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Commission parlementaire de la culture et de l’éducation

Allocution prononcée par la principale Heather Munroe-Blum
Devant la Commission parlementaire de la culture et de l’éducation
Le 7 septembre 2010

(La version prononcée fait foi)

Mesdames et messieurs membres de l’Assemblée Nationale, bonjour. Nous vous remercions de cette occasion qui nous est donnée ce matin de vous parler de l’Université McGill, de nos accomplissements et de nos défis.

Permettez-moi de vous présenter les personnes qui m’accompagnent :

  • Maître Stuart Cobbett, président de notre Conseil des gouverneurs
  • Le professeur Anthony Masi, vice-principal exécutif
  • Et monsieur Pierre Moreau, directeur exécutif du Service de la planification et de l’analyse institutionnelle

Il y a 50 ans, le début de la Révolution tranquille marquait le déclenchement d’une formidable modernisation du réseau universitaire québécois. Ce système, s’il est aujourd’hui riche par sa diversité et sa qualité, il est également sérieusement menacé.

On ne peut nier la place importante qu’ont accordée nos gouvernements à l’éducation :

  • En octobre 1996, madame Pauline Marois, alors ministre de l’Éducation, indiquait : « plus que jamais, les universités seront au centre de nos efforts collectifs pour bâtir au Québec une économie basée sur le savoir. »
  • Plus récemment, le Premier ministre, monsieur Jean Charest, exprimait le vœu que le Québec devienne une destination privilégiée pour tous les étudiants du monde.
  • Et le ministre des Finances, monsieur Raymond Bachand, affirmait pour sa part, en avril dernier : «Nos universités doivent pouvoir rivaliser avec les meilleures au monde. C’est ce que nous leur demanderons.»

Ces ambitions, nous les partageons et elles sont à notre portée. Nous croyons fermement que le Québec mérite plusieurs universités qui brillent parmi les meilleures au monde tout en remplissant une mission propre à chacune. Pour atteindre ces objectifs, nous devons nous engager concrètement – et maintenant – à faire de l’éducation LA priorité du Québec. C’est la croissance du Québec qui en dépend.

Vous aurez eu l’occasion d’en apprendre un peu plus sur notre établissement en parcourant le mémoire que nous avons déposé. Ce document présente de façon exhaustive nos accomplissements des trois dernières années. Ce matin, nous vous en présenterons certains éléments tout en vous parlant également des défis majeurs qui se dressent devant nous.

Notre présentation sera axée sur trois thèmes :

  • D’abord, nous vous parlerons de l’importante contribution de l’Université McGill au développement économique, social et culturel du Québec – un apport souvent sous-estimé.
  • Ensuite, nous tenons à vous souligner à quel point nos succès – si durement gagnés – sont fragiles.
  • Enfin, nous aborderons la nécessité de moderniser les liens qui unissent les universités à la population québécoise et ses élus.

McGill occupe une place unique au Québec, comme c’est le cas de chacun des établissements de notre réseau universitaire. Je suis très fière de ce système, qui a permis à chaque établissement de développer une mission qui lui est propre et qui lui permet de servir le Québec de façon distincte.

Quelle est, justement, la contribution distincte de McGill?

D’abord, nous nous distinguons par le calibre et la diversité de notre effectif étudiant :

  • Nos étudiants affichent les plus hautes moyennes d’entrée parmi toutes les universités canadiennes.
  • Un quart de nos étudiants sont aussi les premiers de leur famille à suivre une formation universitaire.
  • Une très forte proportion de nos étudiants sont inscrits à temps plein… Une concentration qui contribue sans doute au taux de diplomation que nous affichons : le plus élevé au Québec.
  • Nos étudiants viennent de plus de 150 pays. Dix-neuf pour cent d’entre eux viennent de l’étranger, la proportion la plus élevée de toutes les universités canadiennes à forte intensité de recherche.
  • Une partie de notre mission distincte est la vocation internationale de McGill, qui en fait une fenêtre sur le monde et qui offre un potentiel incroyable de réseautage pour le Québec.

Malgré que nous soyons officiellement une université anglophone, McGill n’en demeure pas moins le choix de 6 200 francophones.

  • C’est le cas, par exemple, de Louis Charles Moreau (aucun lien de parenté avec mon collègue Pierre), étudiant en deuxième année de médecine, originaire de la ville de Québec, qui ne parlait pas anglais à son arrivée à McGill. Il est aujourd’hui président de l’Association des étudiants en médecine de McGill.
  • L’intégration des étudiants francophones est favorisée par la possibilité que nous leur offrons depuis plus de 35 ans de rédiger examens et travaux en français.
  • D’ailleurs, il y a sans doute actuellement chez nous des étudiants originaires de chacun de vos comtés.

Des sciences agricoles à la littérature française, en passant par les neurosciences, McGill réussit à recruter certains des meilleurs chercheurs au monde.

Plusieurs d’entre eux sont des Québécois qui sont allés étudier à l’étranger, qui dominent leur discipline et que nous avons pu rapatrier.

Mentionnons, par exemple, notre professeure de physique Brigitte Vachon, d’une famille bien connue de la Beauce et titulaire d’une chaire de recherche du Canada. Elle participe au projet de recherche subatomique du Grand collisionneur de hadrons à l’un des laboratoires les plus prestigieux au monde.

McGill est renommée pour la qualité de la recherche que l’on y pratique. Recherche fondamentale, mais aussi recherche appliquée, en étroite collaboration avec des fleurons de l’industrie québécoise ou avec d’autres établissements universitaires.

  • Le nouveau projet du «Quartier de l’innovation», que l’École de technologie supérieure et McGill développent avec d’autres partenaires, en est un bel exemple. Ce carrefour de l’innovation sera un moteur puissant à l’intégration de la science et des technologies dans l’industrie québécoise et au positionnement stratégique du Québec dans l’économie mondiale du savoir.
  • La formation d’infirmières de première ligne, en collaboration avec l’Université du Québec en Outaouais, en est un autre exemple.
  • Les chercheurs de McGill participent aussi à une bonne partie des regroupements interuniversitaires soutenus par les organismes subventionnaires québécois.

Nous ne sommes pas seulement installés physiquement au Québec, nous sommes d’ici et au service des gens d’ici. Et cet enracinement se traduit par un engagement social et communautaire qui comprend des dizaines d’initiatives importantes.

  • Nos étudiants en droit, par exemple, rendent visite aux jeunes de milieux défavorisés, afin de les encourager à poursuivre leurs études, comme à l’école secondaire Pierre-Dupuy dans le quartier Centre-Sud de Montréal.
  • Nos étudiants en médecine dentaire opèrent la seule clinique dentaire entièrement mobile au Canada. Une clinique qui permet d’offrir des soins à des Montréalais à faible revenu et souvent sans-abri.
  • Avec le projet Making Waves, lauréat d’un prix Forces Avenir, nos étudiants offrent des cours de natation à des enfants handicapés.

C’est sans oublier la contribution essentielle du Réseau universitaire de santé McGill, un réseau qui dessert 63 % du territoire québécois et rejoint 1,7 million de personnes.

La mobilité naturelle de nos diplômés en médecine éclipse trop souvent le fait qu’environ 90 % des places à notre Faculté de médecine sont réservées à des étudiants québécois.

Il est vrai que certains nous quittent pour aller faire leur résidence ailleurs. Mais soulignons que l’an dernier, par exemple, McGill a attiré davantage de résidents que le nombre de diplômés qui nous ont quittés.

Par ailleurs, notre Faculté de médecine a développé de nombreuses initiatives pour s’attaquer plus spécifiquement à la pénurie de médecins de famille. Depuis 2002, le nombre de résidents de McGill qui choisissent la médecine familiale a plus que doublé.

Ce qui nous amène à notre deuxième thème : la fragilité de nos succès si durement gagnés. Nous devons être fiers des succès des universités québécoises car elles les obtiennent avec des moyens largement insuffisants. McGill, par exemple, se classe au 18e rang du classement international des universités réalisé par le prestigieux Times-Higher Education-QS. Or, les universités avec lesquelles nous nous comparons bénéficient de ressources beaucoup plus élevées.

Comme vous le savez peut-être, l’écart de financement entre les universités québécoises et celles du reste du Canada, par exemple, est évalué à plus de 500 millions de dollars par année. Si le gouvernement du Québec veut que nos universités puissent continuer de rivaliser avec les meilleures universités au Canada et au monde, il doit nous en donner les outils.

Le sous-financement des universités, à McGill, a un impact majeur sur notre capacité à remplir notre mission, plus spécifiquement sur:

  • La qualité de l’enseignement et de la recherche que nous sommes en mesure de réaliser,
  • La qualité de nos infrastructures,
  • Ainsi que le soutien financier et les services offerts aux étudiants

Parlons d’abord de l’enseignement et de la recherche à McGill : Nous avons recruté, depuis l’an 2000, plus de 930 professeurs, dont 60 % à l’extérieur du Canada. Cet important effort de recrutement nous a seulement permis de rétablir le ratio étudiants-professeur du début des années 1990, ratio qui demeure trop élevé.

Si nous arrivons à attirer certains des meilleurs professeurs et chercheurs à l’échelle internationale, nous risquons de les perdre… Et nous avons commencé à en perdre. Incapable d’offrir certaines des conditions offertes par les universités canadiennes concurrentes, McGill a perdu – en deux ans seulement – 31 professeurs, des gens en qui -- tant le gouvernement que nous à McGill – avons investi ensemble. Nous avons, par exemple, perdu à l’Université de Toronto une sommité en génomique, Tom Hudson, originaire du Saguenay – et qui dispose désormais de millions de dollars accordés par le gouvernement ontarien – et voilà que nous perdons deux sommités en finance à ce même établissement.

Le niveau d’investissement en recherche est un élément clé de nos efforts de recrutement et de rétention. McGill a notamment créé 10 nouvelles chaires de recherche depuis 2006 et augmenté les fonds alloués aux études doctorales de 22 % entre 2005 et 2008.

Mais… alors que nous avons investi davantage en recherche, le gouvernement du Québec, pour sa part, a fait le contraire au cours des 10 dernières années. Entre 2003 et 2008 seulement, le Québec a réduit son financement des activités de recherche et de développement en milieu universitaire de 32 %. Pendant ce temps, l’Ontario augmentait son financement de 17 %, l’Alberta, de 35 % et, la Colombie-Britannique, de 55 %.

Le sous-financement par le Québec prive aussi nos universités d’une partie des sommes mises à la disposition des provinces par le gouvernement fédéral pour les fins de la recherche. Autrefois champion de la recherche et du développement au Canada, le Québec tire maintenant de l’arrière. Nous avons bon espoir que la nouvelle Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation nous permettra de récupérer une partie du terrain perdu, mais il nous faut agir rapidement.

Parlons maintenant de nos infrastructures. Il nous faut évidemment des installations à la hauteur de nos ambitions. Le déficit d’entretien accumulé de McGill atteignait en 2007 622 millions de dollars et n’a cessé de croître. McGill a réalisé, au cours des dernières années, de nombreux projets de réfection, et, de mise à niveau de ses laboratoires, salles de classe et bibliothèques – et – j’insiste – sans aucun dépassement de coûts. En 2009, des projets totalisant 220 millions de dollars étaient en cours, entre autres, grâce au Programme d’infrastructure du savoir de Québec et d’Ottawa.

Il reste que le caractère historique de plusieurs de nos immeubles représente un défi unique. En matière d’infrastructure, on évalue à 380 millions de dollars additionnels le manque à gagner auquel McGill fera face d’ici 15 ans si les investissements du gouvernement sont maintenus au niveau actuel.

J’aimerais enfin vous parler de notre population étudiante, qui ressent de façon marquée l’impact de nos ressources financières insuffisantes. Ces dernières années, nous avons réussi à grandement bonifier les services et le soutien financier que nous offrons à nos étudiants. Nous avons entre autres :

  • consolidé les services aux étudiants et amélioré les services de conseil et de mentorat académique,
  • signé 33 nouveaux accords d’échanges avec d’autres universités, entre 2005 et 2009,
  • et créé 1140 nouvelles places en résidence.

L’aide financière que McGill est en mesure d’offrir à ses étudiants a presque doublé au cours des quatre dernières années. Et une bonne partie est consacrée à soutenir les étudiants moins nantis. Nous nous sommes engagés, il y a sept ans, à nous assurer que 30 % des revenus additionnels nets, tirés des droits de scolarité, soient alloués au soutien financier. Et il nous tient à cœur de maintenir cet engagement.

Il reste que, pour répondre aux besoins d’aide financière de tous nos étudiants qui y sont admissibles, il nous faudrait la somme additionnelle de 30 millions de dollars par année.

La composition unique de notre effectif étudiant entraîne des besoins accrus, comme notre forte concentration d’étudiants à temps plein, par exemple. Nous croyons fermement à l’importance de favoriser et de soutenir les études à temps plein si nous voulons davantage de diplômés universitaires au Québec. De plus en plus d’études démontrent que cette approche profite aux étudiants moins nantis en les encourageant à terminer leurs études. Mais il coûte beaucoup plus cher de soutenir financièrement un étudiant qui se consacre à temps plein à ses études.

En deuxième lieu, c’est à McGill que l’on retrouve la proportion la plus élevée d’étudiants au doctorat de toutes les universités canadiennes à forte intensité de recherche. Alors que nous avons décerné, entre 2006 et 2008, par exemple, 14,5 % des diplômes universitaires québécois, nous avons décerné 26 % des diplômes de doctorat. Toutefois, nous n’arrivons pas à combler l’écart entre le soutien financier que peut offrir McGill et celui qu’offrent les universités canadiennes comparables, un écart qui atteint 4 000 dollars par étudiant inscrit au doctorat.

Enfin, nos étudiants étrangers – ceux qui sont au cœur même de notre mission et ceux-là même que nos leaders rêvent d’attirer chez nous – sont parmi ceux qui sont le plus pénalisés par le modèle de financement de nos établissements universitaires. En 2008 à McGill, 44 % de nos étudiants venaient du reste du Canada ou de l’étranger. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les droits de scolarité plus élevés que paient ces étudiants ne profitent ni à eux, ni à McGill, mais plutôt à l’ensemble du système universitaire québécois.

En 2008, nous avons remis au ministère de l’Éducation, 63 millions de dollars perçus en droits de scolarité auprès des étudiants de l’extérieur du Québec. Ces étudiants – qui viennent enrichir la vie sociale et économique du Québec – ont des besoins importants et plus dispendieux. Ils seraient en droit de s’attendre à un soutien accru ou, du moins, à l’échelle de leur contribution. Or, nos moyens ne nous permettent pas de leur offrir ce soutien.

Malgré son apport incontestable au réseau universitaire québécois – et que nous venons de vous détailler –, McGill demeure l’une des deux seules universités québécoises à ne recevoir aucune subvention additionnelle liée à sa mission distincte.

Plusieurs voudront évoquer le fonds de dotation de McGill. Celui-ci génère pour McGill des revenus d’environ 35 millions de dollars, qui doivent être alloués selon les souhaits des donateurs, cette somme sert principalement à l’aide financière, aux services aux étudiants, à l’enseignement et à la recherche. Moins d’un million de dollars issus de ce fonds peuvent être alloués annuellement au fonctionnement général de l’université.

L’impact de la disparité entre nos ressources et celles de nos concurrents au Canada ou ailleurs dans le monde est clair. Et il ne peut que s’aggraver si rien n’est fait. Il devient urgent d’augmenter et de diversifier les sources de financement de notre réseau universitaire. Un réinvestissement est nécessaire, tant de la part du gouvernement que de celle des étudiants, de leurs familles, et, de la communauté.

La politique actuelle des droits de scolarité est inéquitable. Par leurs impôts, les familles à faible revenu financent la formation universitaire de jeunes issus de familles mieux nanties – car ceux-ci sont plus susceptibles de fréquenter l’université. D’ailleurs, malgré de faibles droits de scolarité, le Québec compte toujours l’un des plus faibles taux de fréquentation universitaire au Canada. Il est donc clair que l’accessibilité d’un plus grand nombre à une formation universitaire ne passe pas par le maintien de faibles droits de scolarité.

Tout nouveau modèle de financement universitaire doit absolument comprendre :

  • une politique intégrée comprenant :
    • une hausse substantielle et modulée des droits de scolarité nous permettant d’atteindre la moyenne canadienne,
    • jumelée à la réaffectation à l’aide financière d’une partie substantielle des revenus nets tirés de cette hausse;
  • et la bonification du programme gouvernemental de dons de contrepartie afin d’encourager davantage la philanthropie. Un programme, par exemple, comme celui qu’a créé l’Ontario et qui a généré d’heureux résultats pour ses universités, petites et grandes.

Mon souhait le plus cher est que d’ici la fin de mon mandat comme principale, nous puissions dire que tout étudiant accepté à McGill est en mesure de fréquenter notre établissement peu importe ses moyens financiers. Pour l’instant, nous sommes toujours incapables de l’affirmer.

La question du financement nous amène à aborder notre troisième thème : la nécessité de moderniser les liens qui unissent nos universités et le gouvernement et, évidemment, l’ensemble de la société québécoise. Nous partageons et soutenons la volonté du gouvernement d’assurer une utilisation efficace des fonds publics consentis aux universités.

La responsabilité financière et la transparence sont pour nous des valeurs importantes. McGill a d’ailleurs modernisé son modèle de gouvernance il y quelques années afin de refléter les meilleures pratiques en Amérique du Nord. Nous avons – entre autres – réduit le nombre de membres de notre Conseil des gouverneurs et créé des comités aux mandats précis.

Nous croyons cependant que le gouvernement fait fausse route en adoptant une approche centralisée et uniforme, basée sur des dispositions législatives qui s’appliquent à tous. Les mesures prévues par la loi 100 et le projet de loi 38 sur la gouvernance des universités ne tiennent pas compte de la diversité de nos universités et de leurs missions distinctes - un principe clé à la bonne gouvernance. Cette approche ne pourra que nuire à notre qualité, notre efficacité et notre performance.

Partout dans le monde, on observe plutôt une tendance inverse, vers des systèmes plus autonomes qui comprennent une reddition de comptes liée à la performance. Nous sommes d’accord avec le ministre des finances, Raymond Bachand, qui évoquait récemment l’idée de fixer des objectifs de performance et de productivité pour les universités.

Nous proposons d’aller plus loin en créant des ententes de partenariat et un régime de financement qui lierait les ressources financières à l’atteinte d’objectifs stratégiques prédéfinis.

En terminant, nous tenons à réitérer l’urgence – pour l’ensemble de notre société et pour nos décideurs – de redonner à l’éducation le rôle de premier plan et de priorité absolue qu’elle avait au moment de la révolution tranquille. Nous disions alors : « s’instruire, c’est s’enrichir ».

Le Québec a toujours pu compter sur ses ressources naturelles pour se développer. Aujourd’hui, nos ressources naturelles les plus prometteuses sont nos ressources humaines. Nous leur devons de leur offrir un système universitaire de haut calibre leur permettant de développer leur plein potentiel. Et nous leur devons de mettre tout en œuvre afin de leur favoriser l’accessibilité non pas seulement à une expérience universitaire mais à un diplôme universitaire et une formation de qualité.

Nous devons viser rien de moins que de faire du Québec la province qui compte au Canada:

  • le plus haut taux de fréquentation universitaire,
  • le plus haut taux de diplomation,
  • la plus importante concentration de détenteurs de diplômes de maîtrise et de doctorat,
  • et les activités de recherche ayant les retombées les plus importantes.

Sans un réinvestissement majeur dans l’éducation supérieure et la recherche universitaire, ces objectifs resteront hors de notre portée.

En conclusion, permettez-moi de vous remercier – au nom de mes collègues ici présents mais également au nom de l’ensemble de la communauté – de McGill de votre attention ce matin.

Nous estimons cet exercice important et sommes reconnaissants de l’opportunité qui nous a été donnée, de vous présenter quelques exemples du travail important qui s’effectue chaque jour à McGill et dans l’ensemble des universités québécoises.