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Lettre au Devoir, (Envoyée) le 21 Janvier 2008 - Le Péril Américain

Monsieur,

Jean-Robert Sansfacon a raison. L'économie américaine est en péril (Editorial, Le Devoir, le 20 Janvier 2008, B-4) à cause de la « crise du crédit hypothécaire » et, à mon avis, la situation est potentiellement dévastatrice pour les américains.

Notons tout d’abord, que la crise hypothécaire en Amérique reste beaucoup plus ressentie par les citoyens américains que par les citoyens canadiens. La vulnérabilité totale de l’économie canadienne résultant de tels prêts serait apparemment juste un quart par tête comparée à la vulnérabilité par tête sur l’économie américaine. Tout porte à croire, donc, que l'économie canadienne suivra la descente de l'économie américaine mais pas dans les mêmes proportions.

De plus, nos voisins du sud ont un système d'assurance maladie, le plus coûteux au monde mais ce système est privé et 50 millions de personnes ne sont pas toutes assurées, et leur nombre s'accroît de jour en jour. Sans parler des 10 à 20 millions d'immigrés clandestins mexicains qui causent la perte d'emplois de travailleurs américains.

Le contexte actuel est même plus périlleux que la crise des années trente parce que l'Amérique est en guerre en Iraq, dont le coût estimé s’évalue à US$ 750 millions par jour. Mais les républicains, comme les démocrates, refusent d'imposer d'impôts pour payer la note.

L'économie américaine est également sujette à la perte d'emplois qualifiés au profit de pays émergents comme l'Inde et la Chine. Le gouvernement chinois, quant à lui, tient US$ 1.3 milliard de dettes américaines qui peuvent être réclamées à tout moment, du moins en partie. Enfin, aucun parti politique américain n’est prêt à faire face aux défis majeurs auxquels le pays est confronté.

William Tetley, Professeur de droit, McGill