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Une étude démontre que la majorité des fumeurs reprennent leur habitude après un infarctus

Published: 29 Jan 2013
Malgré une motivation évidente pour cesser de fumer, le 2/3 des patients recommenceront à fumer au cours des douze mois suivants

Montréal, le 28 janvier 2013– Une nouvelle étude démontre que les deux tiers des fumeurs d'âge moyen qui ont été hospitalisés pour un infarctus aigu du myocarde recommencent à fumer dans un délai de douze mois, et ce, malgré un traitement par le bupropion (ZybanMD), un médicament prescrit pour aider les gens à cesser de fumer en raison de sa capacité avérée à réduire les envies de nicotine et les symptômes de sevrage sans augmenter la fréquence cardiaque ou la pression artérielle comme le font les thérapies de substitution de la nicotine. Cette constatation surprenante, révélée dans une étude dirigée par le Dr Mark Eisenberg, cardiologue et épidémiologiste à l'Institut Lady Davis de l'Hôpital général juif, est publiée dans la dernière édition du Journal of the American College of Cardiology

« La sagesse populaire nous incitait à croire que le fait de subir un infarctus constituait un important signal d'alarme qui inspirait les fumeurs à cesser de fumer. » Mais, s'empresse d'ajouter le DrEisenberg, « personne n'a jamais étudié cette population un an après l'événement. En fait, il se peut même que plus des deux tiers recommencent à fumer puisque ceux qui ont accepté de participer à notre étude étaient plus motivés que ceux qui ne veulent pas être impliqués dans un essai visant à cesser de fumer. » 

L'étude a été effectuée auprès d'un échantillon aléatoire de 392 patients dont l'âge médian était de 54 ans et qui fumaient en moyenne 23 cigarettes par jour. Six mois après le début du traitement, l'absence de consommation de tabac était de 39 % dans le groupe du bupropion et 33 % dans le groupe placebo. À douze mois, les taux d'abstinence étaient respectivement de 37 % et 32 %. Un résultat positif obtenu chez les fumeurs invétérés était une baisse marquée de leur consommation de cigarettes quotidienne pour une moyenne de huit par jour, et ce, sans différence entre les groupes.   

« En dépit du taux de rechute observé, la baisse marquée de la consommation de cigarettes chez un sous-groupe de patients nous permet de penser que ces derniers pourraient de nouveau être efficacement ciblés pour un traitement de cessation tabagique », a souligné le Dr Eisenberg. « Même si toute réduction est positive, les avantages pour la santé des patients associés à une abstinence complète sont sensiblement plus élevés que même une consommation modeste de tabac. Toutefois, il n'y a pas moyen d'échapper à l'influence d'une dépendance à la nicotine combinée aux aspects social et comportemental de la consommation de tabac. Il est très difficile de cesser de fumer et il n'y a pas de solution miracle, sous forme de pilule, qui ferait en sorte qu'il serait facile de cesser de fumer. »

Cette étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et la Fondation des maladies du cœur du Québec (FMCQ). 

L'étude, intitulée : « Bupropion for Smoking Cessation in Patients Hospitalized with Acute Myocardial Infarction » (Le bupropion pour aider les patients hospitalisés pour un infarctus aigu du myocarde àcesser de fumer), réalisée par le Dr Mark Eisenberg et ses collaborateurs, peut être consultée en ligne dans le Journal of the American College of Cardiology.

 

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