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Sommet sur l’enseignement supérieur

Message de la principale Heather Munroe-Blum

Lundi et mardi derniers, j’ai pris part au Sommet sur l’enseignement supérieur organisé par le gouvernement du Québec. À cette occasion, une soixantaine de participants ont échangé des perspectives au sujet de quatre thèmes prioritaires : qualité et gouvernance, recherche et collaboration, financement, et accessibilité. Ce fut un échange riche en réflexions où des points de vue divergents ont été exprimés.

À trois reprises, j’ai pris la parole au nom de McGill et des universités à charte (qui ne font pas partie du système de l’Université du Québec). Mes interventions peuvent être consultées sur le blogue Rouge.

Le gouvernement a profité du Sommet pour annoncer officiellement le déploiement de certains paramètres-cadres, pour la plupart déjà connus :

  • Une nouvelle réglementation concernant les universités;
  • Un nouveau Conseil national pour les universités (un conseil consultatif);
  • Une nouvelle politique québécoise en matière de recherche, ainsi que des assises sur la recherche;
  • Un réinvestissement à compter de 2014 jusqu’en 2019 (dont l’essentiel des fonds seront injectés vers la fin de cette période) et une révision de la formule de financement;
  • L’indexation des droits de scolarité, voire des frais accessoires, et une hausse de l’aide financière aux étudiants;
  • Des ententes entre le gouvernement et chaque université orientées sur des objectifs et une responsabilité accrue.

Des groupes de travail ont été créés afin d’étudier plus attentivement ces secteurs et formuler des recommandations. Pour obtenir de plus amples renseignements à ce sujet, veuillez consulter le compte rendu du Sommet.

Lors de ma dernière intervention, j’ai exhorté le gouvernement d’annuler ces compressions qui portent un coup dur à la qualité de l’enseignement et de la recherche au Québec. Je suis revenue à la charge en expliquant que ces mesures affaiblissent un système universitaire déjà précaire et qu’elles auront un impact bien réel sur les emplois, les services aux étudiants et aux professeurs, ainsi que sur les programmes.

Tributaires de la croissance économique du Québec – et par conséquent incertaines – les promesses de financement à long terme ne tiennent pas compte du grave sous-financement qu’accusent les universités québécoises depuis plus de dix ans, que les nouvelles compressions creusent davantage. La crise, nous la traversons maintenant, et c’est maintenant que nos besoins doivent être comblés.

Depuis deux jours, les médias rapportent qu’une entente visant à réduire les compressions entre les dirigeants universitaires et le gouvernement avait été conclue avant le Sommet. En fait, la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) a entrepris il y a plusieurs semaines des négociations avec le gouvernement qui se sont récemment accélérées. Ainsi, contrairement à l’information relayée par les médias, aucune entente n’a été conclue avant la tenue du Sommet, comme en témoignent d’ailleurs mes interventions.

Hier, la CREPUQ nous a soumis une proposition que le vice-principal exécutif et le vice-principal à l’administration et aux finances analysent minutieusement. Il semble que les solutions avancées par le gouvernement fourniront une certaine souplesse, notamment en nous permettant d’étaler les compressions sur plusieurs années sans encourir de pénalités financières, en dépit du lourd déficit qui en découlera.

En d’autres mots, il s’agit d’une autorisation à amortir notre dette cumulée sur plusieurs années. Néanmoins, après tout cela, la seule information confirmée et répétée est qu’au cours des 14 prochains mois, McGill recevra un financement réduit de près de 40 M$ par rapport à ce que le gouvernement lui avait indiqué au moment du budget pluriannuel préparé le printemps dernier.    

La haute direction et moi comprenons l’anxiété que bon nombre d’entre vous ressentent dans un tel contexte d’incertitude, et partageons entièrement vos préoccupations. Sachez que nous travaillons très fort à l’élaboration d’un plan concret et solide en réponse à cette situation budgétaire critique. Il nous faudra prendre plusieurs décisions difficiles avant de finaliser notre budget, de concert avec le Conseil des gouverneurs, à la fin d’avril. Nous faisons tout pour réduire l’impact humain de ces décisions, mais il serait irréaliste de penser qu’il ne sera pas ressenti.

La communauté mcgilloise est unie par un engagement indéfectible envers l’excellence et le maintien de la riche contribution et de la valeur inestimable d’un système universitaire public de qualité. Quelles que soient vos opinions, je vous encourage à les exprimer afin de maintenir l’intérêt de la population quant au rôle de l’enseignement supérieur et de la recherche universitaire pour notre société. 

Cordialement,

Professeure Heather Munroe-Blum
Principale et vice-chancelière, Université McGill