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Chercheurs en résidence


Professeure Alanna Thain

Départment d'anglais et Programme en cinémas du monde

 

 


Mes principaux intérêts de recherche proviennent de la différence que cela fait de concevoir les relations entre les arts, les agencements du pouvoir socialet le corps à travers le temps. Plutôt que d’étudier des objets d’art, par exemple, ce qui m’intéresse c’est l’art comme événement expérimental, comme quelque chose qui nous rappelle de la force créatrice du corps lui-même. De façon similaire, je m’intéresse à ce que j’appelle l’« anotherness » du corps en tant que notre plus intime expérience de la création de différence. Le philosophe du début du XXe siècle Henri Bergson a écrit : « en réalité le corps change à chaque instant, ou plutôt, il n’y a pas de forme, puisque la forme est immobile et que la réalité est en mouvement. Ce qui est réel c’est le changement continuel de forme : la forme n’est qu’une vue instantané d’une transition. » 
Mes recherches se concentrent sur trois axes reliés. Le premier est la « transition » post-cinématographique des formes du cinéma. À l’extérieur des salles de cinéma, où a lieu le cinéma aujourd’hui, comment sont vécues ces transitions, et que signifient ces différences, concrètement? Des re-performances de Guy Maddin de ses propres films dans des musées, au film de Christian Marclay The Clock, d’une durée de 24 heures, je pose les balises d’une écologie médiatique post-cinématographique. Dans un second temps, j’examine les relations entre danse, média et cinéma (incluant l’animation), tant à l’écran qu’en performance, et plus particulièrement dans les œuvres de William Kentridge, Thierry et Michelle-Anne De Mey, et Dave St-Pierre. Ce champs émergent d’études de danses « à l’écran » est l’un des meilleurs moyens de réfléchir sur les manières dont nous vivons nos engagements médiatiques non pas simplement comme traces, mais plutôt comme ce que j’appelle des « événements anarchivistiques ». Finalement, j’explore les questions du pouvoir social collectif, des
« corporéalités » émergentes et des techniques d’abstraction vécue (comme Brian Massumi les appelle) en art qui servent une immédiateté de participation par une auto-référentiallité intensifiée qui nous rend soudainement conscient de la différence faites par le corps lui-même. La grève étudiante québécoise, le théâtre participatif avec écouteurs, et les jeux vidéo de danse sont tous des zones d’engagement pour réfléchir sur de nouvelles questions politiques et sur l’esthétique du devenir. Je suis co-directrice du Moving Image Research Laboratory (MIRL) à McGill, qui est dédié à l’étude du corps dans plusieurs médias d’images changeantes, et éditeure pour Inflexions: A Journal for Research-Creation. Je développe présentement une subvention de partenaria du CRSH, pour un projet collaboratif international portant sur les « Médias et Événements ».

alanna [dot] thain [at] mcgill [dot] ca (Contact)