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Les Coups de coeur de nos curateurs

McGill a plusieurs musées et collections répartis entre les deux campus. Sept curateurs ont accepté de nous parler de la pièce de leur collection qu'ils affectionnent tout particulièrement. D'un rhododendron à une carte hors de l'ordinaire, voici un avant-goût des petits trésors que l'on peut admirer à l'Université.

Curaters at McGill and the treasures: dress.

LA BELLE DU BAL

Présentée au Musée McCord dans le cadre de l'exposition « Les Écossais - des Montréalais pur laine », cette robe de soie qui reprend le tartan du clan Ogilvie est remarquable, non seulement du point de vue vestimentaire, mais également en tant qu'expression de l'identité culturelle. Portée vers 1860 par Mme A.W. Ogilvie, de Montréal, la robe évoque une période où les gens redécouvraient avec fierté leur patrimoine écossais, et où les symboles traditionnels des Highlands tels que les tartans devenaient des accessoires de mode, selon le bon vouloir de personnages aussi influents que la reine Victoria. En 1860, Mme Ogilvie a porté cette robe lors d'un bal donné en l'honneur du prince de Galles, qui était à Montréal pour inaugurer le pont Victoria. Le fait qu'elle a porté cette robe lors d'une soirée d'une telle importance témoigne de son désir d'être à la page, de même que de la fierté que lui inspirait son ascendance écossaise.

Cynthia Cooper
Curatrice
Costumes et textiles
Musée McCord



Curaters at McGill and the treasures: herbarium.

DES TRÉSORS ENFOUIS SOUS LE MACADAM

L'Herbarium de McGill compte plus de 135 000 spécimens. Vous dire quel spécimen je préfère serait faire injure à tous les autres. Cependant, j'avoue que je fais la révérence à un spécimen de la Collection Holmes. Médecin en exercice à Montréal au début du XIXe siècle, Andrew Holmes était botaniste à ses heures. Les variétés qu'il a rassemblées sont un miroir de l'histoire botanique de notre ville. En 1821, le rhododendron du Canada (Rhododendron canadense) poussait dans une tourbière située au nord de la rue Crémazie, qui a depuis concédé la victoire à la civilisation. La carmantine d'Amérique (Justicia americana), une plante indigène qui figure actuellement parmi les variétés menacées de la province, poussait à l'embouchure de la rivière Saint-Pierre, à un endroit où, aujourd'hui, la lumière du jour est une denrée rare en raison de la présence de grandes autoroutes. Non seulement les spécimens de Holmes sont magnifiques et bien conservés, mais ils nous rappellent également que deux siècles d'urbanisation ont suffi pour que des habitats ne soient plus que de lointains souvenirs.

Tracy Eades
Curatrice adjointe
Herbarium de McGill



Curaters at McGill and the treasures: instruments.

LE SON DU SILENCE

La Collection McPherson est constituée d'instruments et d'appareils employés en physique, du milieu du XIXe siècle jusqu'aux alentours de 1920. Nombre d'entre eux ont même été utilisés par des professeurs et des chercheurs de McGill. Le visiteur ne manquera pas de remarquer la beauté d'un grand nombre de ces instruments, ainsi que le savoir-faire de leur concepteur. Mentionnons notamment notre collection d'instruments utilisés pour l'étude du son, qui ont été fabriqués par le célèbre physicien et confectionneur d'instruments, Rudolph Koenig.

Vers 1850, les résonateurs de Helmoltz sont devenus les premiers détecteurs de sonorité de précision. L'utilisateur plaçait cet appareil, qui était réglé pour réagir à certaines fréquences, à son oreille afin de distinguer les sonorités simples des sonorités complexes. En fait, il s'agissait de faire remonter à la surface, par un moyen mécanique, les sensations fondamentales faussées par des processus mentaux. Hermann von Helmoltz, physicien et psychologue, a utilisé des résonateurs semblables à celui de notre collection pour diverses études sur la qualité musicale et vocalique, afin de confirmer les hypothèses concernant les harmoniques et l'existence de combinaisons de tons et de rythmes, ainsi que d'améliorer sa théorie de la résonance. À l'aide des résonateurs de Koenig, il prétendait être en mesure de déceler jusqu'à 16 harmoniques à partir d'une voyelle. On trouve 13 de ces résonateurs de cuivre, qui ont une étendue de plus de trois octaves, dans la Collection McPherson.

Jean Barrette
Professeur et curateur du Musée Rutherford
Département de physique



Curaters at McGill and the treasures: wasp.

UNE VRAIE MÈRE POULE

Il n'est pas facile de déterminer quel est mon spécimen favori parmi trois millions d'insectes. On est tantôt attiré par la beauté de l'insecte - le papillon Morpho est spectaculaire grâce à ses ailes bleu métallique - tantôt par son importance historique. Notre collection renferme notamment un minuscule scarabée recueilli dans les années 1830 durant le voyage du Beagle - probablement par Charles Darwin en personne - et certains des nombreux papillons capturés par Henry Lyman à la fin des années 1800. Mais c'est un spécimen local qui me fait vibrer le plus : une guêpe de la famille des sphégidés. La femelle chasse des insectes qui serviront de pâture à sa progéniture. La guêpe jaune terricole (Sphex ichneumoneus) pourchasse les criquets de la famille des ensifères. Après avoir paralysé le criquet avec son dard, la femelle le ramène dans son nid et pond un oeuf sur lui. La larve aura de la viande fraîche à se mettre sous la dent (si on peut dire) - un criquet vivant mais paralysé. Cette guêpe a été « prise sur le fait » à Sainte-Annede- Bellevue.

Stéphanie Boucher
Curatrice
Musée Lyman d'entomologie



Curaters at McGill and the treasures: map.

UNE CARTE QUI EN DIT LONG…

Notre pièce de prédilection est une carte qui dépeint la vie du campus à la fin des années 30, la Authentic Mappe of Olde McGill, 1935, de George Everett Wilson, BArch'34. D'après des comptes rendus de diplômés, la carte de Wilson a été reproduite dans un journal devant être distribué aux étudiants. La carte est en fait un guide du campus du centre-ville qui met en relief les distractions de l'époque, qu'il s'agisse de frapper des balles de tennis (il y avait des courts sur l'emplacement actuel de la Bibliothèque McLennan) ou de lever le coude dans des estaminets (au « Ritz Bar », par exemple). On y trouve également une chanson sur la rue Burnside (qui est devenue le boulevard de Maisonneuve), ainsi que des couples qui s'enlacent. Le concepteur de la carte nous parle également de la ville, notamment de ses cinémas, de ses boîtes de jazz et de ses boutiques. C'est non seulement une tranche de l'histoire urbaine de Montréal, mais également une évocation de la relation étroite que le campus et ses étudiants entretenaient avec le centre-ville. C'est la vie du campus durant les « années folles », relatée à la première personne par un étudiant, pour le bénéfice de ses camarades.

La carte de Wilson est à la fois un commentaire social et une perspective géographique biaisée, imprégnée d'un style d'illustration popularisé dans les années 20 par John Held dans le New Yorker. Cette image est tirée d'une reconstruction numérique de deux copies froissées (le mot « froissées » est un euphémisme!) de la carte. Des reproductions sont en montre dans les bureaux du service des archives de l'Université, ainsi que dans le lobby du Pavillon James de l'administration.

Johanne Pelletier
Directrice et archiviste de l'Université
Archives de l'Université McGill



Curaters at McGill and the treasures: dress.

L'ART DE FAIRE SA
MARQUE…

Mon coup de coeur va aux empreintes de vie qui deviennent la mémoire du temps. Une de ces empreintes remonte à une époque géologique lointaine; elle a été laissée par des créatures invertébrées qui erraient sur une plage sablonneuse il y a environ 530 millions d'années, près de Perth, en Ontario. On peut admirer ces pistes qui ont été préservées sur une grande plaque de grès, placée dans l'escalier. Lorsque la lumière du matin inonde cette masse pierreuse et bosselée, je ne peux que réfléchir à la simplicité de la vie sur cette ancienne plage canadienne. Il s'agit probablement des empreintes de deux animaux distincts : l'ancêtre du crabe des Moluques et un escargot de mer. Ces animaux vivaient dans les eaux peu profondes d'une mer intérieure qui a recouvert l'est et le centre de l'Amérique du Nord pendant une centaine de millions d'années. De nombreux fossiles encore plus vieux ont été découverts, mais ces empreintes demeurent les vestiges les mieux préservés de temps immémoriaux.

Les autres marques, plus récentes celles-là, sont de confection humaine. Ce sont des inscriptions gravées dans un recoin sombre du Musée, derrière les piliers de la salle de cours victorienne. Bon nombre d'entre elles renferment des dates et des diplômes, et certaines dénotent un certain sens de l'humour :

« Chris Columbus 1492. »

Les « graffitis » des années 40 mettent l'accent sur le rang plutôt que le diplôme :

« HL Snyder, #2 C.A.U.C. '44 Shawinigan Falls. »

« J. Slatter, R.C.A.F. 1943. »

Les inscriptions les plus récentes sont sans doute celles qui ont été gravées avec le plus grand soin et le plus d'amour :

« M.L. + N.B., BA. Eng. Lit. 2001 »

On se demande vraiment ce qu'il est advenu de leurs auteurs !

Ingrid Birker
Curatrice (paléontologie des invertébrés)
Musée Redpath



Curaters at McGill and the treasures: parchments.

UN ÉTUI AU LONG COURS

La pièce du Musée Redpath qui m'a séduite est un étui à aiguilles de marin. À première vue, l'objet est sans intérêt. De confection plutôt banale, il ne contient même pas d'aiguilles. Cependant, il renferme une note extraordinaire, qui nous renseigne sur ses propriétaires et son périple autour du monde, au début du XIXe siècle :

Cet étui à aiguilles en rotin, arborant deux bonnets turcs, m'a été donné par M. Gorham, commandant en second du Woodside, qui l'a eu en sa possession pendant 15 ans. Il le tenait de son frère, qui l'a sans doute conservé pendant une dizaine d'années. C'est un vieux loup de mer qui lui en avait fait cadeau. Ce petit étui a fait le tour du monde : il a contourné le Cap Horn jusqu'à la côte de la Californie et différentes régions d'Europe au moins 10 fois; il a contourné le Cap de Bonne Espérance jusqu'aux Indes orientales deux fois; il a vogué vers l'ouest jusqu'au territoire de l'Oregon; il a atteint Halifax, en NouvelleÉcosse, et même le Haut-Canada. À mon avis, c'est un objet très curieux.

Écrit en mer, à bord du Woodside qui fait route pour les Indes orientales, à 21.12 degrés de latitude Sud et à 34.11 degrés de longitude Ouest, le mercredi 7 août 1844.

Jas. Campbell Gibb A.D.R.L.

Ce témoignage nous décrit le contexte social de nombreux artéfacts que l'on tente de recréer.

Barbara Lawson
Curatrice (ethnologie)
Musée Redpath



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