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Deux minutes sur l’accessibilité et la persévérance

La professeure Heather Munroe-Blum
Allocution prononcée au Sommet sur l'enseignement supérieur (le 25 février, 2013)

Dans cette salle, nous partageons tous le désir d’ouvrir la porte des universités au plus grand nombre possible. 

Comment y arriver ? Par quel moyen ?   

La gratuité ou le gel des frais de scolarité ? En abaissant les standards d’admissibilité ? Ou en valorisant mieux l’éducation, de la petite enfance à l’université ? 

Soyons francs : l'expérience québécoise des frais de scolarité bas n'a pas fonctionné. 

  • Le taux de diplomation du québec est inférieur à la moyenne canadienne et sous la moyenne des pays de l'ocde.
  • Les familles dont le revenu est inférieur à $ 25,000  ont un taux d'accès à l'université de 18% au québec contre 39% en ontario.

Les véritables obstacles à l'accessibilité sont les antécédents familiaux, l’environnement social et culturel, les attentes des parents, les résultats au primaire et au secondaire et de convaincre les étudiants à faible revenu qu'ils peuvent réussir à l'université.

Les études démontrent qu'une politique d'accès efficace doit reposer sur quatre piliers:

  1. Une meilleure sensibilisation et plus d’encadrement  des élèves aux niveaux primaire et secondaire;
  2. Des programmes d'aide financière plus généreux pour accéder à l’université;
  3. De meilleurs programmes de soutien pour les étudiants, une fois qu'ils se sont inscrits à l’université.
  4. Et la plus importante, l’intensité des études universitaires, c’est-à-dire un environnement où l’étudiant est engagé à plein temps dans ces études. 

Une université n’est pas une usine. L’étudiant qui y entre ne va pas nécessairement en sortir avec un diplôme.

Nous devons donc travailler sur la persévérance et sur le taux de diplomation, pas seulement sur l’accès.   Que vaut l’accès, sans diplôme ? 

Nous partageons la préoccupation du gouvernement sur le taux de diplomation de première génération, et à faible revenu. Nous sommes prêts à y travailler. 

Il y a toutefois un principe auquel nous tenons : l’argent doit suivre l’étudiant, pas l’institution. C’est très important. 

Ce qu’il faut, c’est de meilleur programmes de soutien et des ressources supplémentaires aux universités pour assurer un meilleur support aux étudiants qui en ont besoin, qu’ils soient de première génération ou non, peu importe d’où ils viennent et l’endroit où ils étudient. 

Un mot aussi sur la question des étudiants hors-québec qui est très importante. 

Ils sont un grand atout pour le quebec

Nous croyons qu’il est temps de revoir notre système à cet égard. 

Le système de financement forfaitaire est désavantageux pour les universités qui accueillent ou qui souhaitent accueillir beaucoup d’étudiants de l’extérieur du québec.

Nous croyons que les frais de scolarité payés par les étudiants de l’extérieur du québec doivent rester avec eux dans les universités qui les accueillent pour les soutenir.  

Eux aussi ils ont des besoins, et leurs frais de scolarité devraient permettre de répondre à ces besoins.  

Au Québec, on s’entend tous sur le principe que chaque étudiant qui a le goût et la capacité d’aller à l'université ne doit pas être empêcher de le faire pour des raisons financières.  

Malgré les frais de scolarité les plus bas au canada, nous n’atteignons pas cet objectif. 

Mais il ne faut pas se tromper de cible. Le niveau des frais de scolarité n’est pas la bonne cible quand on parle d’accessibilité ou de qualité, et certainement pas les deux ! 

Chacun doit faire sa part et il faudra mettre les efforts à la bonne place.