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François Crépeau: Enseigner la justice

François Crépeau

« ...je veux que mes étudiants comprennent que le droit est un outil de pouvoir dont on peut faire bon ou mauvais usage. »

Titulaire de la Chaire Oppenheimer en droit public international, François Crépeau enseigne le droit public international, ainsi que le cours de première année sur les fondations du droit canadien. Son enseignement comprend également un large éventail de cours qui touchent aux droits de la personne, les migrations, les libertés civiles et le droit constitutionnel canadien.

En plus d'enseigner à McGill, à l'Université de Montréal et à l'Université du Québec à Montréal, François a enseigné et élaboré des cursus au Québec, au Canada et en Europe à titre de professeur invité et aussi dans son travail avec des organisations de défense de l'intérêt public.

Que voulez-vous que les étudiants retiennent de votre cours?

Mes préoccupations s’inscrivent généralement dans les droits de la personne, la dignité des personnes et dans la contribution du droit pour améliorer la place de chacun dans la société. C’est pourquoi je veux que mes étudiants comprennent que notre société est fragmentée. Certains vivent dans des conditions plus difficiles que d’autres, tandis que les minorités, les réfugiés et les autochtones, par exemple, peuvent être extrêmement vulnérables. Une fois ces notions assimilées, nous nous intéressons aux conséquences des cette vulnérabilité en nous posant des questions comme « Comment aborder ces enjeux? » et « Comment les lois, au même titre que les forces économiques, politiques et sociales, créent-elles de telles situations? ».

Lorsque nous entreprenons l’étude de ces enjeux, je veux aussi que les étudiants se demandent comment le droit peut contribuer à apporter des solutions. Dans mon cours Fondations du droit canadien destiné aux étudiants de première année, je veux donner des outils intellectuels qui les aideront à développer une pensée critique à l’égard des questions de droit. Les étudiants doivent comprendre que le droit n’a pas que des applications pratiques, mais qu’il s’agit plutôt d’un cadre intellectuel servant à examiner les maux de notre société afin de défier les idées préconçues. Ils arriveront ainsi à exercer un sens critique par rapport à tout ce qu’ils apprendront et mettront en pratique à l’avenir.

Beaucoup de mes étudiants arrivent avec l’idée que le droit vise simplement à défendre les pauvres contre des grandes sociétés par actions ou à aider ces dernières à élargir leurs pouvoirs. Toutefois, le droit va beaucoup plus loin, alors je dois d’abord enrayer ces idées préconçues.

Ensuite, je dois amener les étudiants à comprendre ce à quoi le droit peut servir et comment le marier à d’autres forces. À lui seul, le droit n’a jamais résolu d’enjeu. Les étudiants apprennent donc à voir le droit comme un outil donnant des moyens de se faire entendre aux personnes, aux groupes et aux sociétés, jusqu’à l’échelle mondiale, étant donné que le droit international a aujourd’hui une incidence sur toutes les facettes de nos vies.

En résumé, je veux que mes étudiants comprennent que le droit est un outil de pouvoir dont on peut faire bon ou mauvais usage. L’Allemagne nazie était régie par de nombreuses lois, mais y avait-il justice pour autant?

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