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Le pouvoir transformateur d’un don : McGill et le Québec, 190 ans d’histoire

Allocution prononcée par la professeure Heather Munroe-Blum
Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain
le 25 novembre 2011

Seule la version lue fait foi.

 


Merci beaucoup, Michel, pour cette présentation. J'aimerais vous remercier d'être des nôtres aujourd'hui et souligner la présence du ministre Clément Gignac, de la ministre Marguerite Blais et du sénateur Larry Smith, de membres de l'Assemblée nationale, de la Chambre des communes et de la Ville de Montréal, ainsi que de quelques-uns de mes collègues recteurs et professeurs. Je suis honorée de m'adresser de nouveau aux membres d'une organisation qui renforce le leadership de Montréal sur le plan des affaires et de l'économie.

Si 2011 marque le 190e anniversaire de la fondation de l'Université McGill; 2012 marquera le 190e anniversaire de la Chambre. Bravo à McGill! Bravo à la Chambre!

Aux quatre coins du monde, on se souviendra longtemps de cette année de tourmente. Marquée par des crises majeures qui ont ébranlé l'économie mondiale, l'année aura été lancée par le printemps arabe. Ici, malgré la vigilance des organismes de réglementation, les difficultés économiques se font sentir dans tous les milieux, notamment le milieu universitaire. Cet automne, McGill aura également connu des hauts et des bas, avec une grève difficile et d'importantes manifestations étudiantes. Ces événements peuvent aussi être envisagés comme des occasions d'apprendre et de croître, car ce sont des moments de transformations qui présentent autant de dangers que de possibilités.

En de telles circonstances, il est bon de regarder derrière soi pour constater le chemin parcouru. Il y a 50 ans à peine, le Québec n'avait pas de système d'enseignement supérieur organisé. Mais grâce au leadership et à la vision déployés durant les années 1960, l'enseignement supérieur a connu un formidable essor. Aujourd'hui, le Québec a un système universitaire exceptionnel, et une institution - McGill - qui perce, année après année, le top 20 mondial au classement universitaire QS. Nous pouvons tous être fiers qu'une université publique de chez nous prenne place aux côtés de Princeton, Oxford et Cambridge.

Aujourd'hui, j'aimerais retracer la transformation de McGill, née d'une petite classe de médecine et devenue une grande institution dont les activités changent la vie des Québécois et des autres Canadiens.

Au 18e siècle, à l'époque des Lumières écossaises, James McGill entreprit des études à l'Université de Glasgow qui l'ont convaincu du rôle clé de l'éducation dans l'amélioration de soi et du monde.

D'origine modeste, James McGill a quitté l'Écosse pour refaire sa vie à Montréal - alors une petite ville située sur un continent où tout était à bâtir. Peu à peu, il fit fortune dans la traite des fourrures, notamment grâce à sa connaissance du français et de langues autochtones. Alors qu'il commençait à connaître la prospérité, il voulut faire une différence pour sa ville d'adoption. Membre élu de la toute première Assemblée législative du Bas-Canada et officier de la milice qui défendit Montréal lors de la Guerre de 1812, James McGill a également été l'instigateur de projets communautaires, dont la mise sur pied de la brigade de pompiers volontaires de Montréal.

Désireux de partager le cadeau de l'éducation dont il avait bénéficié, James McGill posa son regard sur son domaine situé sur la pente du mont Royal. Il vit alors un lieu où les gens pourraient élargir leurs connaissances et les mettre à profit pour améliorer le monde. Il fit don d'une somme de 10 000 livres et de son domaine. L'Université McGill était née.

À mes yeux, l'un des passages les plus inspirants de l'histoire de McGill porte sur les toutes premières diplômées, appelées les « 8 de 1888 ». Ces femmes étaient des pionnières sur le plan académique et social. À Montréal, à la fin du 19e siècle, la situation des femmes était extrêmement difficile. Alors qu'un homme gagnait 1,10 $ pour dix heures de travail ardu dans une usine de production de bière, une femme ne récoltait que la moitié de son salaire, et rentrait ensuite à la maison où l'attendaient de lourdes tâches ménagères. Ces huit femmes instaurèrent des changements. Elles louèrent une maison, embauchèrent un chef et offrirent aux ouvrières montréalaises des repas chauds abordables. À compter de 1894, plus de 25 000 repas étaient servis chaque année.

Faisons un bond d'un siècle, et cet esprit retentit tout aussi fortement. Certains d'entre vous ont peut-être connu Jim Lund, doyen de notre faculté de médecine dentaire de 1995 à 2008. La renommée mondiale en recherche dont jouit la Faculté au rang des écoles de médecine dentaire lui est en grande partie attribuable. Jim Lund croyait fermement que tous les membres de la société - les sans-abri, les personnes âgées, les travailleurs à faible revenu - avaient droit à des soins dentaires de qualité, même s'ils n'étaient pas en mesure d'en assumer les coûts.

C'est grâce à Jim - et aux nombreux étudiants et professeurs qui ont pris la relève - si les étudiants en médecine dentaire offrent aujourd'hui, dans les centres communautaires et le sous-sol d'églises, des soins à des personnes défavorisées. Récemment, de concert avec la Mission Bon Accueil dans le quartier Saint-Henri, la Faculté a ouvert la Clinique Jim-Lund, une clinique permanente qui permet d'étendre les services offerts dans les unités mobiles. En dix mois seulement, la Clinique Jim-Lund a prodigué des soins à près de 700 Montréalais.

Depuis 190 ans, McGill et sa communauté exercent une influence extraordinaire sur le Québec, le Canada et le monde.

  • En 1866, Wilfrid Laurier, premier francophone à la tête du pays, obtenait un diplôme en droit de l'Université McGill.
  • Le professeur de physique Ernest Rutherford amorça l'ère nucléaire en démontrant la désintégration spontanée de l'atome. Son prix Nobel - le premier décerné pour des travaux menés au sein d'une université canadienne - est l'un des neuf remis à ce jour à des professeurs et diplômés mcgillois, dont trois au cours des trois dernières années.
  • La première professeure au Canada, Carrie Derrick, est diplômée de la promotion de 1890 d'études de botanique.
  • Dans le cadre du Réseau universitaire intégré en santé, McGill fournit des soins spécialisés à plus de 60 pour cent de la superficie du Québec, incluant le territoire du Plan Nord.
  • John Humphrey est l'auteur de la première ébauche de la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies, et le très regretté professeur Paul-André Crépeau est l'instigateur de la réforme du Code civil du Québec et de la Charte canadienne des droits et libertés.
  • Les professeurs mcgillois Bernard Belleau et Mark Wainberg, en collaboration avec Francesco Bellini, diplômé de l'Université, ont développé le 3TC, le traitement qui a fait passer le pronostic du sida de mort certaine à maladie traitable.
  • C'est à l'Institut neurologique de Montréal que le docteur Wilder Penfield a mis au point des procédures révolutionnaires en matière de chirurgie du cerveau. Empruntant la voie tracée par ce précurseur, la professeure Brenda Milner a découvert que le cerveau possède de multiples systèmes régissant la mémoire.
  • Alors qu'ils étudiaient à McGill, Thomas Chang a mis au point la cellule sanguine artificielle, Alan Emtage, Peter J. Deutsch et Bill Heelan ont créé le premier moteur de recherche Internet, et William Chalmers a découvert le principal composant du plexiglas.
  • Et cela est sans compter les diplômés mcgillois William Shatner, Leonard Cohen, Matt Haimovitz et WinButler du groupe Arcade Fire, qui ont laissé une marque indélébile sur la scène artistique mondiale.

Je pourrais sans peine occuper les prochaines heures à énumérer les contributions quotidiennes de McGillois, mais vous avez sûrement faim, alors j'irai droit au but. Qu'ont en commun ces réalisations? Elles succèdent toutes au don de James McGill.

Un don. D'une portée colossale.

Ce qui nous amène à l'engagement communautaire et à la philanthropie. Un thème d'actualité pour le temps des fêtes.

Le Québec offre une qualité de vie extraordinaire. Animés d'un fort sentiment d'appartenance à la communauté, nous, les Québécois, sommes à juste titre très fiers de l'endroit où nous vivons.

Cette année, avec monsieur Pierre Beaudoin, je suis honorée d'assurer la coprésidence de la Campagne Centraide du Grand Montréal, car je sais l'impact extrêmement positif qu'a cet organisme sur la collectivité, spécialement à l'approche de Noël.

Connaissez-vous la populaire émission de télévision Donnez au suivant? Cette émission célèbre la réaction en chaîne déclenchée par l'entraide. On y voit à quel point la générosité fait partie de ce que nous sommes. Pourtant, cet esprit communautaire ne se traduit pas en dons à un niveau comparable à ce qu'on voit ailleurs en Amérique du Nord.

Selon la plus récente Enquête canadienne sur le don, le bénévolat et la participation menée par le gouvernement fédéral, nous sommes en retard par rapport au reste du pays en ce qui a trait au bénévolat et à la philanthropie. Chaque année, nous donnons en moyenne 219 dollars alors qu'ailleurs au pays, la moyenne annuelle s'élève à 437 dollars. Seulement 37 pour cent d'entre nous donnent de son temps bénévolement; le plus bas pourcentage au pays. En matière de soutien à la société, nous nous tournons largement vers l'État. Cela doit changer.

Compter exclusivement sur le gouvernement est un réflexe que les universités ont également eu. Cela aussi doit changer.

Jusqu'à récemment, la solide tradition philanthropique dont McGill bénéficie grandement était unique au Québec. Cela dit, à la lumière de sa place aux classements internationaux, nombreux sont ceux qui croient, à tort, que si McGill parvient à se mesurer aux riches institutions telles que Harvard, c'est qu'elle dispose des mêmes ressources. Il n'en est rien.

Malgré les dons qu'elle accueille avec gratitude, les fonds d'exploitation dont dispose McGill font piètre figure en regard des universités hors Québec auxquelles elle se mesure. Par son budget d'exploitation, McGill occupe le 9e rang parmi les 13 principales universités de recherche au Canada. En Amérique du Nord, l'Université du Michigan, la seule institution publique qui se classe avec McGill en tête du palmarès QS, dispose d'un fonds d'exploitation moyen de 28 000 dollars par étudiant, comparativement à 16 000 dollars pour McGill. Son fonds de dotation global de six milliards est plus de sept fois supérieur à celui de McGill. Le fonds de dotation de Princeton? Treize milliards. Yale? Seize milliards. Et Harvard? Vingt-six milliards. L'Université de Toronto vient de lancer une campagne de financement de deux milliards de dollars et l'Université de Colombie-Britannique a pour sa part entamé une campagne de 1,5 milliard. Voilà pour la compétition.

En plus, McGill doit composer avec une infrastructure dont l'état par habitant est le pire des universités de recherche majeures au Québec et au Canada. Pourquoi? Parce que l'Université a 190 ans et que plus de la moitié de ses édifices ont été construits avant la Deuxième Guerre mondiale.

Bien que les gouvernements du Québec et du Canada aient accru leur soutien à l'enseignement supérieur et à la recherche, la conjoncture économique fait en sorte qu'ils soient très loin de pouvoir pallier l'écart de financement. Et même en tablant sur la récente hausse des droits de scolarité, les universités québécoises devront attendre cinq ans avant d'atteindre les deux tiers de la moyenne canadienne des droits... de l'an dernier. De plus, une portion importante de cette hausse va directement à l'aide étudiante, dans le but d'accroître l'accès aux études universitaires. Depuis plusieurs années, McGill affecte 30 cents par dollar issu de la hausse nette des droits de scolarité à l'aide financière - en plus du programme de prêts et bourses du Québec.

Alors que les emplois dans l'industrie manufacturière sont transférés à l'extérieur de l'Amérique du Nord à un rythme effréné, le principe selon lequel la solidité de l'économie repose sur le système d'éducation et sur les gens qui le soutiennent est plus vrai que jamais. Ces gens sont les étudiants et leur famille, les employeurs à la recherche d'une main-d'œuvre talentueuse pour assurer la prospérité de leur entreprise et les chefs de file communautaires qui font preuve de vision et de générosité. Allié à une aide gouvernementale stable et efficace, leur soutien est essentiel à l'essor des universités.

À l'heure actuelle, investir dans l'enseignement supérieur, contrairement à une foule d'autres secteurs, fournit à coup sûr un rendement élevé et prévisible. Investir dans l'éducation, c'est bien sûr investir dans l'avenir économique, mais c'est aussi investir dans une société civile en santé. Comme les pages économiques des quotidiens ne traitent pas cet aspect, je me permets ici de développer.

Une société civile en santé est une société dans laquelle nous voulons vivre. C'est un endroit où on souhaite voir grandir ses enfants et ses petits-enfants. Une société civile en santé accorde une très haute valeur à l'ensemble de ses citoyens et à l'importance de leur offrir une formation adéquate. Une société civile en santé considère l'éducation comme essentielle, compte d'excellentes écoles, un solide système universitaire et quelques universités remarquables.

Revenons maintenant aux chiffres. Au Québec, les universités sont d'importants moteurs économiques. Sur votre siège, nous avons déposé une étude menée en 2010 par le Groupe SECOR, qui indique que la formation de travailleurs hautement qualifiés offerte par McGill augmente la productivité québécoise de près d'un milliard de dollars chaque année. Elle souligne aussi que les activités de McGill en création et transmission du savoir accroissent la productivité du Québec de 3,2 milliards de dollars additionnels. Et ce n'est pas tout! McGill, ses étudiants étrangers et ses visiteurs génèrent un milliard de dollars par le biais de dépenses directes. Bref, selon cette étude, chaque année, l'apport global de McGill à l'économie québécoise s'élève à près de 5,2 milliards de dollars.

5,2 milliards. Et on parle ici de l'impact d'une seule université sur les 18 que possède le Québec.

Au pays, les universités sont responsables de près de 40 pour cent de l'ensemble des activités de recherche et développement. De 2008 à 2010, soit durant la dernière tempête économique, le Canada a créé près de 300 000 nouveaux emplois nets à l'intention de diplômés universitaires. En revanche, plus de 400 000 emplois occupés par des gens qui ne possèdent pas de diplôme universitaire ont disparu. Au cours de sa vie professionnelle, un diplôme universitaire permet à un travailleur de gagner en moyenne 1,3 million de dollars de plus qu'un travailleur qui n'en possède pas. Par ailleurs, la collaboration de McGill avec l'ÉTS dans le développement du Quartier de l'innovation vise à multiplier les effets économiques de ses activités d'enseignement et de recherche. De plus, les enquêtes démontrent que les diplômés universitaires sont généralement plus engagés au sein de leur communauté, qu'ils jouissent d'une meilleure santé physique et qu'ils reposent moins sur le soutien de services sociaux. Et, ce qui est d'une importance cruciale : ils paient davantage d'impôts pour soutenir le système de soins de santé, les services sociaux, l'éducation et la qualité de vie exceptionnelle qui fait le bonheur et la fierté des Québécois.1

En l'absence d'un système universitaire solidement financé, il sera impossible de préserver les valeurs sociales qui nous tiennent tant à cœur. La prospérité nous sera inaccessible. Nous serons devancés par ceux auxquels nous nous mesurons, et nous nous appauvrirons collectivement. C'est aussi simple que ça.

Je vous invite à réfléchir à ceci : il y a un siècle, en 1911, le Canada ne comptait que 18 universités et 13 000 étudiants. Cette année, les 95 universités et cégeps du Canada accueillent plus d'un million d'étudiants. Toutefois, les pays dits émergents font des gains fulgurants en éducation. En l'espace d'une seule année, un million d'étudiants a intégré les universités chinoises. Ainsi, en douze mois, la Chine aura réalisé ce que le Canada a pris un siècle à accomplir. Pour sa part, l'Inde estime créer 1 300 universités sur dix ans pour répondre à la demande.2

Désormais, notre concurrence se trouve au Brésil, en Inde, en Chine et dans les autres pays émergents. L'époque où seuls les coûts de main-d'œuvre et de fabrication étaient pris en compte est bel et bien révolue. Le savoir et l'innovation surpassent maintenant tout autre critère. Et si vous avez suivi les Jeux olympiques de 2008 à Beijing, vous avez compris que la Chine saura déployer l'énergie nécessaire à l'éducation de ses citoyens.

L'argument selon lequel l'État est le seul responsable du système universitaire ne tient plus la route. Pour assurer la prospérité du Québec au sein de l'économie du savoir, chacune de ses universités doit avoir un fonds de dotation ou faire fructifier davantage celui qu'elle possède. En Ontario, les programmes de subventions paritaires sont à l'origine de la création de dotations dans chaque université située en région ou dépourvue d'une tradition de philanthropie. Chaque université ontarienne dispose maintenant d'un fonds de dotation. Dans son dernier budget, le gouvernement du Québec a aussi mis en place un programme similaire pour accroître le jumelage de dons consentis aux universités. Il s'agit là d'une initiative exceptionnelle et d'une occasion qu'il nous faut saisir.

Certains d'entre vous ont déjà pris fait et cause pour les universités et la philanthropie, je vous remercie de votre générosité et de l'engagement que vous déployez au sein de votre communauté. Par ailleurs, j'aimerais vous rassurer : je ne compte pas vous demander de verser de l'argent à McGill directement - du moins pas avant que le repas ne soit servi.

En retour, je vous demanderai de vous faire l'ambassadeur de l'importance de donner; non seulement de l'argent, mais aussi de votre temps et de votre passion pour une cause qui vous tient à cœur. Comme l'a justement souligné Pierre Lassonde dans un récent discours : « La philanthropie ne se mesure pas au nombre de zéros que vous pouvez inscrire sur un chèque; elle se mesure plutôt à un engagement de soi, proportionnel aux disponibilités financières de chacun. Nous pouvons tous faire une différence ».

Préserver la qualité de vie qui nous est chère exige que la philanthropie occupe une plus grande place dans notre culture et qu'elle s'incarne dans les valeurs de tous les citoyens, inspirés par l'exemple au sein de la famille. Plus particulièrement, je vous encourage vivement à vous faire les champions du financement de l'enseignement supérieur dans chaque région du Québec, et à vous engager à défendre un système où chaque université offre des programmes réputés et où nos institutions parviennent à se tailler une place auprès des meilleures au monde.

Je vous demande de suivre la voie ouverte par James McGill.

Saisissons cette occasion pour renforcer une culture québécoise fondée sur la philanthropie, le bénévolat et l'engagement communautaire au Québec; une culture qui sera le pilier de l'enseignement supérieur. Le progrès et l'avenir du Québec en dépendent.

Merci.

 


Footnotes

1Statistique de l’Association des universités et des collèges du Canada (AUCC).

2Données issues de l’allocution prononcée par le président de l’AUCC, monsieur Stephen Toope, à l’occasion de la réunion du centenaire de l’Association. http://www.aucc.ca/fr/media-room/news-and-commentary/allocution-de-stephen-toope-reunion-du-centenaire-de-laucc

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