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Véronique Bélanger: Stimuler la curiosité

Véronique Bélanger

« Selon moi, cette perspective [extérieure] est précieuse et pourtant, on a tendance à la perdre de vue lorsqu’on étudie le droit depuis longtemps. »

Véronique Bélanger enseigne le droit des biens en première année. En plus d’enseigner à McGill, en 2010, Véronique a participé au programme d’été en droit des universités Shantou et McGill visant à promouvoir la compréhension des organisations judiciaires et des cultures juridiques différentes en Chine et au Canada. Accompagnée de sa collègue Rosalie Jukier, Véronique a donné des conférences intitulées « La culture, la société et le droit au Canada » et « L’éducation juridique au Canada » à l’Université Shantou.

Où trouvez-vous la motivation pour enseigner le droit?

Le fonctionnement des choses et ce qui existe autour de moi ont toujours attiré ma curiosité. Aujourd’hui, à titre de professeur, j’aime transmettre ma curiosité pour le droit et son fonctionnement, et j’aime parler de mes découvertes. Celles-ci peuvent provoquer tout un éventail de réactions : on peut être émerveillé – quand on se rend compte à quel point le droit peut être ingénieux, même s’il s’agit d’un artefact social – ou perplexe et même parfois découragé. Lorsque j’enseigne le droit civil en première année sur la relation entre les personnes et la propriété, cette curiosité revient de temps à autre au premier plan parce que les étudiants posent beaucoup de questions fascinantes.

Si les étudiants posent des questions auxquelles je ne peux répondre sur-le-champ, il m’arrive de leur demander de faire quelques recherches, de revenir avec une réponse au cours suivant et de la communiquer au groupe. Cette méthode simple permet à tout le groupe d’apprendre. De plus, selon la manière dont les étudiants posent leurs questions ou quand je constate qu’ils ne comprennent pas l’objet de la discussion, j’en apprends sur différentes façons de transmettre la matière. C’est d’autant plus vrai avec les étudiants de première année qui commencent à réfléchir au droit. Ils n’ont peut-être pas encore appris que, lorsqu’il s’agit de droit, il est question de catégories et de classifications. Étant donné qu’ils ne tiennent rien pour acquis, leurs questions transcendent parfois ces frontières.

De simples explications énonçant pourquoi une question n’est pas rattachée au sujet de discussion peuvent donner lieu à un moment d’apprentissage dont tous les étudiants tirent parti. Dans ces moments, je dois me rappeler qu’ils abordent le sujet d’un point de vue extérieur au droit. Selon moi, cette perspective est précieuse et pourtant, on a tendance à la perdre de vue lorsqu’on étudie le droit depuis longtemps. De l’intérieur, le droit peut être moins stimulant parce que les réponses semblent évidentes; enseigner en jouant sur les frontières garde ma curiosité éveillée. D’ailleurs, il peut être amusant de mettre à l’épreuve les frontières tracées par ces catégories et de se demander à quelle catégorie une question appartient. Je trouve la curiosité de mes étudiants très stimulante, et je pense que j’apprends autant d’eux qu’ils apprennent de moi.

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