfants du Projet Verglas en étudiant la trajectoire de leur développement jusqu'à l'âge de 13 ans.

Hypothèses

i) De plus hauts niveau de SMP seront associés à un développement moins optimal de l'enfant, quoique ces risques peuvent être atténués par des facteurs de protection (support social accru, etc.), et exacerbés par des facteurs de risque (stress maternel subjectif négatif, statut socio-économique faible, etc.) et modéré par le moment de la grossesse où le stress sévi. Les complications obstétriques vont démontrer un effet médiateur entre le stress prénatal et l'influence sur le développement de l'enfant. ii) Différentes trajectoires du développement seront observées dépendamment de l'importance de l'ampleur, et du moment de l'exposition au stress.

Plan de recherche

Près de 150 familles continuent de participer au Projet Verglas. Cette étude comprend 4 périodes d'évaluation: i) Des visites à domicile lorsque les enfants auront 8 ans et demi et 10 ans et demi pour déterminer les effets à long terme du SMP sur le développement physique, cognitif et comportemental des enfants; ii) La distribution d'un questionnaire sondage aux professeurs de 3e, 4e, et 5e années du primaire pour évaluer le comportement et les troubles d'attention à l'école à l'âge de 8, 9 et 10 ans; ainsi que iii) Un questionnaire distribué par la poste pour obtenir l'évaluation des parents sur le comportement et les problèmes d'attention de leur enfant à la maison à l'âge de 9 ans et demi.

L'importance du projet

Il existe plusieurs études à propos de l'association entre le stress maternel prénatal et le développement de l'enfant. Cependant, ces efforts ne sont pas en mesure de déterminer à quel point les effets sont dus à la transmission génétique d'une propension à l'anxiété, aux effets des hormones de stress sur l'environnement intra-utérin ou le fait de vivre avec une mère anxieuse après la naissance. Le Projet Verglas est le seul projet au monde (1) qui étudie les effets d'un stress indépendant (2) qui est donc, en mesure de séparer les effets dus à l'exposition de la mère à un stress objectif de la réaction subjective de la mère, tout en contrôlant pour des niveaux habituels d'anxiété et de dépression chez la mère; (3) qui étudie les effets de façon prospective après peu de temps suivant l'événement stressant, et lorsque la plupart de l'échantillon était toujours enceinte; (4) et qui a un échantillon prospectif de plus de 100 familles. À ce jour, nous avons obtenu des effets significatifs de SMP à tous les niveaux du développement que nous avons examinés. En extrapolant nos résultats à des événements plus sévères, tel qu'une guerre et d'autre formes de désastre, soit naturels ou causés par l'homme, les effets marqués que nous avons trouvé pourraient être multipliés.

March of Dimes Foundation (#12-FY07-263)
The Effects of Prenatal Maternal Stress on Brain Morphology in 11 Year-Old Children: The Quebec 1998 Ice Storm Project
S. King, A. Brunet, T. Paus, J. Pruessner, D.J. Walder
2007-2010
$291,900 U.S. Total

Les résultats de notre étude longitudinale, le Projet Verglas, sur les effets du stress prénatal sur les effets périnataux, de la petite enfance et de l'enfance indique qu'indépendamment du niveau d'anxiété de la mère, les enfants nés de mères ayant été exposées à de hauts niveaux de stress objectif à travers un désastre naturel présentent des habiletés cognitives appauvries comparativement aux enfants nés de mères ayant été exposées à de faibles niveaux de stress objectif à l'âge de 2 ans et 5 ans et demi.. Le stress prénatal objectif compte pour une proportion significative de la variance de la symptomatologie anxieuse/déprimé des enfants à 4 ans, même lorsqu'on contrôle pour le niveau d'anxiété de la mère. Aussi, des asymétries des empreintes digitales ont été observées chez les enfants de mères ayant manqué d'électricité à quelque moment que ce soit durant la tempête de verglas.

Il a été proposé que ces effets dus au stress prénatal auraient comme résultat de causer des dommages au développement du cerveau du foetus, particulièrement de l'hippocampe. Il est bien établi, dans la recherche animale, que le stress prénatal accroît l'exposition du foetus aux glucocorticoïdes, qui, à leur tour, endommageraient le développement de l'hippocampe, et ainsi, affecteraient le développement de l'axe HPA du foetus. L'hippocampe, de lui-même et de par sa connexion avec l'axe HPA, est impliqué dans le fonctionnement cognitif et comportemental/émotif ; donc, le stress prénatal chez les humains pourrait endommager l'hippocampe ce qui pourrait être responsable des effets du fonctionnement cognitif et comportemental que nous avons observé. Il n'y a, par contre, aucune évidence directe des effets du stress prénatal sur le développement du cerveau chez les foetus humains à ce jour.

Les objectifs de cette étude sont de déterminer dans quelle mesure le niveau de stress prénatal, le moment de la grossesse où ils surviennent ainsi que le niveau de cortisol maternel obtenu peu après la crise, ont un effet sur : i) la morphologie du cerveau chez les enfants humain, ii) le développement continu des habilitées intellectuelles, linguistiques, comportementales/émotives. Nous souhaitons aussi déterminer si les différences dans la morphologie du cerveau (si elles sont observées) sont reliées: i) au développement intellectuel, linguistique, et comportementale/émotif des enfants, ii) aux asymétries des empreintes digitales déjà observées, et iii) aux niveaux maternels de cortisol intégré. Nous rencontrerons ces objectifs par l'extension du suivi de la cohorte exposée in utero au stress maternel résultant d'un désastre naturel qui a eu lieu au Québec (Canada) en janvier 1998 et en recrutant un second groupe d'enfants de mères ayant vécu dans le même endroit atteint par la tempête, mais qui n'étaient pas enceinte durant la crise.

Nous avons recruté 69 garçons et filles de notre cohorte du Verglas nés entre janvier et septembre 1998, ainsi que 60 enfants (jumelés grâce au mois de naissance, sexe et statut socio-économique) nés un an plus tôt, pour l'étude à l'âge de 11 ans.

Nous croyons que les résultats obtenus grâce à notre étude assisteront les services de santé officiels en identifiant précisément quels aspects des événements stressants (les difficultés objectives ou la réaction subjective à ces événements) sont potentiellement dommageables au foetus en développement. Ce faisant, les mesures préventives appropriées pourront être implémentées afin de limiter les effets du stress prénatal sur le foetus en développement.