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Chrétien devrait "Go Gentle into that Good Night"

Cher Monsieur,

Il semble que Paul Martin sera effectivement élu chef du Parti libéral du Canada le 15 novembre prochain. Nous souhaitons toutefois qu'il y ait de vives discussions auparavant entre lui et Sheila Copps, ce qui ramènerait l'attention du Parti sur les enjeux politiques importants et ferait en sorte que tous les participants au congrès en auraient pour leur 1000$ de frais d'admission.

À l'occasion du congrès du Parti libéral à Ottawa en 1968, le chef du Parti et premier ministre de l'époque, Lester B. Pearson, confirma avec gracieuseté qu'il renonçait à son titre. Pierre Elliot Trudeau, élu au quatrième tour de scrutin, lui succéda alors, sans que ne lui fut imposée aucune contraite. M. Pearson quitta son poste, mais ses accomplissements et le souvenir qu'on en gardait faisaient honneur à sa réputation. Dans toute sa sagesse, le Parti lui offrit un chiot et, M. Pearson qui se tenait sur l'estrade, remarqua de façon saugrenue que ce chien serait son compagnon de retraite. Pour la première fois depuis 10 ans, il portait un nœud papillon. La hiérarchie du Parti libéral, dans sa sagesse, avait pourtant estimé que les nœuds papillons ne convenaient pas à un homme d'état quand Monsieur Pearson accéda à la direction du parti en 1958.

Il n'est pas nécessaire que M. Chrétien porte un nœud papillon au congrès de 2003, et son parti pourrait lui offrir une autre sculpture inuite plutôt qu'un chien. Mais, comme M. Pearson, il devrait remettre sa démission sur-le-champ. Surtout, il ne devrait pas chercher, avant de partir, à distribuer de nombreuses «récompenses» politiques ni à faire des nominations discutables qui mettraient son successeur dans une situation embarassante, tel que l'a fait M. Trudeau à son départ en 1984 à son successeur libéral, John Turner.

M. Chrétien peut « go gentle into that good night » comme l'a dit Dylan Thomas, ayant récemment apporté une de ses plus grandes contributions au Canada en n'impliquant pas notre pays dans la guerre en Irak. Dans son style bien à lui, Chrétien a dit qu'il pensait que les États-Unis pourraient éventuellement s'en sortir de la même façon qu'on dégage une auto prise dans un banc de neige. Il faudrait avancer, reculer, avancer et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on puisse reculer tout simplement.

Nous regretterons M. Chretien, mais il est temps qu'il parte, et il peut le faire sans reculer.


William Tetley

(William Tetley fut membre du cabinet Bourassa de 1970 à 1976).