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Message à la communauté mcgilloise (le 21 nov. 2011)

Message de la principale et vice-chancelière

Nombre d’entre vous ont communiqué avec moi depuis les incidents alarmants qui se sont produits le 10 novembre dernier sur le campus du centre-ville. Vous vous êtes dits bouleversés, en colère et inquiets. Certains craignent que McGill s’éloigne de ce qu’elle était, soit une université ouverte et tolérante, où il est possible de s’exprimer dans le calme.

Les membres de notre communauté – étudiants, professeurs, personnel et passants entraînés malgré eux dans la manifestation à l’extérieur du Pavillon James – ont été peinés par les événements du 10 novembre. Même des gens qui n’étaient pas sur les lieux – parents, proches, diplômés et bénévoles – en ont été troublés.

La semaine dernière, en m’adressant aux membres du Sénat, j’ai souligné, comme je le fais par ce message, que j’étais profondément désolée que des événements si opposés à la culture et aux valeurs de notre université s’y soient produits. Je sais par ailleurs que je ne suis pas la seule à tout mettre en œuvre pour que de tels incidents ne se reproduisent jamais.

À titre de principale de McGill, je suis responsable de ce qui se passe sur ses campus. Les événements du 10 novembre ont été un signal d’alarme quant aux problèmes qu’éprouve notre communauté en matière de communication, d’interaction et de planification. À cet égard, je m’engage à travailler avec les McGillois afin d’explorer les diverses solutions possibles et de les mettre en œuvre.

Je suis encouragée par les nombreux gestes de soutien déployés par les étudiants, le corps professoral et le personnel, de même que par le rassemblement pacifique de lundi dernier, où de fermes opinions se sont librement fait entendre. De cela, on peut retirer qu’en dépit de points de vue divergents, nous avons tous très à cœur la situation actuelle et future de l’Université. 

Une incroyable force anime l’institution et les gens qui en font partie. Bien qu’il ne soit pas nécessaire que McGill soit transformée de fond en comble, nous devons regarder de près la manière dont nous interagissons à titre de communauté, et trouver les moyens de nouer des liens afin de rendre l’Université plus ouverte, plus inclusive et plus forte.

Comme vous le savez, le professeur Daniel Jutras, doyen de la Faculté de droit, a entrepris une enquête indépendante sur les événements du 10 novembre. D’ici le 15 décembre, le doyen me soumettra ses recommandations, que je rendrai publiques. Ce rapport sera l’occasion de débattre de ces questions, et il sera inscrit à l’ordre du jour des réunions du Sénat et du Conseil des gouverneurs.

Depuis environ une semaine, et jusqu’au 15 décembre et en début d’année, je rencontre les membres de la communauté, principalement en groupes, afin de recueillir leurs témoignages et leurs recommandations quant à la façon d’améliorer nos relations. Des rencontres avec les associations étudiantes de l’ensemble des facultés, l’Association étudiante de McGill, l’Association d’étudiants aux cycles supérieurs, l’Association étudiante du campus Macdonald, les doyens et les directeurs, le corps professoral de départements et facultés, l’Association des professeurs et bibliothécaires et les employés de catégorie « M » lors du Forum de gestion, permettra à tous de faire valoir leur opinion, de trouver des moyens d’améliorer le dialogue et de favoriser un environnement au sein duquel sont renforcées les valeurs de l’Université : encourager la liberté d’expression, le débat ouvert et la dissidence et célébrer, avant tout, la liberté académique. Ensemble, nous réussirons à trouver de meilleurs moyens d’englober les différences au sein de notre communauté. Le 29 novembre à midi, je répondrai aux questions de la grande communauté mcgilloise et en recevrai les commentaires à l’occasion d’une webémission en direct (détails à venir). Bien que j’aie décrit les gestes que je compte poser à titre de principale, je souhaite préciser qu’en aucun moment n’ai-je travaillé en vase-clos et que je n’exercerai pas mon rôle de cette façon. Aux quatre coins de l’Université, des membres s’attachent à mener à bien la conclusion de notre entente collective, à rehausser les communications et à renforcer le sentiment de sécurité et de bien-être des McGillois sur les campus.

S’il est vrai que l’automne a été alourdi par les événements du 10 novembre, l’adversité peut néanmoins apporter un renouveau prometteur. Le vendredi 18 novembre, j’ai rencontré monsieur Marc Parent, chef du Service de police de la Ville de Montréal, et lui ai fait part de la consternation qu’a manifestée la communauté à la suite du déploiement de la brigade antiémeute, le 10 novembre dernier. Comme nous comptons sur la collaboration des forces policières pour préserver un environnement sécuritaire, nous avons convenu d’œuvrer à l’amélioration des procédures, lors de rares cas où une réaction à des événements sur le campus et à proximité pourrait se révéler nécessaire.

Depuis près de 200 ans, McGill mène ses activités dans le respect de ses valeurs intrinsèques que sont la liberté académique et d’expression, l’ouverture, la tolérance, le travail constant, l’intégrité, la collégialité, la démocratie, la justice et l’équité. J’ai accepté le rôle de principale de l’Université McGill parce que ces valeurs me tiennent à cœur et que je suis attachée à les respecter. Comme tant de McGillois, je crois fermement à l’importance d’un environnement ouvert, tolérant, respectueux, sécuritaire et favorable à la tenue de discussions et de débats, où est permise l’expression pacifique de désaccords. 

Ces valeurs continueront de guider mon travail – ainsi que celui de la direction de l’Université – de même que nos démarches et nos échanges au cours des semaines et des mois à venir. Je sais que je peux compter sur votre soutien continu, vos suggestions ainsi que votre confiance en notre communauté, alors qu’ensemble, nous regardons vers l’avenir.

 

Professeure Heather Munroe-Blum