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Mohsen al Attar: Adapter les travaux scolaires

Mohsen al Attar

«... je voulais voir ce qui se produirait en changeant la méthode d’évaluation. J’ai donc remplacé les travaux individuels par des travaux d’équipe... J’ai surtout été impressionné par le changement perceptible dans la dynamique de classe. »

Mohsen al Attar, qui fut professeur invité à la Faculté de droit en 2012-2013, enseigne le droit international et la propriété intellectuelle. L’enseignement et la théorie pédagogique le passionnent. Il aime bien remanier ses cours pour tester les meilleures façons de susciter l’intérêt des étudiants à l’égard de leur apprentissage. Par exemple, il a donné un nouveau devoir aux étudiants dans le cadre d’un de ses cours à McGill. Résultat : les étudiants ont présenté des affiches très originales dans une exposition sous le thème du « droit international dans un monde multipolaire ». À titre de professeur invité, il partage son enthousiasme pour l’enseignement à McGill, mais autrement, le professeur al Attar est maître de conférence permanent à l’Université d’Auckland.

Quelle expérience a le plus enrichi votre façon d’enseigner?

D’abord, je suis fasciné par la pédagogie du droit. Bien que mes domaines de spécialité soient principalement le droit international et la propriété intellectuelle, je réfléchis beaucoup à l’éducation. Je suis porté à faire des essais, que ce soit l’essai de mesures d’évaluation, de styles de cours magistraux ou d’activités à l’extérieur de l’amphithéâtre. D’ailleurs, mon expérience d’enseignement la plus enrichissante découle d’un « essai » dans l’un des cours que j’ai donnés à McGill. Je réfléchissais depuis un moment au « potentiel des étudiants » et aux outils éducatifs qui développent ce potentiel. Par conséquent, j’ai décidé de remanier légèrement mon cours de réflexion sur le droit international : j’ai réorganisé tous les travaux (sauf un) en travaux d’équipe.

Étant donné que les étudiants en droit – partout, semble-t-il! – sont motivés par leurs propres intérêts et réalisations personnelles (ce qui est compréhensible, vu la nature de nos institutions, des méthodes d’évaluation et des styles d’enseignement), je voulais voir ce qui se produirait en changeant la méthode d’évaluation. J’ai donc remplacé les travaux individuels par des travaux d’équipe. Le comportement des étudiants a immédiatement changé. Ils devaient travailler ensemble à différentes activités, comme l’organisation d’un séminaire sur le droit international et la conception d’une affiche. Tous les travaux soumis étaient notés en fonction de la qualité du travail d’équipe, et les membres de l’équipe recevaient la même note.

J’ai surtout été impressionné par le changement perceptible dans la dynamique de classe. Les étudiants ne pensaient pas seulement qu’à leurs propres intérêts, ils ont changé la façon d’interagir entre eux. J’ai vu l’individualisme céder la place à la solidarité. Les étudiants ont établi une communauté d’apprentissage et d’entraide. Par exemple, dans l’organisation d’un séminaire d’une journée, les étudiants se sont entraidés en prenant davantage de responsabilités au besoin, même si la période d’examens approchait à grands pas et qu’ils devaient gérer une pression supplémentaire. Dans les évaluations, les étudiants ont mentionné à quel point ils ont appris de leurs pairs. Comme professeur, je trouve l’expérience très encourageante et elle confirme que l’apport de petits changements à mes méthodes d’enseignement et d’évaluation peut révéler le potentiel des étudiants.

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