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Augmentation de l’empreinte phosphore

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La consommation accrue de viande et l’augmentation de l’apport calorique compliquent les efforts visant à préserver cette ressource essentielle
Publié: 17 Jan 2013

Les changements dans nos habitudes alimentaires depuis le début des années 1960 ont entraîné une augmentation marquée de la quantité de phosphore extrait de gisements utilisée pour la production des aliments consommés annuellement par chaque habitant, ce que l’on appelle l’ Â« empreinte phosphore Â». C’est ce que révèle une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’Université McGill.

Ainsi, entre 1961 et 2007, la consommation accrue de viande et l’augmentation de l’apport calorique total ont entraîné une augmentation de 38 % de l’empreinte phosphore par habitant, concluent les auteurs d’un article publié en ligne dans la revue scientifique Environmental Research Letters.

Ces résultats indiquent qu’il faudra redoubler d’efforts pour assurer la gestion durable du phosphore extrait de gisements, une ressource non renouvelable utilisée dans la fabrication d’engrais. Les pertes de phosphore dans le lessivage des terres cultivées et les égouts contribuent à la pollution des cours d’eau situés en aval. En outre, comme ces gisements sont largement concentrés dans quelques pays, l’approvisionnement et les prix de cette ressource sont vulnérables aux tensions géopolitiques.

Au cours des dernières années, de nombreux chercheurs ont étudié la façon dont l’activité humaine a transformé le cycle du phosphore dans l’environnement, et comment la gestion de cette ressource pourrait être modifiée afin d’en assurer la durabilité à long terme. L’étude jette un nouvel éclairage sur l’impact de nos choix alimentaires sur l’utilisation du phosphore dans le monde.

« Nos résultats indiquent que des changements dans les habitudes alimentaires des populations pourraient constituer un volet important de la stratégie visant à accroître la durabilité du phosphore Â», affirme Geneviève Metson, auteure principale de l’article et doctorante au Département des sciences des ressources naturelles de l’Université McGill. « Dans les pays à forte empreinte de phosphore, la diminution de la consommation de viande, particulièrement de bÅ“uf, pourrait réduire considérablement la demande de phosphore extrait de gisements – étant donné que la production d’un seul kilogramme de viande exige plusieurs kilogrammes d’aliments fourragers, lesquels sont fertilisés à l’aide de phosphore. »

Geneviève Metson et ses coauteurs, les professeurs Elena M. Bennett, de l’École de l’environnement de McGill, et James J. Elser, de l’Université d’État de l’Arizona, ont calculé l’empreinte phosphore de divers pays en fonction des données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture sur la composition annuelle de leur régime alimentaire. Ils ont déterminé la quantité totale de phosphore appliquée sur les cultures pour la consommation humaine et animale en s’appuyant notamment sur les taux d’application d’engrais consignés par l’Association internationale des engrais. Les auteurs ont également examiné le lien statistique entre le développement économique et les empreintes de phosphore, puis élaboré des scénarios tenant compte de l’importance relative des changements apportés au régime alimentaire.

« Il est vraiment remarquable de constater l’incidence des modifications d’ordre alimentaire sur cette ressource très limitée, affirme la professeure Bennett. Au fil des avancées dans ce domaine de recherche, il sera intéressant de savoir quelle proportion du phosphore utilisée dans la production d’aliments est recyclable et quelle quantité est réutilisée. Bien qu’à l’heure actuelle il arrive rarement que les résidus alimentaires et les matières de vidange soient réutilisés, ils peuvent néanmoins se révéler une précieuse ressource lorsque transformés en engrais ou compost en vue d’être utilisés dans les champs agricoles situés à proximité. Â»

Ces travaux ont été financés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, l’Initiative P en durabilité de l’Université d’État de l’Arizona et la Fondation nationale des sciences des États-Unis.

Pour consulter la version intégrale de l’article : http://iopscience.iop.org/1748-9326/7/4/044043

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