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Manuel de sécurité au laboratoire

Dernière mise à jour: le 3 novembre, 2010

Si vous trouvez des erreurs de traduction, s.v.p. contactez joseph [dot] vincelli [at] mcgill [dot] ca (Joseph Vincelli)

CONTENTS

1. Introduction à la sécurité au laboratoire
1.1 Préparation du travail de laboratoire
1.2 Durant le travail de laboratoire
1.3 Nettoyage avant de quitter
1.4 Évaluation des dangers au laboratoire, un processus continu
1.5 Politique sur le travail en solitaire

2. Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT)
2.1 Exigences réglementaires : étiquetage, fiches signalétiques et formation
2.1.1 Étiquetage
2.1.1.1 Étiquettes du fournisseur
2.1.1.2 Étiquettes du lieu de travail
2.1.1.3 Étiquettes du lieu de travail dans les laboratoires de recherche
2.1.1.4 Liste d’abréviations approuvées par le SSSE
2.1.1.5 Étiquettes d’échantillons de laboratoire
2.1.2 Fiches signalétiques (FS)
2.1.2.1 Responsabilités du fournisseur
2.1.2.2 Responsabilités du laboratoire
2.1.2.3 Emplacement des FS
2.1.2.4 Emplacement des FS indiqué sur la Fiche de renseignements du laboratoire
2.1.2.5 Vérification des fiches signalétiques
2.1.3 Formation
2.1.3.1 Formation de base sur le SIMDUT
2.1.3.2 Formation sur le SIMDUT particulière
2.2 Comprendre l’information sur l’avertissement de danger
2.2.1 Symboles du SIMDUT
2.2.2 Propriétés toxicologiques: Dl50 AND Cl50
2.2.3 Limites d’exposition (VLE, PEL)
2.2.4 Point d’éclair
2.2.5 Température d’auto-inflammation
2.2.6 Limites d’inflammabilité

3. Gestion des risques chimiques
3.1 Les produits chimiques toxiques et les quatre voies de pénétration
3.2 Produits chimiques inflammables
3.3 Produits chimiques comburants
3.4 Produits chimiques réactifs
3.5 Produits chimiques corrosifs
3.6 Intervention en cas de déversement de produits chimiques
3.6.1 Plans d’intervention en cas de déversement
3.6.2 Préparation de plans d’intervention en cas de déversement
3.6.2.1 Communications
3.6.2.2 Directives générales
3.6.3 Directives concernant des types précis de déversements
3.6.3.1 Liquides inflammables et toxiques
3.6.3.2 Liquides corrosifs
3.6.3.3 Solides corrosifs
3.6.3.4 Solides toxiques
3.6.3.5 Gaz
3.6.3.6 Mercure
3.6.3.7 Catégories spéciales

4. Entreposage et manipulation au laboratoire
4.1 Directives générales sur l’entreposage
4.2 Ergonomie
4.3 Entreposage de produits chimiques
4.4 Armoires de rangement pour liquides inflammables
4.5 Compatibilité chimique
4.6 Ségrégation des produits chimiques
4.7 Produits chimiques instables
4.8 Produits chimiques explosifs

5. Sécurité incendie
5.1 Le triangle de feu
5.2 Catégories d’incendies
5.3 Extincteurs d’incendie
5.4 Prévention des incendies
5.5 Évacuations

6. Élimination des déchets dangereux
6.1 Réduction des déchets
6.2 Directives sur l’élimination des déchets dangereux
6.3 Procédures de préparation des déchets
6.3.1 Déchets chimiques
6.3.1.1 Huiles et solvants organiques
6.3.1.2 Divers produits chimiques et bouteilles
6.3.1.3 Produits chimiques de composition inconnue
6.3.1.4 Produits chimiques peroxydants (p. ex. : l’éther) et explosifs (p. ex. : l’acide picrique sec)
6.3.1.5 Produits corrosifs (acides et bases)
6.3.2 Déchets biomédicaux
6.3.2.1 Carcasses d’animaux
6.3.2.2 Déchets de laboratoire infectieux
6.3.2.3 Objets pointus ou tranchants infectieux
6.3.2.4 Sang et matériel contaminé par du sang
6.3.3 Objets pointus ou tranchants
6.3.3.1 Définition d’objets pointus ou tranchants
6.3.3.1.1 Objets pointus ou tranchants contaminés
6.3.3.1.2 Objets pointus ou tranchants non contaminés
6.3.3.2 Verre brisé (non contaminé)
6.3.3.3 Bouteilles vides de réactifs
6.3.4 Déchets radioactifs
6.3.4.1 Déchets solides (sauf de sources scellées)
6.3.4.2 Sources scellées et sources en capsule
6.3.4.3 Flacons à scintillation liquide
6.3.4.4 Déchets radioactifs liquides

7. Ventilation du laboratoire et hottes à aspiration
7.1 Ventilation générale
7.2 Dispositifs de ventilation locale
7.2.1 Hottes à aspiration de matières chimiques
7.2.2 Hottes fermées
7.2.3 Hottes à fentes
7.2.4 Enceintes de sécurité biologique
7.2.5 Connexions directes
7.3 Ventilation équilibrée et confinement
7.4 Utilisation sécuritaire des hottes à aspiration de matières chimiques

8. Gaz comprimés et cryogénie
8.1 Dangers des gaz comprimés
8.2 Manipulation, entreposage et transport sécuritaires des bouteilles de gaz comprimé
8.3 Dangers liés aux cryogènes
8.4 Précautions à prendre avec les cryogènes

9. Dangers physiques et ergonomie
9.1 Utilisation sécuritaire des appareils électriques
9.2 Travail avec la haute pression ou sous vide
9.3 Travail répétitif et ergonomie
9.4 Utilisation sécuritaire des objets de verre

10. Sécurité du matériel
10.1 Centrifugeuses
10.2 Appareils d’électrophorèse
10.3 Bains chauffants, bains-marie
10.4 Secoueurs, mélangeurs et sonicateurs
10.5 Fours et plaques chauffantes
10.6 Appareils d’analyse
10.6.1 Compteurs de scintillation
10.6.2 Spectromètres d’absorption atomique (AA)
10.6.3 Spectromètres de masse (SM)
10.6.4 Chromatographes en phase gazeuse
10.6.5 Appareils de résonance magnétique nucléaire
10.6.6 Appareils de chromatographie liquide à haute performance
10.6.7 Appareils de chromatographie en phase liquide et spectrométrie de masse

11. Équipement de protection personnelle
11.1 Protection des yeux et du visage
11.2 Sarraus de laboratoire
11.3 Protection des mains
11.3.1 Gants de caoutchouc et réactions cutanées
11.3.2 Directives sur le choix des gants
11.3.3 Choix de gants pour produits chimiques
11.3.4 Choix, utilisation et entretien des gants protecteurs
11.4 Appareils respiratoires
11.4.1 Choix, utilisation et entretien des appareils respiratoires

12. Interventions d’urgence
12.1 Premiers soins
12.1.1 Brûlures
12.1.1.1 Brûlures de la peau
12.1.1.2 Brûlures aux yeux
12.1.2 Coupures
12.1.3 Blessures causées par des aiguilles
12.1.4 Éclaboussures de produits chimiques sur la peau ou aux yeux
12.1.5 Empoisonnement
12.2 Incendies
12.2.1 Incendies suspectés
12.2.2 Incendies déclarés
12.2.3 Vêtements en feu
12.3 Déversements de produits chimiques dangereux
12.4 Fuites de gaz naturel

Annexe 1 : Classification d’inflammabilité et tailles de contenant permises

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1. Introduction à la sécurité au laboratoire

1.1 Préparation du travail de laboratoire

Avant de commencer à travailler dans un laboratoire, il faut se familiariser avec les éléments suivants:

  • les dangers que représentent les matières dans le laboratoire, les procédures sécuritaires de manipulation et d’entreposage, ainsi que les protocoles d’urgence. Lire les étiquettes et les fiches signalétiques (FS) avant de déplacer, manipuler ou ouvrir des contenants de produits chimiques. Ne jamais utiliser un produit d’un contenant non étiqueté, et signaler les étiquettes manquantes à votre superviseur;
  • les agents, les processus et le matériel dans le laboratoire; en cas d’incertitude concernant un aspect particulier d’une procédure, il faut vérifier avec votre superviseur avant de procéder;
  • l’emplacement et le fonctionnement de l’équipement de sécurité et d’intervention en cas d’urgence, comme les extincteurs d’incendie, la douche d’urgence et la douche oculaire, les trousses de premiers soins et d’intervention en cas de déversement, les avertisseurs d’incendie, le téléphone et les sorties d’urgence;
  • les procédures d’urgence en cas de déversement des matières utilisées;
  • les procédures de signalement des situations d’urgence et les numéros de téléphone;
  • les chemins d’évacuation désignés et alternatifs.

1.2 Durant le travail de laboratoire

  • L’accès au laboratoire est réservé aux personnes autorisées. Il est interdit aux enfants d’entrer dans les laboratoires.
  • Dans le laboratoire, il est interdit de fumer, manger, boire; de conserver de la nourriture, des breuvages ou du tabac; d’appliquer des produits de beauté ou du baume sur les lèvres; de manipuler des verres de contact.
  • Porter des sarraus de laboratoire (au genou) et des lunettes de sécurité dans les laboratoires où on utilise des produits chimiques, des biomatières dangereuses ou des radio-isotopes. Dans le laboratoire, il ne faut jamais porter de souliers à bout ouvert, comme les sandales.
  • Attacher les cheveux longs ou les retenir autrement, au moment de travailler avec des produits chimiques, des biomatières dangereuses, des radio-isotopes; ou de déplacer de la machinerie.
  • Garder les lieux de travail propres et éliminer les produits chimiques, les échantillons biologiques, les radiographies inutiles, et le matériel qui ne sert pas. Éviter de laisser sur le sol des bouteilles de réactifs, vides ou pleines.
  • Avant de commencer à travailler avec des substances, apprendre à connaître leur inflammabilité, leur réactivité, leur toxicité, les procédures sécuritaires de manipulation et d’entreposage ainsi que les protocoles d’intervention d’urgence.
  • Consulter les fiches signalétiques (FS) avant de travailler avec des produits chimiques dangereux ou des matières infectieuses. Remplacer les FS qui datent de plus de trois ans.
  • Dresser et tenir à jour un inventaire des produits chimiques du laboratoire.
  • Ne jamais pipeter avec la bouche; utiliser les dispositifs de pipetage mécanique.
  • Il faut marcher, ne jamais courir dans le labo.
  • Laisser les sorties et les passages dégagés en tout temps.
  • Toujours laisser libre l’accès à l’équipement d’urgence (douches oculaires, douches d’urgence et extincteurs d’incendie).
  • Signaler dès que possible à votre superviseur les accidents et incidents dangereux (accidents évités de justesse).
  • Se laver les mains complètement avant de quitter le laboratoire.
  • Exécuter sous une hotte de laboratoire toutes les procédures pouvant provoquer la libération de matières volatiles toxiques ou inflammables (consulter la Section 7.4).
  • Exécuter à l’intérieur d’une enceinte de sécurité biologique les procédures pouvant libérer des aérosols infectieux.
  • Manipuler tous les fluides corporels et les produits sanguins humains comme s’ils étaient infectieux.

1.3 Nettoyage avant de quitter

Faire un contrôle de sécurité à la fin de chaque expérience et avant de quitter le labo.

  • Fermer les conduites de gaz, d’eau, d’électricité, les canalisations à vide et les conduites d’air comprimé ainsi que les appareils de chauffage.
  • Ranger les substances, le matériel et les appareils inutilisés dans leurs lieux d’entreposage désignés.
  • Étiqueter, emballer et éliminer tous les déchets de la bonne façon (consulter la Section 9.3 « Procédures de préparation des déchets »).
  • Retirer immédiatement tout appareil défectueux ou endommagé, et le faire réparer ou remplacer.
  • Décontaminer tous les appareils ou aires de travail ayant pu entrer en contact avec des matières dangereuses.
  • Au moment de quitter, laisser dans le laboratoire les vêtements protecteurs (sarraus, gants, etc.).
  • Fermer à clé la porte du laboratoire, si vous êtes la dernière personne qui part.

1.4 Évaluation des dangers au laboratoire, un processus continu

Un laboratoire peut receler plusieurs catégories de dangers et les situations peuvent changer fréquemment. Même après avoir établi la liste et le contrôle des dangers existants, il est extrêmement important d’envisager la possibilité de nouveaux dangers imprévus. Il faut vérifier régulièrement si la Fiche de renseignements du laboratoire et les autres avertissements de danger sont à jour; aviser le Service de santé, sécurité et environnement (SSSE) lorsqu’il faut modifier la Fiche de renseignements du laboratoire.

Chaque semaine, vérifier l’état :

  • des extincteurs d’incendie;
  • des appareils de lavage d’urgence comme les douches oculaires et les douchettes à boyau mobile (les faire couler pendant plusieurs minutes et mettre à jour les étiquettes d’inspection);
  • du contenu de la trousse de premiers soins;
  • de la hotte aspirante et autres mécanismes de ventilation;
  • des conduites pour la circulation de l’eau, canalisations à vide et conduites de gaz;
  • des compartiments d’entreposage de produits chimiques.

Aussi, il faut s’assurer de faire une inspection annuelle des extincteurs d’incendie et des douches d’urgence, d’en vérifier le bon fonctionnement et de les étiqueter chaque année.

Parmi les dangers potentiels au laboratoire, il faut surveiller les éléments suivants :

  • les produits chimiques
    • inflammables
    • toxiques
    • comburants
    • réactifs
    • corrosifs
  • les agents microbiologiques et leurs toxines capables de provoquer une maladie
    • virus
    • bactéries
    • parasites
    • rickettsies
    • champignons
  • les dangers physiques ou mécaniques
    • rayonnement ionisant ou non ionisant
    • appareils électriques
    • matériel mal conçu ou mauvaise organisation du travail (dangers ergonomiques)
    • risques de trébucher
    • chaleur ou bruit excessifs
  • les conditions psycho-sociales qui peuvent engendrer un stress psychologique

1.5 Politique sur le travail en solitaire

Il est toujours dangereux de travailler en solitaire. Cependant, si la nature de votre travail l’exige, il faut prendre des mesures pour que d’autres personnes soient au courant de l’endroit où vous vous trouvez et que quelqu’un vérifie de temps à autre si tout va bien, soit en personne ou par téléphone.

Avant d’effectuer un travail au laboratoire, il faut passer en revue la liste de vérification suivante afin de déterminer si on peut procéder.

  • Votre superviseur est-il au courant de vos plans?
  • Y a-t-il des expériences dangereuses à effectuer?

    Exemples:

    • température élevée
    • vide poussé
    • matières extrêmement inflammables (point d’éclair faible)
    • matières toxiques
    • mise à l’échelle, c.-à-d. quantités plus grandes
  • Avez-vous examiné votre procédure avec votre superviseur?
  • Avez-vous une procédure opérationnelle écrite?
  • Votre matériel est-il en bon état?
  • Avez-vous reçu la formation nécessaire pour effectuer le travail?
  • Y a-t-il une procédure d’enregistrement d’entrée et de sortie?
  • Avez-vous un plan d’intervention en cas d’urgence?
  • Avez-vous accès à un téléphone de McGill (plutôt qu’un cellulaire) en cas d’urgence?
  • Y a-t-il une fenêtre dans la porte de votre local ou un autre moyen d’indiquer la présence d’une personne à l’intérieur?
  • Connaissez-vous les procédures d’évacuation d’urgence?
  • Avez-vous accès à un téléphone en cas d’urgence?
  • Avez-vous accès à une trousse de premiers soins?
  • Avez-vous accès à une trousse d’intervention en cas de déversement?

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2. Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT)

Le Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT) est un système employé dans tout le Canada pour renseigner les gens sur l’utilisation sécuritaire des matières dangereuses désignées comme produits contrôlés, sur les lieux de travail. Il a été conçu pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs en facilitant l’accès à l’information sur les matières dangereuses au moyen d’étiquettes de produits, de fiches signalétiques (FS) et de programmes éducatifs.

Le SIMDUT est issu des lois et règlements fédéraux et provinciaux. Au Québec, le Règlement sur l’information concernant les produits contrôlés (R.Q. c. S-2.1, r.10.1) doit être appliqué par toute personne qui fournit ou utilise des produits contrôlés. À McGill, le SIMDUT a force de loi pour tous les membres du corps professoral et du personnel, les étudiants de niveau postdoctoral, les étudiants des premier, deuxième et troisième cycles et les visiteurs, qui travaillent dans des secteurs où on utilise des matières dangereuses.

Les produits contrôlés sont des produits, matières et substances régis par la législation relative au SIMDUT, en fonction de leurs propriétés et caractéristiques dangereuses. Le SIMDUT divise les matières dangereuses en six grandes catégories ou classes selon leurs caractéristiques. Consulter la Section 2.2.

Le SIMDUT vise principalement l’identification des dangers et la classification des produits. Il a trois composantes :

  • l’étiquetage;
  • les fiches signalétiques (FS);
  • la formation.

2.1 Exigences réglementaires : étiquetage, fiches signalétiques et formation

2.1.1 Étiquetage

Les étiquettes avertissent les gens des dangers du produit et indiquent des mesures de sécurité de base. Dans les laboratoires, tous les contenants doivent absolument être clairement identifiés.

La législation relative au SIMDUT dicte les renseignements à inclure sur une étiquette du lieu de travail. Toute matière dangereuse doit être étiquetée, qu’elle soit en transit, entreposée, ou utilisée. Une étiquette peut être une marque, un signe, une étampe, un sceau, un autocollant, un ticket ou un emballage; elle doit être attachée au contenant du produit contrôlé ou être imprimée, copiée au stencil ou estampée sur ce contenant.

Il y a 2 types d’étiquettes prescrites dans la législation concernant le SIMDUT : les étiquettes du fournisseur et les étiquettes du lieu de travail.

2.1.1.1 Étiquettes du fournisseur

Les fournisseurs ont la responsabilité de l’étiquetage des produits contrôlés selon le SIMDUT. Une étiquette du fournisseur doit contenir l’information suivante :

  • identificateur du produit (nom du produit);
  • identificateur du fournisseur (nom de la société qui a vendu le produit);
  • symboles de danger (symboles de classification du SIMDUT);
  • mentions de risque (mots qui décrivent les principaux dangers du produit);
  • mises en garde (comment travailler avec le produit en toute sécurité);
  • mesures de premiers soins (que faire en cas d’urgence);
  • référence à la FS.

Les étiquettes du fournisseur doivent être fournies dans les deux langues officielles (anglais et français).

2.1.1.2 Étiquettes du lieu de travail

Une étiquette du lieu de travail doit apparaître sur tous les produits contrôlés au sens du SIMDUT lorsque :

  • les produits contrôlés sont fabriqués, manufacturés ou préparés (p. ex. : les solutions de réserve) sur le lieu de travail;
  • le produit contrôlé est transféré du contenant initial à un autre contenant; et
  • l’étiquette initiale du fournisseur est illisible ou endommagée; ou elle a été enlevée.

Une étiquette du lieu de travail doit contenir l’information suivante :

  • l’identificateur du produit (nom du produit);
  • l’information pour la manipulation sécuritaire du produit;
  • la référence à la FS.

L’identificateur du produit doit inclure le nom complet du produit ou de la solution, comme il apparaît sur la fiche signalétique, ainsi que sa concentration.

2.1.1.3 Étiquettes du lieu de travail dans les laboratoires de recherche

La législation concernant le SIMDUT permet certaines exemptions dans les prescriptions relatives à l’étiquetage des produits contrôlés au sens du SIMDUT dans les laboratoires, produits qui sont utilisés dans la recherche et le développement. Les exemptions suivantes s’appliquent à un produit contrôlé au sens du SIMDUT manufacturé, transféré, utilisé ou analysé dans un laboratoire de recherche, en autant que les conditions suivantes soient respectées :

  • le produit n’est pas transporté à l’extérieur du laboratoire; et
  • la fiche signalétique est disponible.

Dans les laboratoires de recherche, lorsqu’un produit contrôlé au sens du SIMDUT est manufacturé, préparé ou transféré d’un contenant à un autre (p. ex. : les solutions de réserve), l’étiquette du lieu de travail apposée au contenant doit donner l’information suivante :

  • l’identificateur du produit (nom du produit)

le nom du produit peut être :

  • le nom complet du produit ou de la solution, tel qu’il apparaît sur la fiche signalétique, incluant sa concentration;

OU

  • l’abréviation approuvée du nom du produit, telle qu’elle apparaît dans la Liste d’abréviations approuvées par le SSSE.

Les abréviations de produits de laboratoire ne sont pas permises, à moins de faire partie de la Liste d’abréviations approuvées par le SSSE. Consulter la Section 2.1.1.4

Lorsqu’un produit non contrôlé est manufacturé, préparé ou transféré d’un contenant à un autre, l’étiquette apposée au contenant doit indiquer :

  • le nom du produit (les abréviations et formules chimiques sont permises).

2.1.1.4 Liste d’abréviations approuvées par le SSSE

Le SSSE a préparé une liste d’abréviations approuvées pour les produits utilisés dans les laboratoires. Cette liste permet aux laboratoires d’inclure des abréviations des produits apparaissant sur les étiquettes.

EHS Approved Lab Abbreviations List [.pdf]

Pour être en mesure d’utiliser ces abréviations, il y a deux conditions :

  • la Liste d’abréviations approuvées par le SSSE pour les produits de laboratoire doit être affichée dans le laboratoire, de préférence à proximité de l’endroit où sont entreposés les produits;

ET

  • la Liste d’abréviations approuvées par le SSSE pour les produits de laboratoire doit être jointe à la collection des fiches signalétiques (p. ex. : au début de la reliure contenant les FS).

Ces conditions seront vérifiées lors des inspections de sécurité du laboratoire.

La liste sera révisée chaque année par le SSSE. Si vous désirez faire des suggestions ou des recommandations concernant de nouvelles abréviations, veuillez envoyer un ehs [at] mcgill [dot] ca courriel au SSSE (Objet : Abréviations de laboratoire) mentionnant le nom complet du produit et le numéro CAS; et joindre une copie électronique de la FS du produit.

2.1.1.5 Étiquettes d’échantillons de laboratoire

Les échantillons de laboratoire sont préparés uniquement pour des essais en laboratoire ou pour servir à des fins d’enseignement ou de démonstration. Ces échantillons n’incluent pas les produits contrôlés au sens du SIMDUT utilisés par le laboratoire pour analyser d’autres produits, matériaux ou substances (p. ex. : les solutions tampons).

Les prescriptions relatives aux échantillons de laboratoire destinés à être utilisés immédiatement dans un laboratoire (même jour) et uniquement par la personne qui les a préparés, exigent que :

  • les échantillons soient clairement identifiés;
  • la description du contenu de l’échantillon soit facilement accessible (p. ex. : annotée dans un calepin de laboratoire);
  • les fiches signalétiques de l’échantillon soient rapidement et facilement utilisables.

Les échantillons de laboratoire devant être transportés à l’extérieur d’un laboratoire (p. ex. : envoyés ailleurs pour analyse), y compris à l’intérieur de l’Université, doivent porter une étiquette contenant les renseignements suivants :

  • l’identificateur du produit (nom du produit);
  • le nom du propriétaire (nom du chercheur principal qui a préparé l’échantillon);
  • le numéro du labo et le nom de l’édifice;
  • un numéro de téléphone d’urgence.

Lorsque les échantillons dépassent 10 kg, l’étiquette apposée au contenant doit respecter les prescriptions relatives à l’étiquette du fournisseur (consulter la Section 2.1.1.). Les échantillons de laboratoire NE DOIVENT PAS être envoyés par le courrier interne.

2.1.2 Fiches signalétiques (FS)

Les fiches signalétiques (FS) sont plus détaillées que les étiquettes. Ce sont des bulletins techniques contenant des données chimiques, physiques et toxicologiques sur chaque produit contrôlé, ainsi que l’information sur les précautions à prendre et les interventions d’urgence. Elles doivent être rapidement et facilement utilisables par toutes les personnes qui travaillent avec des produits contrôlés, ou qui y sont exposées d’une façon ou d’une autre.

2.1.2.1 Responsabilités du fournisseur

Les fournisseurs de produits contrôlés au sens du SIMDUT ont l’obligation de remettre les FS aux acheteurs. Les fiches doivent être disponibles dans les deux langues officielles (français et anglais). Les fournisseurs ont aussi la responsabilité de réviser les FS dès la parution de nouveaux renseignements sur les produits.

2.1.2.2 Responsabilités du laboratoire

Toute personne a le droit de consulter une FS, que ce soit en relation avec son travail ou tout simplement par intérêt personnel.

Tous les laboratoires de McGill sont tenus d’appliquer le Règlement du Québec sur l’information concernant les produits contrôlés (R.R.Q. 1981, S-2.1, r. 10.1), où il est écrit que :

« la fiche signalétique d’un produit contrôlé doit être conservée sur les lieux de travail par l’employeur, à un endroit connu des travailleurs et elle doit être facilement et rapidement accessible à ceux qui sont susceptibles d’être en contact avec le produit. Cette fiche doit être présentée sous forme de document facile à manipuler et consulter. » -O.C. 445-89, s. 48.
-O.C. 445-89, s. 48.

Tous les laboratoires de recherche et développement doivent suivre les directives suivantes, sans égard au nombre de produits contrôlés sur place.

Chaque laboratoire doit s’assurer que :

  • sa collection de FS contient la fiche de tous les produits contrôlés au sens du SIMDUT, qui se trouvent dans le laboratoire;
  • contient la fiche de tous les produits de consommation (p. ex. : eau de javel, Windex) dans le laboratoire;
  • que les fiches ne datent pas de plus de 3 ans;
  • que les fiches sont mises à jour lorsque de nouveaux renseignements deviennent disponibles; et
  • que les fiches sont rapidement et facilement utilisables par toute personne travaillant avec les produits, ou qui y est exposée.

Pour simplifier la gestion des fiches, les chercheurs principaux et les superviseurs de laboratoire peuvent avoir une collection centrale de FS pour plusieurs laboratoires, pourvu que les laboratoires soient raisonnablement rapprochés (dans le même édifice). Tout le personnel de laboratoire, y compris les étudiants, doit avoir accès tous les jours 24 heures sur 24, à l’endroit où se trouve la collection de FS. Tout le personnel doit avoir une clé si la pièce est parfois fermée à clé. Tous doivent être avisés de l’endroit où se trouve la collection de FS.

2.1.2.3 Emplacement des FS

Selon la législation relative au SIMDUT, les fiches doivent être rapidement et facilement utilisables par quiconque travaille avec des produits contrôlés, ou est exposé à ces produits.

On peut conserver la collection de FS de différentes façons : dans un classeur ou des reliures, dans un ordinateur personnel ou par d’autres moyens, pourvu que tous les employés soient informés de l’emplacement, et qu’ils aient accès en tout temps aux fiches à jour.

Tout le personnel de laboratoire doit être avisé de l’emplacement de la collection des fiches signalétiques.

Le SSSE recommande de classer toutes les FS par ordre alphabétique dans des reliures rouges clairement identifiées, à un endroit facile d’accès de préférence à proximité d’un téléphone.

2.1.2.4 Emplacement des FS indiqué sur la Fiche de renseignements du laboratoire

La Fiche de renseignements du laboratoire doit indiquer avec précision l’emplacement de la collection de FS dans le laboratoire (p. ex. : deuxième tablette de l’étagère noire).

2.1.2.5 Vérification des fiches signalétiques

La législation relative au SIMDUT exige que les FS soient à jour (trois ans ou moins).

Au moment de l’inspection de sécurité du laboratoire, l’inspecteur du SSSE vérifie la collection de FS. Il choisit au hasard cinq produits contrôlés au sens du SIMDUT qui se trouvent dans le laboratoire et vérifie ensuite la collection de FS pour s’assurer qu’elle contient la fiche signalétique des cinq produits choisis.

2.1.3 Formation

La formation permet d’avoir une connaissance plus approfondie des procédures particulières à adopter pour travailler en toute sécurité. La formation sur le SIMDUT est un élément clé de la législation relative au SIMDUT et est par conséquent obligatoire pour tout le personnel travaillant avec des produits contrôlés à McGill, y compris les chercheurs principaux, les étudiants et les chercheurs invités.

On peut diviser la formation en deux parties : la formation de base et la formation particulière.

2.1.3.1 Formation de base sur le SIMDUT

La formation de base sur le SIMDUT porte sur la classification des produits contrôlés; les risques et les précautions à prendre, le contenu, le but et l’interprétation des renseignements apparaissant sur les étiquettes et dans les FS.

Le Service de santé, sécurité et environnement offre au personnel de laboratoire la formation de base sur le SIMDUT. Cette formation est obligatoire pour tous les membres du corps professoral, le personnel et les étudiants, y compris les étudiants de premier cycle travaillant sur un projet de recherche. La formation est valide pour une période de 3 ans et est offerte plusieurs fois par semestre. On peut consulter le calendrier de cours à www.mcgill.ca/ehs/training/whmis/.

2.1.3.2 Formation particulière sur le SIMDUT

La formation particulière porte sur les procédures sécuritaires de manipulation et d’entreposage des produits contrôlés au sens du SIMDUT, qui sont uniques à chaque laboratoire. Elle inclut les mesures de remédiement en cas de déversement ou de fuite; l’évacuation des déchets et les premiers soins de base. La formation particulière relève des chercheurs principaux et des superviseurs de laboratoire.

Le Service de santé, sécurité et environnement fait le suivi de toute la formation sur la sécurité dispensée sur le campus et peut fournir aux superviseurs des listes à jour pour la formation sur la sécurité à l’intention de tout le personnel et des étudiants. Pour demander une liste de participants au cours de formation sur la sécurité, il faut communiquer par courriel avec le ehs [at] mcgill [dot] ca (EHS) .

2.2 Comprendre l’information sur l’avertissement de danger

2.2.1 Symboles du SIMDUT

Le tableau 1 présente les catégories de produits chimiques contrôlés et leurs symboles ou pictogrammes correspondants, leurs caractéristiques générales ainsi que les précautions à prendre lorsqu’on les manipule.

Tableau 1 - Manipulation sécuritaire des produits contrôlés. Résumé des caractéristiques générales et des procédures de manipulation et d’entreposage des produits contrôlés au sens du SIMDUT.

Catégorie et symbole Caractéristiques Précautions
Catégorie A Gaz comprimés
WHIMIS, class A
  • Le gaz est sous pression à l’intérieur d’une bouteille
  • La bouteille peut exploser si elle est chauffée ou endommagée
  • La libération soudaine d’un flux de gaz sous haute pression peut perforer la peau et provoquer des embolies fatales
  • Transporter et manipuler avec précaution
  • S’assurer que les bouteilles sont bien assujetties
  • Entreposer loin des sources de chaleur ou de feu
  • Utiliser un régulateur adéquat
Catégorie B Matières inflammables et combustibles
WHIMIS, class B
  • Peuvent brûler ou exploser lorsqu’elles sont exposées à la chaleur, à des étincelles ou des flammes
  • Matière inflammable : brûle facilement à la température de la pièce
  • Matière combustible : brûle lorsque chauffée
  • Entreposer loin des matières de la catégorie C (matières comburantes)
  • Entreposer loin des sources de chaleur, d’étincelles ou de flammes
  • Ne pas fumer à proximité de ces matières
Catégorie C Matières comburantes
WHIMIS, class C
  • Peuvent provoquer la combustion ou l’explosion d’autres matières par l’apport d’oxygène
  • Peuvent brûler la peau et les yeux au contact
  • Entreposer loin des matières de la catégorie B (inflammables et combustibles)
  • Entreposer loin des sources de chaleur et d’inflammation
  • Porter l’équipement et les vêtements protecteurs recommandés
Catégorie D Matières toxiques et infectieuses
WHIMIS, class D
Division 1: Matières ayant des effets toxiques immédiats et graves
  • Peuvent provoquer la mort instantanée ou une blessure grave si inhalées, avalées, ou absorbées par la peau
  • Éviter d’inhaler les gaz ou vapeurs
  • Éviter le contact avec la peau et les yeux
  • Porter l’équipement et les vêtements protecteurs recommandés
  • Ne pas manger, boire ou fumer à proximité de ces matières
  • Se laver les mains après avoir manipulé ces matières
Catégorie D Matières toxiques et infectieuses
WHIMIS, class D
Division 2: Matières ayant d’autres effets toxiques
  • Peuvent provoquer la mort ou un dommage permanent suite à une exposition répétée ou à long terme
  • Peuvent irriter les yeux, la peau et les voies respiratoires; entraîner des problèmes pulmonaires chroniques et la sensibilisation de la peau
  • Peuvent causer des dommages au foie ou aux reins, le cancer, des déficiences de naissance ou la stérilité
  • Éviter d’inhaler les gaz ou vapeurs
  • Éviter le contact avec la peau et les yeux
  • Porter l’équipement et les vêtements protecteurs recommandés
  • Ne pas manger, boire ou fumer à proximité de ces matières
  • Se laver les mains après avoir manipulé ces matières
Catégorie D Matières toxiques et infectieuses
WHIMIS, class D
Division 3: Biomatières infectieuses
  • Le contact avec les agents microbiologiques (p. ex. : bactéries, virus, champignons et leurs toxines) peut entraîner la maladie ou la mort
  • Porter l’équipement et les vêtements protecteurs recommandés
  • Travailler avec ces matières dans des lieux désignés
  • Désinfecter les lieux après la manipulation
  • Se laver les mains après avoir manipulé ces matières
Catégorie E Matières corrosives
WHIMIS, class E
  • Brûlent les yeux et la peau au contact
  • Brûlent les tissus des voies respiratoires en cas d’inhalation
  • Entreposer les acides et les bases dans des endroits séparés
  • Éviter d’inhaler ces matières
  • Éviter le contact avec la peau et les yeux
  • Porter l’équipement et les vêtements protecteurs recommandés
Catégorie F Matières dangereusement réactives
WHIMIS, class F
  • Peuvent être instables, réagir dangereusement aux secousses, à la compression, la chaleur ou l’exposition à la lumière
  • Peuvent brûler, exploser ou produire des gaz dangereux lorsque mélangées avec des matières incompatibles
  • Entreposer loin des sources de chaleur
  • Éviter les chocs et la friction
  • Porter l’équipement et les vêtements protecteurs recommandés

On peut trouver les liens aux FS sur le site Web du Service de santé, sécurité et environnement à http://www.mcgill.ca/ehs. Un glossaire expliquant les termes techniques et juridiques couramment utilisés dans les fiches (Manuel de référence des fiches signalétiques de McGill - Material Safety Data Sheet Reference Manual) est disponible au Service de santé, sécurité et environnement.

2.2.2 Propriétés toxicologiques : DL50 et CL50:

Malgré les limites inhérentes à l’utilisation des données de toxicité tirées d’études sur des animaux pour prédire les effets sur les être humains, les valeurs de DL50 et de CL50 contiennent souvent une grande partie de l’information disponible sur la toxicité, et elles sont le fondement de nombreuses normes, directives et règlementations.

La DL50 (dose léthale50) est la quantité d’une matière qui, administrée par une voie de pénétration déterminée (p. ex. : orale ou cutanée) pendant une période de temps spécifiée, doit vraisemblablement causer la mort de 50 pour cent d’une population animale définie. La DL50 s’exprime habituellement en milligrammes ou grammes de la substance à l’essai par kilogramme du poids corporel de l’animal (mg/kg ou g/kg).

La CL50 (concentration léthale50) est la quantité d’une matière en suspension dans l’air qui, inhalée pendant une période de temps spécifiée, doit vraisemblablement causer la mort de 50 pour cent d’une population animale définie. Certaines valeurs de CL50 sont déterminées par l’administration des substances étudiées à des organismes vivant dans l’eau. La CL50 s’exprime en parties de la substance à l’essai par million de parties d’air (PPM) pour les gaz et les vapeurs, ou en milligrammes par litre ou mètre cube d’air (mg/L ou mg/m3) pour les poussières, les buées et les fumées.

Dans l’évaluation des dangers des matières utilisées en laboratoire, il ne faut surtout pas oublier que les substances ayant les valeurs de DL50 ou de CL50 les plus basses sont plus toxiques que celles qui ont des valeurs plus élevées.

When assessing the hazards of materials used in the laboratory, it is important to remember that substances with lower LD50 or LC50 values are more toxic that those with higher values.

2.2.3 Limites d’exposition (VLE, PEL)

Une limite d’exposition est la limite d’exposition maximale à un contaminant de l’air. La valeur limite d’exposition (VLE) ou limite d’exposition admissible (acronyme anglais : PEL, permissible exposure limit) peut s’exprimer ainsi :

  • une moyenne pondérée dans le temps (acronyme anglais : TWA, time-weighted average) de 8 heures est la concentration moyenne à laquelle la plupart des travailleurs peuvent être exposés durant une journée de travail de 8 heures, jour après jour, sans effets nocifs;
  • la limite d’exposition à court terme (LECT), est la concentration moyenne maximale à laquelle la plupart des travailleurs peuvent être exposés durant une période de 15 minutes, jour après jour, sans effets nocifs;
  • la valeur d’exposition plafond (P) représente une concentration qu’il ne faut jamais dépasser; et qui s’applique à de nombreux produits chimiques ayant des effets toxiques aigus.

Il est à noter que la plupart des limites d’exposition ont été définies à partir d’expériences menées en milieu industriel et elles ne sont pas totalement pertinentes aux laboratoires. De bonnes méthodes de travail en laboratoire et des systèmes de ventilation bien conçus servent à maintenir les concentrations dans l’air bien au-dessous de ces limites.

2.2.4 Point d’éclair

Le point d’éclair est la température la plus basse à laquelle un liquide produit assez de vapeur pour s’enflammer en présence d’une source d’inflammation. Plus le point d’éclair est bas, plus le risque d’incendie est élevé. Plusieurs solvants communément utilisés dans les laboratoires (p. ex. : l’acétone, le benzène, l’éther diéthylique, le méthanol) ont un point d’éclair inférieur à la température de la pièce.

2.2.5 Température d’auto-inflammation

La température d’auto-inflammation est la température à laquelle une matière s’enflamme, même en l’absence d’une source d’inflammation; une étincelle n’est pas nécessaire pour provoquer l’inflammation lorsqu’une vapeur inflammable atteint sa température d’auto-inflammation. Plus basse est la température d’inflammation, plus grand est le risque d’un incendie provoqué par un appareil usuel de laboratoire.

2.2.6 Limites d’inflammabilité

Les limites d’inflammabilité ou limites d’explosivité définissent l’intervalle de concentrations d’une substance dans l’air qui s’enflammera ou explosera en présence d’une source d’inflammation comme une étincelle ou une flamme. Les limites d’explosivité s’expriment habituellement en pourcentage par volume de la substance dans l’air :

  • la limite inférieure d’explosivité (LIE) ou limite inférieure d’inflammabilité (LII) est la concentration de vapeur la plus basse qui brûlera ou explosera si elle est allumée. Au-dessous de cette limite, la concentration de combustible est trop faible pour l’inflammation, c.-à-d. que le mélange est riche en oxygène mais ne contient pas suffisamment de combustible;
  • la limite supérieure d’explosivité (LSE) ou limite supérieure d’inflammabilité (LSI) est la concentration de vapeur la plus élevée qui s’enflammera. Au-dessus de cette limite, le mélange est trop riche pour s’enflammer;
  • la zone d’inflammabilité représente les concentrations entre la LII et la LSI.

Tableau 2 - Points d’éclair, limites inférieures d’explosivité et limites d’exposition (moyennes pondérées dans le temps sur 8 heures) de plusieurs solvants inflammables ou combustibles utilisés au laboratoire.

Solvent Point d’éclair (°C) LIE (% par volume) Température d’auto-inflammation (°C) VLE-TWA * ppm (mg/m3)
acide acétique glacial 39 4.0 427 10 (25)
acétone -18 2.5 538 250 (590)
acétonitrile 5.6 3.0 524 20 (34)
éther diéthylique -45 1.9 180 400 (1210)**
éthanol absolu 13 3.3 423 1000 (1900)
acétate d’éthyle -4.4 2.0 427 400 (1440)
méthanol 11 6.0 464 200 (260)
n-pentane -49 1.5 309 120 (350)
toluène 4.4 1.1 552 100 (375)

* Guide de poche du NIOSH sur les risques chimiques, 1999

** en instance de révision

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3. Gestion des risques chimiques

3.1 Les produits chimiques toxiques et les quatre voies de pénétration

Les produits chimiques peuvent pénétrer le corps par :

  • inhalation de gaz, vapeurs et matières particulaires (p. ex. : buées, poussières, fumées);
  • absorption de liquides, solides, gaz et vapeurs à travers la peau;
  • ingestion de produits chimiques directement ou indirectement par des aliments et breuvages contaminés et contact entre la bouche et les mains contaminées (se ronger les ongles, fumer);
  • injection de produits chimiques par des aiguilles ou d’autres objets pointus ou tranchants contaminés au laboratoire.

3.2 Produits chimiques inflammables

WHIMIS, class B Les liquides, solides ou gaz inflammables et combustibles s’enflamment s’ils sont exposés à la chaleur, une flamme ou des étincelles. Les matières inflammables brûlent facilement à la température de la pièce, alors que les matières combustibles doivent être chauffées avant de prendre feu. Les liquides inflammables ou leurs vapeurs représentent les dangers d’incendie les plus communs dans les laboratoires. Consulter la Section 5.4 (Prévention des incendies) pour des détails sur la manipulation sécuritaire des produits chimiques inflammables au laboratoire.

3.3 Produits chimiques comburants

WHIMIS, class C Les agents d’oxydation fournissent des éléments comburants tels l’oxygène ou le chlore, et ils peuvent enflammer une matière inflammable et combustible même dans une atmosphère pauvre en oxygène (consulter la Section 5.1, Triangle de feu). Les produits chimiques comburants peuvent accroître la vitesse et l’intensité d’un feu en augmentant l’apport d’oxygène, ce qui fait que des matières qui ne brûleraient pas normalement s’enflamment et brûlent rapidement. Les agents d’oxydation peuvent aussi :

  • réagir avec d’autres produits chimiques, et ainsi provoquer la libération de gaz toxiques;
  • se décomposer et libérer des gaz toxiques sous l’effet de la chaleur;
  • brûler ou irriter la peau, les yeux, les voies respiratoires et d’autres tissus.

Parmi les précautions à prendre au moment d’utiliser ou d’entreposer des agents d’oxydation au laboratoire, il faut :

  • les garder loin de toute matière inflammable et/ou combustible;
  • garder les contenants bien fermés à moins d’indication contraire du fournisseur;
  • les mélanger et diluer en suivant les indications du fournisseur;
  • empêcher la libération de poussières corrosives, en achetant des produits sous forme liquide plutôt que sèche;
  • diminuer la réactivité des solutions en les diluant avec de l’eau;
  • porter des lunettes et vêtements adéquats pour la protection des yeux et de la peau;
  • s’assurer que les agents d’oxydation sont compatibles entre eux dans le même lieu d’entreposage.

3.4 Produits chimiques réactifs

WHIMIS, class F

Les produits chimiques réactifs peuvent :

  • être sensibles aux secousses, à la compression, la chaleur ou la lumière;
  • réagir dangereusement avec l’eau ou l’air;
  • brûler, exploser ou dégager des gaz inflammables ou toxiques lorsque mélangés avec des matières incompatibles;
  • se décomposer, polymériser ou condenser avec violence;
  • être aussi toxiques, corrosifs, comburants ou inflammables;
  • parfois ne pas être dangereux au moment de l’achat, mais acquérir des propriétés dangereuses avec le temps (p. ex. : l’éther diéthylique et les solutions d’acide picrique).

Prendre les précautions suivantes pour travailler avec des produits chimiques dangereusement réactifs :

  • comprendre les dangers associés avec ces produits chimiques et les utiliser dans des conditions qui les maintiennent stables;
  • les entreposer et manipuler loin des produits chimiques incompatibles;
  • conserver les produits réactifs à l’eau loin de tout contact potentiel avec l’eau, comme la plomberie, les têtes de sprinkler et les bains-marie;
  • les manipuler sous une hotte de laboratoire;
  • porter des lunettes et vêtements adéquats pour la protection des yeux et de la peau;
  • travailler avec de petites quantités;
  • utiliser au complet ces produits chimiques ou les jeter avant leur date d’expiration.

3.5 Produits chimiques corrosifs

WHIMIS, class E Les produits chimiques corrosifs sont des matières, comme les acides et les bases (caustiques, alcalis), qui peuvent attaquer les tissus corporels en cas d’éclaboussure, d’inhalation ou d’ingestion. Ils peuvent aussi :

  • endommager les métaux, et libérer un gaz hydrogène inflammable;
  • endommager certains plastiques;
  • certains, comme les acides sulfuriques, nitriques et perchloriques, être des agents d’oxydation; ils sont donc incompatibles avec les matières inflammables ou combustibles;
  • libérer des substances toxiques ou explosives en réagissant avec d’autres produits chimiques;
  • dégager de la chaleur lorsque mélangés avec de l’eau.

Parmi les précautions à prendre au moment de manipuler des matières corrosives, il faut :

  • porter des lunettes et vêtements adéquats pour la protection des yeux et de la peau;
  • utiliser la concentration la plus faible possible;
  • les manipuler sous une hotte de laboratoire;
  • ajouter des contenants secondaires pour le transport et l’entreposage de produits corrosifs;
  • toujours diluer en ajoutant les acides à l’eau;
  • diluer et mélanger lentement;
  • entreposer les acides séparément des gaz.

3.6 Intervention en cas de déversement de produits chimiques

3.6.1 Plans d’intervention en cas de déversement

Les chefs de laboratoire ont la responsabilité d’établir à l’avance des procédures d’intervention face à divers types de déversements potentiels dans leurs activités. Les personnes qui ont besoin d’aide pour préparer les plans d’intervention en cas de déversement doivent contacter le Service de santé, sécurité et environnement (poste 4563).

D’autres ressources internes peuvent être mises à contribution dans les cas exigeant une assistance technique ou un équipement plus important. Les communications doivent passer par le numéro de téléphone d’urgence (poste 3000 campus du centre-ville, poste 7777 campus Macdonald).

3.6.2 Préparation de plans d’intervention en cas de déversement

3.6.2.1 Communications

Tous les laboratoires utilisant des matières dangereuses doivent obligatoirement prévoir des moyens de rejoindre les personnes-ressources dans une situation d’urgence, surtout en dehors des heures régulières de travail. Pour ce faire, il faut afficher le ou les numéros de téléphone pertinents et/ou les donner au Service de sécurité qui compose le numéro de téléphone d’urgence.

Les directeurs d’immeuble doivent aussi fournir au Service de sécurité les numéros de téléphone où on peut les rejoindre ou rejoindre d’autres personnes-ressources en cas d’urgence en dehors des heures normales de travail.

3.6.2.2 Directives générales

Facteurs dont il faut tenir compte dans la préparation d’un plan d’intervention en cas de déversement :

  • les catégories de produits chimiques (p. ex. : agents d’oxydation, solvants inflammables) et leurs propriétés chimiques, physiques et toxicologiques;
  • les quantités pouvant être déversées;
  • les endroits où un déversement pourrait se produire (p. ex. : laboratoire, corridor);
  • l’équipement de protection personnelle requis;
  • les types et quantités de substances neutralisantes ou absorbantes nécessaires.

Directives à appliquer dans l’intervention initiale en cas de déversement :

  • déterminer la méthode de nettoyage appropriée en consultant la fiche signalétique (FS). Ne pas essayer de nettoyer le déversement sans être certain de la façon de procéder, ou sans avoir l’équipement de protection nécessaire;
  • nettoyer immédiatement s’il s’agit d’un déversement mineur qui représente peu de danger selon toute évidence;
  • alerter toutes les personnes présentes et évacuer la pièce si la substance déversée est inconnue ou potentiellement dangereuse (vapeurs toxiques, explosives);
  • s’il est impossible de nettoyer le déversement en toute sécurité avec les personnes présentes et l’équipement disponible, composer le numéro de téléphone d’urgence (campus du centre-ville poste 3000, campus Macdonald poste 7777) pour demander de l’aide.

3.6.3 Directives concernant des types précis de déversements

La présente section décrit la façon de nettoyer certains déversements de produits chimiques pouvant survenir dans un laboratoire. Consulter la Section 6.3.1

3.6.3.1 Liquides inflammables et toxiques

  • S’il est possible de le faire sans risque, fermer immédiatement toute source potentielle d’inflammation.
  • S’il y a un feu, avertir toutes les personnes présentes et éteindre complètement les flammes. S’il est impossible de contrôler le feu immédiatement, actionner l’alarme d’incendie la plus proche.
  • En l’absence de flammes, verser un adsorbant autour du périmètre du déversement et couvrir ensuite le reste de la substance. Porter un appareil respiratoire adéquat en présence de vapeurs toxiques.
  • Porter des gants capables de résister au produit chimique manipulé. À l’aide d’un ustensile de plastique (pour éviter de créer des étincelles), ramasser le déversement absorbé, mettre le tout dans un sac de plastique, fermer le sac hermétiquement et le placer dans un contentant étiqueté.

3.6.3.2 Liquides corrosifs

  • Avertir toutes les personnes présentes. Évacuer les lieux si des vapeurs se libèrent.
  • Ne pas essayer d’essuyer un liquide corrosif à moins qu’il soit très dilué.
  • Il faut porter des gants, des bottes, un tablier et des lunettes protectrices au moment de procéder à la neutralisation d’une grande quantité de substance corrosive déversée. Le port d’un appareil respiratoire est requis si le liquide dégage des vapeurs ou gaz corrosifs.
  • Verser la substance neutralisante ou adsorbante requise autour du périmètre du déversement, ajouter ensuite de l’eau avec précaution et encore plus de substance neutralisante à la surface confinée. Agiter avec précaution pour faciliter la neutralisation.
  • Vérifier à l’aide d’un papier indicateur de pH que toutes les surfaces contaminées sont neutralisées et prêtes pour un essuyage sans danger.
  • Lorsqu’on utilise un adsorbant (par ex. : des coussins absorbants) au lieu d’un neutralisant : ramasser le déversement absorbé, mettre le tout dans un sac de plastique et fermer hermétiquement celui-ci, déposer ensuite le sac dans une boîte étiquetée. Si la substance neutralisée ne contient pas de métaux toxiques lourds (p. ex. : du chrome), on la fait couler dans le drain avec beaucoup d’eau.

3.6.3.3 Solides corrosifs

On peut nettoyer les petits déversements avec un porte-poussière et un petit balai, alors qu’il faut utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA (haute efficacité pour les particules de l’air) pour nettoyer les déversements plus importants. Pour les déversements contenant de fines poussières, on recommande le port d’un appareil de protection respiratoire à adduction d’air filtré, ainsi que des gants, des lunettes à coques et un sarrau de laboratoire.

3.6.3.4 Solides toxiques

Éviter de remuer les solides toxiques (p. ex. : l’amiante) qui peuvent libérer des poussières toxiques. Mouiller complètement la substance et la placer ensuite dans un sac de plastique portant l’étiquette appropriée. S’il est impossible de mouiller la matière pour la ramasser, il faut utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA.

3.6.3.5 Gaz

En cas de dégagement d’un gaz corrosif (p. ex. : le chlore) ou d’un gaz absorbé par la peau (p. ex. : le cyanure d’hydrogène), le port d’une combinaison protectrice contre les produits chimiques et d’un appareil respiratoire autonome est nécessaire. Il n’existe pas de moyen pratique d’absorber ou de neutraliser un gaz – la fuite doit être colmatée à la source.

3.6.3.6 Mercure

Si une petite quantité de mercure est déversée (p. ex. : un thermomètre brisé), ramasser les gouttelettes au moyen d’une poire aspirante ou d’une éponge pour mercure; mettre le mercure dans un contenant et le couvrir avec de l’eau; fermer hermétiquement et bien étiqueter le contenant. Pour nettoyer les microgouttelettes résiduelles dans des fentes ou autres endroits difficiles à nettoyer, saupoudrer du soufre en poudre ou un autre produit disponible sur le marché pour les cas de contamination au mercure. Laisser agir la substance pendant plusieurs heures et balayer ensuite dans un sac de plastique, fermer hermétiquement et étiqueter le sac de façon appropriée.

Contacter le Service de santé, sécurité et environnement (poste 4563) pour surveiller les concentrations de mercure dans l’air.

En cas de déversement important de mercure, il faut fermer les lieux et porter un appareil respiratoire homologué pour les vapeurs de mercure durant le nettoyage. Un aspirateur spécial pour mercure est disponible au Programme de gestion des déchets (poste 5066) pour les déversements importants de mercure.

3.6.3.7 Catégories spéciales

Le présent manuel ne peut donner les procédures d’intervention pour toutes les catégories possibles de produits chimiques. Pour des renseignements supplémentaires sur les interventions relatives à d’autres catégories, consulter la fiche signalétique ou contacter le Service de santé, sécurité et environnement (poste 4563).

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4. Entreposage et manipulation au laboratoire

4.1 Directives générales sur l’entreposage

  • Ne jamais bloquer l’accès à l’équipement de sécurité pour les situations d’urgence, tels les extincteurs d’incendie, douches oculaires, douches d’urgence, trousses de premiers soins, ou les commandes des services publics comme les boîtes de disjoncteurs ou les vannes d’arrêt du gaz.
  • Éviter de bloquer les sorties ou les voies normales de passage : garder les corridors, passerelles et escaliers libres de produits chimiques, de boîtes, d’appareils et de prolongements de tablettes.
  • Voir à ce que le poids du matériel entreposé n’excède pas la limite de charge des étagères ou armoires.
  • S’assurer que les étagères murales sont munies de ferrures et supports pour fortes charges et qu’elles sont attachées aux montants ou à des cales solides. Inspecter régulièrement les brides de fixation, les supports, les ferrures de tablettes et autre quincaillerie de rayonnage.
  • Placer les objets de manière à ce qu’ils ne dépassent pas ou ne se projettent pas au-delà du bord des tablettes ou des comptoirs.
  • Ne pas empiler le matériel si haut que la stabilité est compromise.
  • Laisser un minimum of 18 pouces (45,7 cm) d’espace libre entre les têtes de sprinkler et le dessus des objets entreposés.
  • Utiliser un marchepied ou un escabeau pour accéder aux objets placés plus haut; ne jamais se tenir debout sur un tabouret ou une chaise.

4.2 Ergonomie

  • Entreposer les objets fréquemment utilisés entre la hauteur du genou et celle de l’épaule.
  • Entreposer les objets lourds sur les tablettes inférieures.

4.3 Entreposage de produits chimiques

  • Entreposer les produits chimiques dangereux dans un endroit qui n’est accessible qu’aux travailleurs de laboratoire autorisés.
  • Minimiser les quantités et la taille des contenants gardés au labo.
  • Ne pas entreposer les produits chimiques dans les allées, sous les lavabos ou sur les planchers, bureaux ou comptoirs.
  • Entreposer les produits chimiques loin des sources de chaleur (p. ex. : les fours ou tuyaux à vapeur) et de la lumière directe du soleil.
  • Ne jamais empiler des bouteilles les unes sur les autres.
  • Ne pas entreposer les produits chimiques plus haut que le niveau des yeux ou des épaules.
  • Placer les contenants plus volumineux sur les tablettes inférieures.
  • Conserver les liquides à l’intérieur de contenants secondaires résistants aux produits chimiques (comme des bacs ou caisses), assez grands pour contenir tout déversement.
  • Entreposer les produits chimiques à l’intérieur d’armoires munies de portes ou sur des tablettes solides ayant un rebord de 12,7 mm à 19 mm (½ - ¾ po) pour empêcher les contenants de tomber.
  • S’assurer que les produits chimiques ne peuvent tomber à l’arrière des tablettes.
  • Désigner des espaces de rangement particuliers pour chaque catégorie de produits chimiques, et remettre les réactifs à leur place après chaque utilisation.
  • Entreposer les produits chimiques volatils toxiques et malodorants de manière à empêcher la libération de vapeurs (p. ex. : contenant secondaire fermé, armoire ventilée, bouchon de paraffine).
  • Garder les produits inflammables devant être réfrigérés dans un réfrigérateur de laboratoire à l’épreuve de l’explosion.
  • Apposer une étiquette sur les produits chimiques réactifs ou instables (p. ex. : l’éther) affichant la date de réception et la date d’ouverture du contenant.
  • Inspecter les produits chimiques chaque semaine afin de déceler des signes de détérioration et pour voir si l’étiquette est en bon état.
  • Évacuer rapidement les produits chimiques indésirables en ayant recours au Programme de gestion des déchets.
  • Garder un inventaire des produits chimiques mis à jour chaque année.

4.4 Armoires de rangement pour liquides inflammables

Les produits chimiques inflammables doivent être entreposés dans des armoires de rangement pour liquides inflammables. Seuls les produits inflammables utilisés durant la journée peuvent être à l’extérieur de l’armoire. Les directives concernant l’utilisation des armoires demandent entre autres :

  • d’utiliser des armoires de rangement pour liquides inflammables approuvées par la National Fire Protection Association (NFPA - États-Unis) et Underwriter’s Laboratories (UL - États-Unis);
  • de garder les portes de l’armoire fermées au loquet;
  • de ne pas entreposer d’autres matières dans ces armoires.

4.5 Compatibilité chimique

Le plan d’entreposage décrit dans la Section 4.6 ci-dessous (Ségrégation des produits chimiques) peut ne pas suffire à empêcher le mélange de produits chimiques incompatibles. Certaines combinaisons dangereuses peuvent se produire même entre des produits chimiques de la même catégorie. Le Tableau 3 montre des exemples communs de combinaisons incompatibles.

Tableau 3 - Exemples de combinaisons incompatibles entre certains produits chimiques communément utilisés .

PRODUIT CHIMIQUE Empêcher le contact avec :
Acétylène chlore, brome, cuivre, fluor, argent, mercure
Acide acétique acide chromique, acide nitrique, composés hydroxylés, acide perchlorique, peroxydes, permanganate
Acide chromique acide acétique, naphtalène, camphre, glycérine, térébenthine, alcool, liquides inflammables
Acide fluorhydrique ammoniac anhydre, hydroxyde d’ammonium
Acide nitrique acide acétique, aniline, acide chromique, acide cyanhydrique, sulfure d’hydrogène, liquides inflammables, gaz inflammables
Acide oxalique argent, mercure
Acide perchlorique anhydride acétique, bismuth et ses alliages, matières organiques
Acide sulfurique chlorate de potassium, perchlorate potassique, permanganate de potassium (ou composés de métaux légers semblables, comme le sodium, le lithium, etc.)
Ammoniac anhydre mercure, chlore, hypochlorite de calcium, iode, brome, acide fluorhydrique
Aniline acide nitrique, peroxyde d’hydrogène
Argent acétylène, acide oxalique, acide tartrique, composés ammoniacaux
Brome mêmes que pour le chlore
Charbon actif hypochlorite de calcium, tous les agents comburants
Chlorate de potassium acide sulfurique et autres acides
Chlorates sels d’ammonium, acides, poudres métalliques, soufre, matières combustibles finement divisées
Chlore ammoniac, acétylène, butadiène, butane, méthane, propane (ou autres gaz de pétrole), hydrogène, carbure de sodium, térébenthine, benzène, métaux finement divisés
Cuivre acétylène, peroxyde d’hydrogène
Hydrocarbures fluor, chlore, brome, acide chromique, peroxyde de sodium
Iode acétylène, ammoniac (aqueux ou anhydre), hydrogène
Liquides inflammables nitrate d’ammonium, acides inorganiques, peroxyde d’hydrogène, peroxyde de sodium, halogènes
Mercure acétylène, acide fulminique, ammoniac
Métaux alcalins (ex. : sodium) eau, hydrocarbures chlorés, dioxyde de carbone, halogènes
Nitrate d’ammonium acides, poudres métalliques, liquides inflammables, chlorates, nitrites, soufre, matières combustibles finement divisées
Permanganate de potassium glycérine, éthylène glycol, benzaldéhyde, acide sulfurique
Peroxyde d’hydrogène cuivre, chrome, fer, la plupart des métaux ou leurs sels, alcools, acétone, aniline, nitrométhane, liquides inflammables, gaz comburants
Peroxyde de sodium alcool, acide acétique glacial, anhydride acétique, benzaldéhyde, disulfure de carbone, glycérine, éthylèneglycol, acétate d’éthyle, acétate de méthyle, furfural
Potassium tétrachlorure de carbone, dioxyde de carbone, eau
Sulfure d’hydrogène acide nitrique fumant, gaz comburants

4.6 Ségrégation des produits chimiques

  • Lire attentivement l’étiquette d’un produit chimique avant de l’entreposer. La FS (fiche signalétique) contient habituellement plus d’information sur l’entreposage du produit.
  • S’assurer que les produits chimiques incompatibles ne sont pas entreposés à proximité les uns des autres. Séparer les types suivants de produits chimiques selon le schéma de ségrégation présenté dans le Tableau 3. À noter qu’il s’agit d’un plan simplifié et que dans certains cas, des produits chimiques de la même catégorie peuvent être incompatibles.

Pour des renseignements plus détaillés, consulter la section de la fiche signalétique qui porte sur la réactivité, ou un manuel de référence sur les risques de réactivité chimique.

Tableau 4 - Ségrégation suggérée pour l'entreposage des produits chimiques

Produits inflammables

  • Entreposer dans une armoire coupe-feu reliée à la terre pour liquides inflammables
  • Séparer des matières comburantes

Examples:

  • acétone
  • éthanol
  • acide acétique glacial
 

Solvants ininflammables

  • Entreposer dans une armoire
  • Peuvent être conservés avec les liquides inflammables
  • Séparer des matières comburantes

Examples:

  • tétrachlorure de carbone
  • éthylène glycol
  • huile minérale

Acides

  • Entreposer dans une armoire pour substances incombustibles
  • Séparer les acides comburants des acides organiques
  • Séparer des caustiques, cyanures, sulfures

Examples:

  • acide nitrique
  • acide chlorhydrique
  • acide sulfurique
 

Caustiques

  • Entreposer dans un endroit sec
  • Séparer des acides

Examples:

  • hydroxyde d’ammonium
  • hydroxyde de sodium
  • hydroxyde de potassium

Produits chimiques réactifs à l’eau

  • Entreposer dans un endroit sec et frais
  • Séparer des solutions aqueuses
  • Protéger de l’eau des sprinklers

Examples:

  • Sodium
  • Potassium
  • Lithium
 

Agents d’oxydation

  • Entreposer dans une armoire pour substances incombustibles
  • Séparer des substances inflammables et combustibles

Examples:

  • hypochlorite de sodium
  • peroxyde de benzoyle
  • permanganate de potassium

Gaz comprimés non comburants

  • Entreposer dans un endroit bien aéré
  • Séparer physiquement des gaz comprimés comburants

Examples:

  • azote
  • hydrogène
  • dioxyde de carbone
 

Gaz comprimés comburants

  • Séparer physiquement des gaz inflammables comprimés

Examples:

  • oxygène
  • chlore
  • oxyde de diazote

Solides non volatils, non réactifs

  • Entreposer dans des armoires ou sur des tablettes ouvertes avec rebords

Examples:

  • agar
  • chlorure de sodium
  • bicarbonate de sodium
 
 

4.7 Produits chimiques instables

De nombreux produits chimiques, surtout les éthers (p. ex. : tétrahydrofurane, dioxane, oxyde de diéthyle, isopropoxypropane), peuvent se décomposer et se transformer en produits explosifs. Lorsqu’ils sont exposés à l’air et la lumière, les éthers, paraffines liquides et oléfines forment des peroxydes. Comme la plupart de ces produits ont été emballés à l’air ambiant, des peroxydes peuvent se former même si les contenants n’ont pas été ouverts.

  • Jeter les contenants d’éthers après un an, s’ils n’ont pas été ouverts.
  • Jeter les contenants d’éthers au plus tard six mois après les avoir ouverts.
  • Ne jamais manipuler des éthers au-delà de leur date d’expiration; communiquer avec votre coordonnateur local pour l’évacuation des déchets afin de faire stabiliser et enlever la matière.

Voici quelques exemples communs de composés sujets à la formation de peroxyde :

  • cyclohexène
  • dicyclopentadiène
  • oxyde de diéthyle (éther diéthylique)
  • oxyde de diméthyle (éther diméthylique)
  • dioxane
  • 2-isopropoxypropane (éther isopropylique)
  • tétrahydrofurane

L’étiquette et la fiche signalétique (FS) indiquent aussi si un produit chimique est instable.

4.8 Produits chimiques explosifs

De nombreux produits chimiques sont sujets à une décomposition rapide ou à l’explosion lorsqu’ils sont soumis à des forces telles qu’un choc, la vibration, l’agitation ou la chaleur. Certains deviennent de plus en plus sensibles aux chocs avec l’âge. Lorsqu’il sèche, l’acide picrique devient sensible aux chocs et explosif.

  • Consulter l’étiquette et la fiche signalétique pour savoir si un produit chimique est explosif.
  • Écrire les dates de réception et d’ouverture sur tous les contenants de produits chimiques explosifs ou sensibles aux chocs.
  • Inspecter tous ces contenants chaque mois.
  • Conserver les solutions d’acide picrique humides, c.-à-d. 30 % d’eau ou plus.
  • Jeter les contenants ouverts après six mois, et les contenants fermés après un an, à moins que le produit contienne des stabilisateurs.
  • Porter l’équipement de protection personnelle adéquat et mener les expériences derrière un écran facial.
  • Travailler avec de petites quantités.

Les groupements d’atomes suivants sont associés au risque d’explosion :

  • acétylure
  • oxyde aminé
  • azide
  • chlorate
  • diazo
  • diazonium
  • fulminate
  • n-haloamine
  • hypohalite
  • hydroperoxyde
  • nitrate
  • nitrite
  • nitroso
  • nitro
  • ozonide
  • perchlorate
  • peroxyde
  • picrate

Voici des exemples communs de substances connues pour être sensibles aux chocs et explosives :

  • nitrate d’ammonium
  • perchlorate d’ammonium
  • acétylure de cuivre
  • dinitrotoluène
  • fulminate de mercure
  • azoture de plomb
  • nitroglycérine
  • acide picrique (lorsque sec)
  • trinitrotoluène

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5. Sécurité incendie

Un incendie de laboratoire peut être provoqué par un bec Bunsen, une réaction chimique d’emballement, un appareil de chauffage électrique, la défaillance d’un appareil laissé sans surveillance ou défectueux, ou des circuits électriques surchargés. Il faut se familiariser avec le fonctionnement des extincteurs d’incendie et savoir où se trouvent les avertisseurs d’incendie, les sorties d’urgence et les chemins d’évacuation des lieux de travail. Si une alarme générale est déclenchée, il faut utiliser les chemins d’évacuation désignés pour votre secteur et suivre les indications de l’équipe d’évacuation. Une fois à l’extérieur de l’édifice, on doit s’éloigner des portes pour permettre aux autres de sortir.

5.1 Le triangle de feu

Un feu ne peut se produire sans une source d’inflammation, un combustible et une atmosphère oxydante (habituellement de l’air), ce sont les trois éléments qui forment le « triangle de feu » :

fire triangle

Un feu ne peut brûler en l’absence d’un ou l’autre de ces éléments, et il s’éteindra si on enlève un de ces éléments. Ce concept est utile dans la compréhension de la prévention et du contrôle des incendies. Par exemple, il faut éviter d’avoir dans un même lieu des vapeurs inflammables et des sources d’inflammation; lorsqu’il est impossible de contrôler les vapeurs inflammables, il est essentiel d’éliminer les sources d’inflammation.

5.2 Catégories d’incendies

La National Fire Protection Association (NFPA) a établi quatre catégories d’incendies selon le type de combustibles.

  • Catégorie A : incendies avec des combustibles tels le papier, le bois, les textiles, le caoutchouc et de nombreux plastiques.
  • Catégorie B : incendies brûlant des combustibles liquides comme les peintures à l’huile, les graisses, les solvants, les huiles et l’essence.
  • Catégorie C : incendies d’origine électrique (boîtes à fusibles, moteurs électriques, câbles électriques).
  • Catégorie D : incendies avec des métaux combustibles tels le magnésium, le sodium, le potassium et le phosphore.

5.3 Extincteurs d’incendie

Les extincteurs d’incendie ont une capacité minimum A, B, C ou D (ou des combinaisons de A, B, C et D) pour combattre les différentes catégories d’incendies. Il faut connaître les catégories d’extincteurs dans votre lieu de travail, afin de savoir quels types de feux ils pourraient éteindre.

Apprenez à utiliser l’extincteur dans votre laboratoire, puisque vous n’aurez pas le temps de lire les instructions dans une situation d’urgence. Vous pouvez seulement tenter de combattre un petit incendie, et seulement s’il y a un chemin d’évacuation derrière vous. N’oubliez pas de faire remplir l’extincteur après chaque usage : informez les Services d’immeuble au poste 4560 (poste 7828 sur le campus Macdonald). Si vous combattez un incendie, n’oubliez pas la méthode « TDPP » lorsque vous utilisez un extincteur :

  • T : Tirer et faire tourner la goupille pour briser le sceau.
  • D : Diriger le jet à la base des flammes.
  • P : Presser la poignée ou le levier supérieur pour dégager l’agent extincteur.
  • P : Passer l’extincteur d’un côté à l’autre jusqu’à ce que le feu soit complètement éteint.
  • Rester à proximité et répéter le processus si le feu s’allume de nouveau.

5.4 Prévention des incendies

Voici les précautions à prendre lorsqu’on utilise des produits chimiques inflammables dans un laboratoire; ces précautions s’appliquent aussi aux déchets chimiques inflammables.

  • Minimiser les quantités de liquides inflammables gardées au laboratoire.
  • Ne pas avoir de contenants qui dépassent la taille maximale précisée par la National Fire Protection Association (NFPA) pour les liquides inflammables, consulter l’Annexe 1.
  • Sauf pour les quantités requises par le travail à faire, conserver tous les liquides inflammables dans des armoires de rangement approuvées par la NFPA ou UL (Underwriter's Laboratories). Toujours garder les portes de l’armoire fermées avec un loquet. Ne pas entreposer d’autres matières dans ces armoires.
  • Utiliser et entreposer les gaz et liquides inflammables uniquement dans des endroits bien ventilés. Toujours travailler sous une hotte de laboratoire avec des produits dégageant des vapeurs inflammables.
  • Garder bien fermés les contenants de solvants inflammables, y compris les contenants pour la collecte des déchets. Déposer dans des cuves munies d’un évent, les réservoirs ouverts ou récipients de collecte pour les procédés utilisant des substances organiques comme la CLHP.
  • Entreposer dans des réfrigérateurs de laboratoire à l’épreuve des explosions, les produits chimiques inflammables devant être réfrigérés (sans étincelles).
  • Garder les produits chimiques inflammables loin des sources d’inflammation telles que la chaleur, les étincelles, les flammes et la lumière solaire directe. Éviter de faire de la soudure à proximité de produits inflammables.
  • Attacher et relier à la terre les grands contenants métalliques de liquides inflammables en entrepôt. Afin d’éviter l’accumulation de la charge électrostatique, attacher les contenants ensemble pour la distribution.
  • Utiliser des cannettes de sécurité portables pour l’entreposage, la distribution et le transport de liquides inflammables.
  • Nettoyer le plus rapidement possible les déversements de liquides inflammables.

5.5 Évacuations

Lorsqu’une alarme générale est déclenchée, suivez les chemins d’évacuation établis pour votre secteur; n’utilisez pas les ascenseurs. Suivez les instructions données par l’équipe d’évacuation. Une fois à l’extérieur de l’édifice, on doit s’éloigner des portes pour permettre aux autres de sortir.

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6. Élimination des déchets dangereux

6.1 Réduction des déchets

Afin de réduire le plus possible la quantité de déchets dangereux mis aux rebuts, il est important de suivre les directives ci-dessous.

  • Éviter d’accumuler les stocks : les excédents de stocks sont une des principales sources de gaspillage dans les laboratoires – le résultat d’achats excessifs. De récentes ententes sur les prix avec les fournisseurs ont grandement diminué l’avantage d’acheter des quantités importantes de produits chimiques. Il n’est pas non plus vraiment nécessaire d’entreposer de grandes quantités de produits chimiques, puisque les commandes sont généralement livrées le lendemain.
  • Ne pas accepter les dons de substances qu’on ne prévoit pas utiliser. Dans le passé, de nombreuses entreprises se débarrassaient des réactifs non désirés en les donnant aux laboratoires, ce qui signifiait que le coût de leur élimination éventuelle était transféré à l’Université.
  • Substituer des substances inoffensives aux produits dangereux pour effectuer les expériences; par exemple, utiliser des liquides de scintillation biodégradables à base d’eau, chaque fois que c’est possible.

6.2 Directives sur l’élimination des déchets dangereux

  • Étiqueter complètement et lisiblement tous les déchets, en utilisant les étiquettes fournies par le Programme de gestion des déchets (PGD, poste 5066). Les contenants mal étiquetés ne seront pas acceptés.
  • Emballer les déchets dans des contenants approuvés, fournis par le PGD.
  • Les contenants trop remplis ou qui fuient ne seront pas acceptés.
  • Ne jamais envoyer des déchets à l’égout sans vérifier au préalable que les règlements sur les déchets dangereux vous permettent de le faire. Communiquer avec le PGD pour l’information à ce sujet.

6.3 Procédures de préparation des déchets

6.3.1 Déchets chimiques

6.3.1.1 Huiles et solvants organiques

  • Recueillir dans les contenants fournis par le Programme de gestion des déchets (PGD, poste 5066).
  • Sur l’étiquette attachée, indiquer la composition du contenu avec le plus de précision possible.

6.3.1.2 Divers produits chimiques et bouteilles

  • Remplir le formulaire d’inventaire des produits chimiques de laboratoire et l’envoyer au PGD (fax 4633)).
  • Attendre les instructions.

6.3.1.3 Produits chimiques de composition inconnue

  • Les produits chimiques inconnus ne peuvent être acceptés.
  • Analyser les produits ou contacter le PGD pour obtenir une analyse (aux frais du producteur des déchets).

6.3.1.4 Produits chimiques formant des peroxydes (p. ex. : éther) et explosifs (p. ex. : acide picrique sec)

  • Ne pas mélanger avec des solvants ou d’autres déchets.
  • Si la substance a plus d’un an, ne pas essayer d’ouvrir ou de déplacer le contenant. Contacter le PGD pour obtenir un avis.

6.3.1.5. Produits corrosifs (acides et bases)

  • Recueillir les acides (pH<7) et les bases (pH>7) séparément dans des contenants de plastique fournis par le PGD. Ne pas mélanger les acides et les bases.
  • Indiquer sur l’étiquette attachée, la composition du contenu avec le plus de précision possible.

6.3.2 Déchets biomédicaux

6.3.2.1 Carcasses d’animaux

  • Déposer les déchets biomédicaux dans des contenants doublés de plastique fournis par le Programme de gestion des déchets (PGD, poste 5066).
  • S’assurer que le poids de chaque contenant n’excède pas 40 livres (18 kg).
  • Entreposer dans un endroit réfrigéré.

6.3.2.2 Déchets de laboratoire infectieux

  • Déposer dans des contenants pour déchets biomédicaux doublés de plastique fournis par le PGD.

6.3.2.3 Objets pointus ou tranchants infectieux

Consulter la Section 6.3.3.1 pour plus de détails.

6.3.2.4 Sang et matériel contaminé par du sang

  • On peut jeter le sang non coagulé dans the drain sanitaire. Réserver un évier à cet usage.
  • Après avoir vidé le sang, décontaminer l’évier avec de l’eau de javel diluée à 5-10 %. Laisser agir pendant 20 minutes, puis rincer avec de l’eau.
  • Éliminer le matériel contaminé par du sang comme pour les déchets de laboratoire infectieux.

6.3.3 Objets pointus ou tranchants

6.3.3.1 Définition d’objets pointus ou tranchants

Les objets pointus ou tranchants sont tous les objets qui peuvent percer les sacs de plastique, par exemple : les aiguilles de seringue, les lames de scalpel, les pipettes de verre et de plastique, les embouts jetables de pipettes, etc.

6.3.3.1.1 Objets pointus ou tranchants contaminés

  • Apposer une étiquette portant la mention « OBJETS POINTUS OU TRANCHANTS » (SHARPS en anglais), le symbole approprié d’avertissement de danger (p. ex. : biorisque, radioactif) et le nom du chercheur principal, sur un récipient de plastique anti-perforation (p. ex. : un récipient vide d’eau de javel).
  • Jeter les récipients d’objets pointus ou tranchants contaminés par des substances infectieuses dans les contenants de déchets biomédicaux en suivant la procédure pour les déchets de laboratoire infectieux (Section 6.3.2.2).
  • Jeter les récipients d’objets pointus ou tranchants contaminés par des matières radioactives en suivant la procédure pour les déchets radioactifs solides (Section 6.3.4.1).

6.3.3.1.2 Objets pointus ou tranchants non contaminés

  • Apposer une étiquette portant la mention « OBJETS POINTUS OU TRANCHANTS » (SHARPS en anglais) et le nom du chercheur principal sur un récipient de plastique anti-perforation (bouteille de plastique à embouchure large ou boîte de carton solide doublée de plastique).
  • Accumuler sans faire déborder les objets pointus ou tranchants dans le récipient désigné.
  • Lorsque le récipient est plein, il faut le fermer hermétiquement et le déposer à côté du conteneur de déchets ordinaires pour la collecte par le personnel d’entretien.

6.3.3.2 Verre brisé (non contaminé)

  • • Désigner une boîte en carton pour y mettre le verre brisé; y coller l’étiquette « VERRE BRISÉ ». Lorsque la boîte est pleine, la fermer hermétiquement avec du ruban adhésif et la déposer à côté du conteneur de déchets ordinaires pour la collecte par le personnel d’entretien.

6.3.3.3 Bouteilles vides de réactifs

  • Retirer le capuchon de la bouteille vide et laisser s’évaporer les matières volatiles dans la hotte de laboratoire.
  • Rincer la bouteille trois fois avec l’eau du robinet et laisser sécher.
  • Retirer ou rayer l’étiquette.
  • Placer la bouteille débouchée à côté du conteneur de déchets.

6.3.4 Déchets radioactifs

6.3.4.1 Déchets solides (sauf de sources scellées)

  • Dans la mesure du possible, emballer les radio-isotopes émetteurs de particules alpha séparément des autres radio-isotopes.
  • Dans la mesure du possible, emballer les radio-isotopes à longue vie (demi-vie radioactive > 10 ans) séparément des radio-isotopes à courte vie.
  • Accumuler les déchets dans les contenants fournis pour les déchets radioactifs solides.
  • Mettre à jour l’information sur l’étiquette au moment où les déchets sont déposés dans le contenant.

6.3.4.2 Sources scellées et sources en capsule

  • Ne pas emballer des sources scellées avec d’autres types de déchets.
  • Contacter votre coordonnateur local responsable des déchets dangereux.

6.3.4.3 Flacons à scintillation liquide

  • Laisser les fluides dans leur flacon.
  • Déposer les flacons dans des barils de 45 gallons réservés à cette fin dans l’aire d’entreposage des déchets de votre édifice et écrire l’information requise sur la feuille d’inventaire attachée au baril.

6.3.4.4 Déchets radioactifs liquides

  • • On peut jeter à l’égout ordinaire les déchets liquides aqueux à une quantité réglementaire de 0,01 par litre ou moins.
    N.B. Il est illégal de diluer les liquides dans le but de réduire la radioactivité jusqu’à cette quantité ou moins. Consulter le responsable de la radioprotection si vous avez besoin d’aide pour déterminer les quantités réglementaires.
  • Des contenants sont mis à la disposition des laboratoires qui ne peuvent éviter de produire des déchets radioactifs liquides. Afin de contrôler les coûts, on vous demande de faire attention de ne remplir ces contenants qu’avec ces substances.

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7. Ventilation du laboratoire et hottes à aspiration

7.1 Ventilation générale

La ventilation générale, aussi nommée ventilation par dilution, dilue l’air intérieur grâce à un apport d’air frais de l’extérieur, et elle sert à :

  • maintenir la température, l’humidité et le mouvement de l’air à un niveau confortable pour les occupants de la pièce;
  • diluer les contaminants de l’air à l’intérieur; remplacer l’air évacué à l’extérieur par les dispositifs de ventilation locale comme les hottes à aspiration;
  • fournir une atmosphère contrôlée dans des secteurs particuliers comme les salles d’opération ou d’ordinateurs.

Les systèmes de ventilation générale comportent l’alimentation en air et l’évacuation de l’air. L’alimentation en air peut se faire au moyen d’un système central CVC (chauffage, ventilation et climatisation) ou par des fenêtres qui s’ouvrent, surtout dans les édifices plus anciens. L’air du laboratoire peut être évacué au moyen d’un dispositif de ventilation locale ou par des retours d’air connectés au système CVC.

7.2 Dispositifs de ventilation locale

Les systèmes de ventilation locale captent à la source la chaleur ou les contaminants (biologiques, chimiques, radioactifs) dans l’air. Dans les laboratoires, parmi les dispositifs communs de ventilation par aspiration à la source, il y a les :

7.2.1 Hottes à aspiration de matières chimiques

Les hottes à aspiration de matières chimiques sont des unités encastrées munies d’un châssis coulissant pour ouvrir ou fermer la hotte. Elles peuvent capter et évacuer même les vapeurs lourdes, et on les préfère pour tous les travaux de laboratoire comportant la manipulation d’un produit chimique dangereux. Consulter la Section 7.4 ci-dessous au sujet de l’utilisation sécuritaire d’une hotte à aspiration de matières chimiques.

7.2.2 Hottes fermées

Les hottes fermées (sorbonnes) sont conçues de manière à capter la chaleur d’un processus ou d’un appareil comme le spectromètre d’absorption atomique ou l’autoclave; une voûte ou un capot est suspendu au-dessus d’un processus et connecté à un conduit d’évacuation. Les caractéristiques suivantes font que les hottes fermées sont moins efficaces que les hottes à aspiration de matières chimiques :

  • elles aspirent l’air vicié à travers la zone de respiration de l’utilisateur;
  • elles ne captent pas les vapeurs lourdes;
  • elles assurent un confinement moindre que les hottes à aspiration de matières chimiques, et leur efficacité est plus affectée par la turbulence de l’air;
  • elles n’assurent pas une aspiration adéquate à plus de quelques centimètres de l’ouverture de la hotte.

7.2.3 Hottes à fentes

Les hottes à fentes ont une ou plusieurs ouvertures horizontales ou fentes étroites à l’arrière de la surface de travail; les fentes sont reliées au conduit d’extraction. Ces hottes sont utilisées uniquement pour le travail avec des produits chimiques de toxicité faible à modérée, comme le développement de photographies en noir et blanc.

7.2.4 Enceintes de sécurité biologique

Les enceintes de sécurité biologique servent au travail avec des biomatières; selon le type d’enceinte, elles assurent la protection de l’environnement, de l’utilisateur et/ou du produit. Elles ne sont pas recommandées pour le travail avec des produits chimiques dangereux parce que la plupart des modèles recyclent l’air à l’intérieur du laboratoire, et parce que certains produits chimiques peuvent endommager le filtre HEPA qui fait partie intégrante de la fonction de protection. Le Manuel de biosécurité de McGill fait une description plus détaillée des enceintes de sécurité biologique.

7.2.5 Connexions directes

Les connexions directes assurent une évacuation directe des contaminants à l’extérieur et elles servent à la ventilation des :

  • armoires de rangement de liquides inflammables;
  • armoires d’entreposage d’autres produits chimiques toxiques;
  • réservoirs de solvants et de déchets, comme dans les systèmes CLHP à solvants;
  • cuves de réaction, analyseurs d’échantillons, fours, séchoirs et orifices de sortie de pompe à vide.

7.3 Ventilation équilibrée et confinement

La ventilation est réglée de façon à ce que l’évacuation de l’air du laboratoire soit plus grande que l’arrivée d’air, ce qui entraîne une pression négative nette (vide) dans le laboratoire. La pression négative tire l’air des alentours vers le laboratoire, ce qui empêche les produits chimiques aériens dangereux, le rayonnement ou les micro-organismes infectieux de se répandre à l’extérieur du laboratoire s’ils sont accidentellement libérés dans le laboratoire. L’équilibrage de la ventilation du laboratoire doit tenir compte de la quantité d’air évacuée par les ventilateurs d’extraction locale comme les hottes à aspiration. Les laboratoires modernes n’ont pas de fenêtres mobiles, car l’ouverture des fenêtres tend à pressuriser une pièce, ce qui pousse l’air du laboratoire vers les pièces adjacentes.

7.4 Utilisation sécuritaire des hottes à aspiration de matières chimiques

Utilisées et entretenues adéquatement, les hottes à aspiration offrent une protection considérable, à condition que l’utilisateur en connaisse les capacités et les limites. La norme de rendement pour les hottes à aspiration est une vitesse face minimale de 100 mètres linéaires par minute à mi-hauteur du châssis. Un anénomètre est disponible au Service de santé, sécurité et environnement pour déterminer la vitesse face d’une hotte. Appliquez les directives ci-dessous pour vous assurer que votre hotte de laboratoire fournit le plus haut degré de protection.

  1. Garder sous la hotte de laboratoire uniquement les matières requises pour l’expérience en cours. L’encombrement de la hotte perturbe la circulation de l’air.
  2. S’il faut avoir un appareil volumineux à l’intérieur d’une hotte, cet appareil doit reposer sur des blocs ou des pattes pour permettre la circulation de l’air en-dessous.
  3. Faire fonctionner la hotte avec le châssis aussi bas que possible. Le fait de réduire l’ouverture augmente la vitesse face.
  4. Travailler le plus profondément possible dans la hotte. On recommande au moins six pouces à l’intérieur.
  5. Éviter de se pencher dans la hotte. Cela perturbe la circulation de l’air et votre tête se trouve ainsi dans l’atmosphère contaminée de la hotte.
  6. Éviter de faire des mouvements brusques d’entrée et de sortie de la hotte, ou de provoquer des contre-courants d’air en passant rapidement devant la hotte. L’ouverture d’une porte ou d’une fenêtre peut parfois causer de forts courants d’air qui perturbent la circulation de l’air dans la hotte.
  7. Les appareils de chauffage doivent se trouver à l’arrière de la hotte.
  8. Ne jamais utiliser une hotte pour une fonction autre que ce pour quoi elle a été conçue, comme la manipulation de l’acide perchlorique, certains radio-isotopes, etc.
  9. Garder la porte de la hotte fermée lorsqu’elle est laissée sans surveillance.
  10. Ne pas oublier que les lavabos à l’intérieur des hottes à aspiration ne sont pas conçus pour l’élimination des déchets chimiques.

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8. Gaz comprimés et cryogénie

8.1 Dangers des gaz comprimés

Les gaz comprimés sont dangereux en raison de la pression élevée à l’intérieur des bouteilles. Une bouteille décapsulée de gaz comprimé qui n’est pas attachée peut se renverser et le robinet de la bouteille peut se briser en laissant brusquement s’échapper le gaz sous haute pression. La bouteille se transforme alors en roquette ou en moulinet incontrôlable pouvant provoquer des blessures graves et des dommages. L’échappement mal contrôlé de gaz comprimé dans le laboratoire peut faire éclater des cuves de réaction, provoquer des fuites dans le matériel et les boyaux, ou des réactions chimiques d’emballement. Les gaz comprimés peuvent aussi avoir des propriétés inflammables, comburantes, dangereusement réactives, corrosives ou toxiques. Des gaz inertes tels l’azote, l’argon, l’hélium et le néon peuvent déplacer l’air, réduisant ainsi les niveaux d’oxygène dans des endroits mal ventilés et provoquer l’asphyxie.

8.2 Manipulation, entreposage et transport sécuritaires des bouteilles de gaz comprimé

  • Toutes les bouteilles de gaz, qu’elles soient pleines ou vides, doivent être assujetties à un râtelier ou support sécuritaire à l’aide de courroies ou de chaînes.
  • Retirer le régulateur et attacher le bouchon protecteur lorsque les bouteilles ne sont pas utilisées ou sont transportées.
  • Utiliser un chariot adéquat pour le transport des bouteilles. Attacher la bouteille au chariot à l’aide d’une courroie ou d’une chaîne.
  • Vérifier si le régulateur est adéquat pour le gaz utilisé et la pression de sortie. Il ne faut pas se fier au manomètre pour indiquer les pressions limites; consulter les spécifications du régulateur.
  • Ne pas utiliser des adaptateurs ou du ruban pour joints filetés pour attacher les régulateurs aux bouteilles de gaz.
  • Ne jamais vider complètement une bouteille; laisser une pression résiduelle.
  • Ne pas lubrifier le côté haute pression d’un régulateur d’oxygène.
  • Ne pas exposer les bouteilles à des températures extrêmes.
  • Entreposer séparément les catégories de gaz incompatibles.

8.3 Dangers liés aux cryogènes

Les cryogènes sont des substances maintenues à très basse température comme la glace sèche (CO2 solide) et l’air liquide, ou des gaz tels l’azote, l’oxygène, l’hélium, l’argon et le néon. Les dangers suivants sont associés à l’utilisation des cryogènes :

  • l’asphyxie due au déplacement d’oxygène (ne s’applique pas à l’air ou à l’oxygène liquide);
  • le fendillement du matériel sous l’effet du froid extrême;
  • les gelures;
  • l’explosion due à l’accumulation de pression;
  • la condensation d’oxygène et de combustible (p. ex. : hydrogène et hydrocarbures), ce qui produit des mélanges explosifs.

8.4 Précautions à prendre avec les cryogènes

  • Contrôler l’accumulation de glace.
  • Utiliser uniquement des contenants à basse pression munis d’un dispositif de protection contre la surpression.
  • Protéger la peau et les yeux du contact avec les cryogènes; porter des lunettes protectrices et des gants isolants.
  • Utiliser et conserver les cryogènes dans des endroits bien ventilés.
  • Garder loin des étincelles ou des flammes.
  • Utiliser des matières pouvant résister au fendillement (p. ex. : tubes en caoutchouc naturel).
  • Éviter de porter une montre, des bagues, bracelets ou autres bijoux qui pourraient retenir contre la peau les liquides cryogènes au moment de l’utilisation.
  • Pour empêcher l’expansion thermique et la rupture des contenants, ne les remplir qu’à 80 % de leur capacité.

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9. Dangers physiques et ergonomie

9.1 Utilisation sécuritaire des appareils électriques

  • Acheter et utiliser uniquement des appareils électriques homologués CSA.
  • Toutes les prises électriques doivent avoir une mise à la terre pour fiche à trois broches.
  • Ne jamais retirer la broche de mise à la terre d’une fiche à trois broches.
  • Débrancher un câble en tirant sur la fiche, non sur le câble.
  • Tous les appareils électriques doivent être munis d’une fiche de mise à la terre (sauf les appareils de chauffage avec tissu de verre et certains types d’oscillographes nécessitant une mise à la terre séparée).
  • Toute installation électrique doit être faite ou approuvée par un électricien agréé.
  • Avant de manipuler un appareil électrique mouillé, on doit couper le courant à partir du commutateur principal ou du disjoncteur. Il faut savoir où se trouvent ces dispositifs.
  • Savoir comment couper le courant électrique au laboratoire en cas d’urgence.
  • L’accès aux panneaux de disjoncteurs doit être libre et ceux-ci doivent indiquer clairement quels appareils ils contrôlent.
  • S’assurer que tous les câbles sont secs avant de brancher des circuits.
  • Tout appareil électrique dont les câbles sont effilochés doit être réparé avant d’être utilisé.
  • Étiqueter et débrancher les appareils défectueux.
  • S’assurer que tout le potentiel électrique est déchargé avant d’entreprendre la réparation de tout appareil contenant des réserves de courant haute tension ou des condensateurs.
  • Limiter l’utilisation des rallonges électriques et éviter de les installer en travers des endroits passants.
  • Utiliser uniquement des extincteurs d’incendie au CO2, au halon, ou à la poudre extinctrice contre les incendies électriques.
  • Utiliser des disjoncteurs de fuite de terre pour tout dispositif électrique servant à administrer un courant électrique à des sujets humains ou à mesurer les signaux électriques chez les sujets humains.

9.2 Travail avec la haute pression ou sous vide

Les différences de pression entre un appareil et l’atmosphère sont à l’origine de nombreux accidents dans les laboratoires. Des récipients de verre sous vide ou sous pression peuvent imploser ou exploser, ce qui peut provoquer des coupures par projectiles et des éclaboussures à la peau et aux yeux. Le verre peut se briser même s’il est soumis à des différences de pression minimes. Les changements rapides de température, comme ceux qui se produisent au moment de retirer des contenants de liquides cryogéniques, peuvent entraîner des variations de pression, tout comme les réactions chimiques effectuées dans des contenants fermés hermétiquement.

On peut réduire les dangers liés aux travaux avec haute pression ou sous vide :

  • vérifier s’il y a des défauts comme des fêlures, des égratignures et des fissures de corrosion avant d’utiliser un appareil de mise sous vide;
  • utiliser des récipients spécialement conçus pour le travail sous vide. Les flacons à paroi mince ou les ballons à fond rond d’une capacité supérieure à 1 L ne doivent jamais être mis sous vide;
  • installer un appareil de mise sous vide de façon à éviter la tension; un appareil lourd doit être supporté à la base et au niveau du col;
  • coller du ruban adhésif sur les appareils de verre sous vide pour réduire les projectiles en cas d’implosion;
  • utiliser un écran de protection adéquat au moment d’exécuter des procédures sous pression ou sous vide;
  • permettre le retour à la pression atmosphérique avant d’ouvrir un dessicateur sous vide ou après avoir retiré un récipient d’échantillons d’un réservoir cryogénique;
  • porter un équipement de protection des yeux et du visage au moment de manipuler un appareil sous vide ou sous pression.

9.3 Travail répétitif et ergonomie

L’ergonomie traite de l’adaptation du milieu de travail au travailleur. L’exécution de certaines tâches sans tenir compte des principes ergonomiques peut causer :

  • la fatigue;
  • une pathologie gestuelle articulaire;
  • des foulures, douleurs et blessures dues aux contraintes biomécaniques;
  • la fatigue oculaire due à l’exposition prolongée à un terminal à écran;
  • une baisse du moral.

Les facteurs qui augmentent le risque de blessure musculo-squelettique sont :

  • des postures ou des mouvements incommodes;
  • des mouvements répétitifs;
  • l’application de la force.

Dans un laboratoire, il faut considérer les éléments ergonomiques suivants :

  • la hauteur de la table de laboratoire et du banc de travail convient à tout le personnel;
  • les chaises du laboratoire sont munies de roulettes, elles sont solides (5 pattes) et ajustables (hauteur et angle du siège, hauteur du dossier);
  • les terminaux à écran sont installés au niveau des yeux ou légèrement au-dessous, et sont placés de manière à éviter le reflet des lumières ou des fenêtres;
  • la position des claviers d’ordinateur et des dispositifs de pointage permettent d’avoir les poignets en position neutre et les avant-bras à l’horizontale;
  • la couleur, la dimension des lettres et le contraste des moniteurs de visualisation sont optimisés afin d’éviter la fatigue oculaire;
  • les postes de travail sont conçus de manière à éviter le plus possible l’obligation de se pencher, d’étendre les bras, de s’étirer ou de se tourner pour atteindre des objets;
  • les appareils produisant des vibrations tels l’agitateur-mélangeur vortex et le pipeteur à pompe ne sont pas utilisés pendant de longues périodes de temps;
  • les boutons sur les appareils sont à la portée de la main et de bonne dimension;
  • les articles lourds ne sont pas transportés ni manipulés;
  • les travailleurs de laboratoire utilisent les bonnes techniques pour lever ou déplacer le matériel;
  • les paramètres de la qualité de l’air, la température, l’humidité et l’alimentation en air sont confortables;
  • les planchers sont antidérapants;
  • les niveaux de bruit ne sont pas excessifs.

9.4 Utilisation sécuritaire des objets de verre

  • Se servir d’un porte-poussière et d’un balai pour ramasser du verre brisé, au lieu de le faire avec la main.
  • • Déposer le verre brisé dans un contenant rigide bien étiqueté pour le jeter séparément des déchets ordinaires (consulter les Procédures de préparation des déchets, Section 6.3).
  • Protéger le verre qui est mis sous haute pression ou sous vide. On minimise la possibilité de projectiles en enveloppant les récipients de verre avec du ruban toile.
  • La résistance du verre est amoindrie par les tensions quotidiennes comme le chauffage et les secousses. Manipuler les objets de verre usés avec la plus grande précaution.
  • Jeter ou réparer tous les objets de verre endommagés, car les récipients ébréchés, écaillés ou portant des craquelures étoilées ne peuvent supporter les tensions normales.

Pour manipuler les tiges ou tubes de verre :

  • polir les extrémités à la flamme;
  • lubrifier avec de l’eau ou de la glycérine pour insérer dans un obturateur;
  • s’assurer que les trous de l’obturateur sont de la bonne dimension, pas trop petits;
  • insérer en faisant attention, avec un léger mouvement de torsion, en gardant les mains rapprochées; et
  • utiliser des gants ou un linge pour se protéger les mains.

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10. Sécurité du matériel

À l’achat de matériel de laboratoire, il faut choisir de préférence ce qui

  • limite le contact entre l’utilisateur et la matière dangereuse, l’énergie mécanique et électrique;
  • est à l’épreuve de la corrosion, facile à décontaminer et imperméable;
  • n’a pas de bords tranchants ni bavures.

Il faut prendre toutes les précautions possibles pour éviter la contamination du matériel. Pour minimiser le risque de défectuosité d’un appareil qui pourrait causer une fuite, un déversement ou la production inutile de pathogènes aérosolisés :

  • prendre connaissance de la documentation fournie par le fabricant et la conserver pour consultation future;
  • utiliser et entretenir le matériel en suivant les indications du fabricant;
  • s’assurer que toute personne utilisant un instrument ou un appareil en particulier, reçoit la formation nécessaire pour l’installation, l’utilisation et le nettoyage de l’appareil;
  • décontaminer l’appareil avant de l’envoyer réparer ou de le jeter.

Les sections qui suivent résument les précautions à prendre et procédures à appliquer avec certains appareils communément utilisés dans les laboratoires.

10.1 Centrifugeuses

Les centrifugeuses mal utilisées ou mal entretenues peuvent représenter un grave danger pour les utilisateurs. Des pièces mécaniques défectueuses peuvent projeter des objets dans l’air, libérer des produits chimiques et des aérosols biologiques dangereux. Le tournoiement à grande vitesse des centrifugeuses peut produire d’importantes quantités d’aérosols en cas de déversement, de fuite ou de bris d’un tube.

  • avant l’utilisation, vérifier les tubes de verre et de plastique de la centrifugeuse pour déceler la présence de trajectoires de tension, de fissures capillaires ou de rebords ébréchés; il faut utiliser des tubes incassables lorsque c’est possible;
  • éviter de remplir les tubes jusqu’au bord;
  • poser des couvercles ou obturateurs sur les tubes de centrifugeuse; éviter les matériaux légers comme le papier d’aluminium pour former un couvercle;
  • utiliser des godets ou rotors de centrifugeuse hermétiques (godets de sécurité), qui peuvent être chargés ou déchargés dans une enceinte de sécurité biologique; décontaminer l’extérieur des coupelles ou godets avant et après la centrifugation; inspecter régulièrement les joints toriques et les remplacer s’ils sont crevassés ou secs;
  • s’assurer que la centrifugeuse est bien équilibrée;.
  • ne jamais retirer le couvercle durant ou immédiatement après l’utilisation, ni essayer d’immobiliser le rotor en mouvement avec la main ou un objet, ni entraver le mécanisme de verrouillage de sécurité;
  • laisser décanter les supernageants avec précaution et éviter de brasser vigoureusement lors de la remise en suspension.

Lorsqu’on utilise une ultracentrifugeuse ou centrifugeuse haute vitesse, il faut ajouter les pratiques suivantes :

  • connecter l’échappement de la pompe à vide à un piège sanitaire;
  • inscrire chaque traitement dans un livret de contrôle : conserver un registre de la vitesse et de la durée du cycle pour chaque rotor;
  • installer un filtre HEPA entre la centrifugeuse et la pompe à vide pour le travail avec des biomatières dangereuses;
  • ne jamais dépasser les limites de vitesse spécifiées pour le rotor.

10.2 Appareils d’électrophorèse

  • S’assurer que l’appareil d’électrophorèse est bien relié à la terre et muni d’interverrouillages électriques. Ne pas passer outre aux verrouillages de sécurité.
  • Inspecter régulièrement l’appareil d’électrophorèse pour déceler la présence de dommages et les possibilités de fuite de la cuve.
  • Installer l’appareil à l’écart des aires de circulation dense, et toujours loin des lieux humides où il y a des lavabos ou des appareils de lavage.
  • Poser des panneaux d’avertissement.

10.3 Bains chauffants, bains-marie

Les bains chauffants maintiennent les matières immergées à une température constante. Ils peuvent contenir diverses matières selon la température requise : de l’eau, de l’huile minérale, de la glycérine, de la paraffine ou des huiles de silicone, avec des températures pouvant atteindre 300oC. Il faut prendre les précautions suivantes avec un bain chauffant :

  • l’installer sur une surface stable, loin de toute matière inflammable et combustible, y compris le bois et le papier;
  • le déplacer uniquement après le refroidissement du liquide à l’intérieur;
  • s’assurer qu’il est muni d’un contrôle de chaleur par redondance ou d’un arrêt automatique qui coupe le courant si la température dépasse une limite préétablie;
  • l’utiliser avec le thermostat réglé bien au-dessous du point d’éclair du liquide chauffant utilisé;
  • s’assurer qu’il est muni d’un thermomètre afin de pouvoir vérifier de visu la température du bain. br /> Le bain chauffant le plus souvent utilisé dans les laboratoires est le bain-marie. Pour bien utiliser un bain-marie :
    • le nettoyer régulièrement; on peut ajouter un désinfectant à l’eau, un détergent phénolique par exemple;
    • éviter l’utilisation de l’azoture de sodium afin de prévenir la croissance de micro-organismes; l’azoture de sodium forme des composés explosifs avec certains métaux;
    • augmenter la température à 90oC ou plus durant 30 minutes une fois par semaine pour le décontaminer;
    • débrancher l’appareil avant de le remplir ou le vider, et faire vérifier régulièrement la continuité entre la mise à la terre et l’appareil.

10.4 Secoueurs, mélangeurs et sonicateurs

Lorsqu’utilisés avec des agents infectieux, les appareils de malaxage tels les secoueurs, mélangeurs, sonicateurs, broyeurs et homogénéisateurs peuvent provoquer la libération d’importantes quantités d’aérosols dangereux, et on devrait les faire fonctionner à l’intérieur d’une enceinte de sécurité biologique dans la mesure du possible. Les appareils tels que les mélangeurs et agitateurs peuvent aussi produire de grandes quantités de vapeurs inflammables. Afin de réduire les risques associés avec ce type d’appareils, il faut :

  • sélectionner et acheter un appareil ayant des caractéristiques de sécurité qui réduisent les risques de fuite;
  • sélectionner et acheter un appareil de malaxage muni d’un moteur sans étincelles;
  • vérifier l’état des joints statiques, des couvercles et des bouteilles avant l’utilisation; jeter les articles endommagés;
  • permettre aux aérosols de se déposer pendant au moins une minute avant d’ouvrir un contenant;
  • couvrir le dessus d’un mélangeur d’une serviette imbibée de désinfectant durant le fonctionnement, lorsqu’on utilise des biomatières dangereuses;
  • immerger la pointe du sonicateur dans la solution à une profondeur suffisante afin d’éviter la création d’aérosols;
  • décontaminer toutes les surfaces exposées après usage.

10.5 Fours et plaques chauffantes

Les fours de laboratoire servent à cuire ou fumer une matière, dégager des gaz, déshydrater des échantillons et sécher des objets de verre.

  • Sélectionner et acheter un four conçu pour empêcher le contact entre les vapeurs inflammables et les éléments chauffants ou les composantes produisant des étincelles.
  • Cesser d’utiliser un four dont le thermostat secondaire, la flamme pilote ou le régulateur de température fait défaut.
  • Éviter de chauffer des substances toxiques dans un four à moins qu’il soit muni d’un dispositif d’aération vers l’extérieur (une hotte fermée par exemple).
  • Ne jamais utiliser un four de laboratoire pour préparer de la nourriture destinée à la consommation humaine.
  • Rincer avec de l’eau distillée tout objet de verre ayant été rincé avec un solvant organique, avant de le placer dans un fourneau de séchage.

10.6 Appareils d’analyse

Les indications ci-dessous sont des directives générales pour une utilisation sécuritaire des appareils d’analyse; consulter le manuel de l’utilisateur pour de plus amples renseignements sur les risques particuliers :

  • voir à ce que l’installation, la modification et la réparation des appareils d’analyse soient faites par du personnel d’entretien autorisé;
  • lire et comprendre les indications du fabricant avant d’utiliser l’appareil en question;
  • s’assurer que les procédures d’entretien préventif sont effectuées tel que requis;
  • ne jamais tenter de contourner les verrouillages de sécurité;
  • porter des lunettes de sécurité et un sarrau de laboratoire (et autre équipement de protection personnelle approprié) pour toutes les procédures.

10.6.1 Compteurs de scintillation

  • Utiliser des flacons d’échantillonnage qui respectent les spécifications du fabricant.
  • Garder les compteurs propres et libres de matières étrangères.
  • Pour éviter la contamination du compteur et de ses accessoires par la radioactivité, changer de gants avant de remplir les plateaux du compteur ou d’utiliser le clavier d’ordinateur. Vérifier régulièrement (par frottis) si l’appareil n’a pas été contaminé.

10.6.2 Spectromètres d’absorption atomique (AA)

La préparation des échantillons pour les analyses d’absorption atomique exige souvent la manipulation de produits inflammables, toxiques et corrosifs. Il faut se familiariser avec les propriétés physiques, chimiques et toxicologiques de ces matières et prendre les mesures de sécurité recommandées. L’appareil d’absorption atomique doit être muni d’un dispositif d’aération adéquat, car son fonctionnement produit des gaz, des émanations et des vapeurs toxiques. Pour effectuer des analyses d’absorption atomique, il est aussi recommandé de :

  • porter des lunettes de sécurité pour la protection mécanique;
  • vérifier le bon état du brûleur, des systèmes de purge et de circulation des gaz, avant l’utilisation;
  • inspecter régulièrement le système de purge; vider fréquemment la bouteille de purge lorsqu’on fait circuler des solvants organiques;
  • laisser la tête du brûleur refroidir jusqu’à la température de la pièce avant de la manipuler;
  • ne jamais laisser la flamme sans surveillance; un extincteur d’incendie doit se trouver à proximité;
  • éviter de regarder la flamme ou le four durant l’atomisation, à moins de porter des lunettes protectrices;
  • la lampe à cathode creuse est sous tension négative; il faut la manipuler avec précaution et s’en débarrasser de la bonne façon lorsqu’elle ne sert plus, afin de réduire les dangers d’implosion.

10.6.3 Spectromètres de masse (SM)

La spectrométrie de masse comporte l’utilisation de gaz comprimés et inflammables et de produits chimiques toxiques. Consulter la FS des produits avant de les utiliser. Parmi les précautions particulières à prendre lorsqu’on travaille avec un spectromètre de masse, il faut :

  • éviter le contact avec les parties chauffées pendant le fonctionnement du spectromètre de masse;
  • vérifier la tubulure et les raccords des systèmes de circulation des gaz, de la pompe, de l’échappement et de la purge, avant chaque utilisation;
  • s’assurer que les gaz des pompes sont évacués à l’extérieur du laboratoire, car l’échappement d’une pompe peut contenir des traces d’échantillons analysés, de solvants et de réactifs;
  • l’huile de pompe usée peut aussi contenir des traces de substances analysées et elle doit être traitée comme un déchet dangereux.

10.6.4 Chromatographes en phase gazeuse

La chromatographie en phase gazeuse utilise des gaz comprimés (azote, hydrogène, argon, hélium), et des produits chimiques toxiques et inflammables. Consulter la FS des produits dangereux avant de les utiliser. Parmi les mesures de sécurité particulières à observer avec les chromatographes en phase gazeuse, il faut :

  • faire des inspections visuelles régulières et des tests de fuite de pression de la plomberie du système d’échantillonnage, des raccords et des valves;
  • suivre les indications du fabricant pour l’installation des colonnes. Les colonnes capillaires de verre ou de silice fondue sont fragiles : il faut les manipuler avec soin et porter des lunettes de sécurité afin de se protéger les yeux des particules projetées durant la manipulation, la coupe ou l’installation des colonnes capillaires;
  • éteindre et laisser refroidir les composantes chauffantes tels le four, l’injecteur et le détecteur ainsi que les raccords, avant de les toucher;
  • pour éviter les chocs électriques, éteindre l’appareil et débrancher le cordon d’alimentation de la prise chaque fois que le panneau de service est retiré;
  • couper à la source l’alimentation en hydrogène au moment de changer les colonnes ou faire l’entretien de l’appareil;
  • lorsque l’hydrogène sert de combustible (détecteur à ionisation de flamme et détecteur azote-phosphore), il faut s’assurer de connecter une colonne ou un bouchon au raccord de l’injecteur chaque fois que l’appareil est alimenté en hydrogène, afin d’éviter l’accumulation d’hydrogène explosif dans le four;
  • mesurer l’hydrogène et l’air séparément au moment d’établir le débit de gaz;
  • effectuer une épreuve de fuite radioactive (par frottis) sur les détecteurs de capture d’électrons à tous les 6 mois au moins pour les sources de 50 MBq (1,35 mCi) ou plus;
  • s’assurer que l’échappement des détecteurs de capture d’électrons est évacué à l’extérieur;
  • lorsqu’on effectue un échantillonnage fractionné, il faut brancher l’évent du diviseur sur un système de ventilation aspirante ou un piège chimique approprié, si on analyse des matières toxiques ou si on utilise l’hydrogène comme gaz vecteur;
  • utiliser uniquement l’hélium ou l’azote, jamais l’hydrogène, pour conditionner un piège chimique.

10.6.5 Appareils de résonance magnétique nucléaire (RMN)

L’aimant supraconducteur d’un appareil de RMN produit des champs magnétiques et électromagnétiques puissants qui peuvent perturber le fonctionnement des pacemakers. Il est conseillé aux personnes qui portent un pacemaker ou autre dispositif ferromagnétique médical implanté de consulter leur médecin, le manuel d’utilisation du pacemaker ou le fabricant du pacemaker avant d’entrer dans des installations où se trouve un appareil de RMN. Parmi les précautions à prendre pour travailler avec la RMN, il faut :

  • poser des panneaux d’avertissement bien visibles dans les endroits où il y a de forts champs magnétiques;
  • mesurer les champs de dispersion à l’aide d’un gaussmètre, et restreindre l’accès du public aux secteurs de 5 gauss ou plus;
  • un champ magnétique puissant peut soudainement attirer dans l’aimant des objets magnétiques détachés avec une force considérable. Garder tous les outils, le matériel et les objets personnels contenant une matière ferromagnétique (p. ex. : l’acier, le fer) à deux mètres de l’aimant au moins;
  • bien que ce ne soit pas un problème de sécurité personnelle, on doit aviser les utilisateurs que le champ magnétique peut effacer les données sur support magnétique comme les cassettes et disquettes, démagnétiser les cartes de crédit et de guichet automatique, et endommager les montres analogiques;
  • éviter le contact de la peau avec les liquides cryogéniques (hélium et azote liquides); porter un masque protecteur et des gants isolés non étanches durant l’entretien du dewar et la manipulation de spécimens congelés. Consulter la Section 11, « Gaz comprimés et cryogénie »;
  • s’assurer que la ventilation est suffisante pour aspirer l’hélium ou l’azote évacués par l’appareil;
  • éviter de se placer la tête au-dessus des tubes de sortie de l’hélium et de l’azote;
  • la tubulure de RMN est mince; il faut la manipuler avec soin et l’utiliser exclusivement pour la RMN.

10.6.6 Appareils de chromatographie liquide à haute pression (CLHP)

Le travail avec un appareil de CLHP peut comporter l’utilisation d’un gaz comprimé (hélium) et de produits chimiques toxiques et inflammables. Il faut se familiariser avec les propriétés dangereuses de ces produits et avec les précautions à prendre, en consultant leur fiche signalétique.

  • Inspecter régulièrement le système de purge; vider fréquemment le récipient de collecte de résidus lorsque des solvants organiques sont utilisés.
  • S’assurer que les récipients de collecte des résidus sont munis d’un évent.
  • Ne jamais utiliser des solvants dont la température d’auto-inflammation est inférieure à 110°C.
  • Choisir une fiole à paroi épaisse pour le dégazage sous vide du solvant.
  • Ne jamais nettoyer une cuve à circulation en introduisant des solvants au moyen d’une seringue : sous la pression, il peut survenir une fuite ou un bris de la seringue provoquant l’écoulement soudain de son contenu.
  • La pompe contient des pièces haute tension et des pièces mobiles internes. Couper le courant électrique et débrancher le cordon d’alimentation avant de procéder à l’entretien régulier de la pompe.
  • Éteindre le système et permettre le retour à la pression atmosphérique avant d’effectuer l’entretien.

10.6.7 Appareils de chromatographie liquide (CPL-SM)

Le couplage chromatographie en phase liquide et spectrométrie de masse (CPL-SM) implique la manipulation de l’azote comprimé et de produits chimiques toxiques et inflammables. Consulter la FS des produits avant de les utiliser. Parmi les précautions particulières à prendre avec l’appareil de CPL-SM, il faut :

  • avant chaque utilisation, vérifier la tubulure et les raccords des systèmes de circulation de gaz, d’échappement de la pompe et de vidange;
  • avant chaque utilisation, vérifier le bon fonctionnement du manostat pour la conduite d’échappement;
  • s’assurer que l’échappement des pompes s’évacue à l’extérieur du laboratoire.

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11. Équipement de protection personnelle

Les politiques de l’Université concernant la protection des yeux et du visage (Section 11.1) ainsi que les vêtements protecteurs (Section 11.2) sont énoncées ci-dessous. Il faut prendre note que les matières dangereuses comprennent celles qui sont désignées comme « produits contrôlés » dans la législation relative au SIMDUT, ainsi que les sources ouvertes de matières radioactives telles que définies par la législation canadienne concernant la sûreté nucléaire.

11.1 Protection des yeux et du visage

Tous les étudiants, les membres du personnel et du corps professoral ainsi que les visiteurs, doivent porter un équipement adéquat pour la protection des yeux et du visage :

  • là où des matières dangereuses, ou matières de nature inconnue, sont entreposées, utilisées ou manipulées;
  • là où il y a une possibilité d’éclaboussures, d’objets projetés, de particules en mouvement et/ou d’éclatement;
  • là où existent d’autres dangers pour les yeux, p. ex. : les rayons UV ou laser.

Comment choisir et utiliser l’équipement de protection pour les yeux :

  • travail comportant un risque léger à modéré : lunettes de sécurité avec écrans latéraux, approuvées par la Commission canadienne de normalisation;
  • travail comportant un risque important d’éclaboussure de produits chimiques ou de projectiles : lunettes à coques;
  • travail comportant un risque important d’éclaboussure au visage ou une possibilité d’explosion : écran facial complet, en plus des lunettes à coques;
  • s’il faut des lunettes de sécurité avec verres correcteurs, consulter d’abord votre optométriste ou ophtalmologiste.

11.2 Sarraus de laboratoire

Le port de vêtements protecteurs appropriés (p. ex. : sarraus de laboratoire, tabliers, combinaisons) est obligatoire dans tous les locaux où s’effectuent des expériences avec des matières dangereuses.

Comment choisir et utiliser les vêtements protecteurs pour le travail en laboratoire :

  • choisir des sarraus de laboratoire jusqu’au genou, avec fermeture à bouton ou bouton pression;
  • porter un sarrau avec fermeture arrière et manchettes en tricot pour le travail avec des agents infectieux ou hautement toxiques;
  • porter un tablier de protection au moment d’effectuer certaines tâches spéciales comme par exemple le transfert de volumes importants d’une matière corrosive;
  • enlever les vêtements protecteurs à la sortie du laboratoire;
  • enlever les vêtements protecteurs dans le cas d’une contamination visible ou suspectée.

11.3 Protection des mains

Dans un laboratoire, les gants servent à se protéger de la radiation, des produits chimiques, des biomatières dangereuses et des dangers physiques comme les éraflures, les déchirures, les perforations et l’exposition à des températures extrêmes.

11.3.1 Gants de caoutchouc et réactions cutanées

Le latex naturel est produit à partir de la sève de l’hévéa et il contient des polymères de caoutchouc, des hydrates de carbone, des lipides, des phospholipides et des protéines. Au cours de la fabrication, d’autres agents chimiques s’ajoutent pour donner au latex de l’élasticité, de la flexibilité et de la durabilité. En raison de ces propriétés, de leur grande force de préhension et leur faible coût, les gants de caoutchouc sont utilisés pour effectuer de nombreux travaux de laboratoire. Malheureusement, le port de gants de caoutchouc provoque des réactions cutanées chez certaines personnes; il peut s’agir d’irritations ou de réactions allergiques :

  • irritation cutanée chronique due à la transpiration des mains dans les gants ou au frottement des gants contre la peau;
  • sensibilité aux additifs chimiques utilisés dans la fabrication des gants;
  • réaction aux protéines naturelles du latex.

Le lavage fréquent des mains, ainsi que les résidus de brossages, savons, détergents et désinfectants peuvent aussi irriter la peau.

L’utilisation d’une des solutions de rechange suivantes peut réduire le risque de problèmes cutanés associés à l’utilisation des gants de latex :

  • porter des gants qui ne sont pas en latex;
  • porter des gants de caoutchouc hypoallergéniques, non poudrés ou à faible teneur en protéine;
  • porter des gants de caoutchouc doublés de polyéthylène, de PVC ou de toile;
  • porter des gants qui ne sont pas en caoutchouc sous des gants de caoutchouc.

Dès que les symptômes apparaissent, il faut consulter un médecin au sujet de problèmes cutanés qui semblent liés au port de gants de caoutchouc (p. ex. : éruption, prurit, desquamation, rougeur, cloques, peau qui pèle ou s’écaille avec des crevasses et des plaies).

11.3.2 Directives sur le choix des gants

Choisir le matériau des gants d’après les critères suivants :

  • le type de travail qui exige la protection des mains;
  • la souplesse et la sensibilité tactile requises; par exemple, le besoin d’une grande sensibilité tactile limiterait l’épaisseur des gants; certains protocoles peuvent exiger l’utilisation de gants à surface antidérapante ou texturée;
  • le type et la durée du contact (p. ex. : occasionnel ou éclaboussure vs. contact prolongé ou immersion);
  • si des gants jetables ou réutilisables sont plus appropriés.

Tableau 5 - Matériaux de gants pour divers dangers au laboratoire
La liste inclut des marques de commerce pour que le lecteur puisse les reconnaître dans la documentation : consulter les fabricants et fournisseurs de matériel de laboratoire ou d’équipement de sécurité pour plus d’information sur les marques de gants. D’autres marques de gants n’apparaissant pas dans la liste ci-dessous peuvent aussi convenir; consulter la FS, le fabricant de gants ou le tableau de perméabilité. Le tableau inclut l’électricité uniquement à titre d’information, car tout travail électrique doit être fait par un électricien agréé.

Danger Degré de danger Matériau recommandé
Écorchure Grave Caoutchouc épais renforcé, cuir renforcé de fibre
Moins grave Caoutchouc, plastique, cuir, polyester, nylon, coton
Grave Gant en cotte de mailles, cuir épais renforcé de fibre, KevlarMD, fibre aramide, acier
Bords coupants Moins grave Cuir, tissu éponge (fibre aramide)
Léger avec un travail délicat Cuir mince, polyester, nylon, coton
Léger avec un travail délicat Cuir mince, polyester, nylon, coton
Produits chimiques et liquides Les risques varient selon la concentration, la durée du contact, etc. Consulter la FS, le fabricant ou le tableau de perméabilité Selon le produit chimique. Exemples : caoutchouc naturel, néoprène, caoutchouc nitrile, caoutchouc butyle, polytétrafluoréthylène (PTFE), chlorure de polyvinyle, alcool polyvinylique, TeflonMD, VitonMD, SaranexMD, 4HMD, ChemrelMD, BarricadeMD, ResponderMD
Froid Cuir, plastique ou caoutchouc isolé, laine, coton
Chaleur Plus de 350oC Amiante, ZetexMD
Jusqu’à 350oC Amiante imprégné de néoprène, cuir résistant à la chaleur avec doublure, NomexMD, KevlarMD
Jusqu’à 200oC Cuir résistant à la chaleur, tissu éponge (fibre aramide) NomexMD, KevlarMD
Jusqu’à 100oC Cuir chromé, tissu éponge
Électricité Gants isolés au caoutchouc testés à la tension appropriée (norme de la CSA Z259.4-M1979) avec gant externe en cuir
Tâches générales Coton, tissu éponge, cuir
Contamination par des produits Pellicule de plastique mince; cuir souple, coton, polyester, nylon
Rayonnement Radiotoxicité faible à modérée Tout gant de caoutchouc ou de plastique jetable

11.3.3 Choix de gants pour produits chimiques

Aucun matériau de gant ne résiste à tous les produits chimiques, et la plupart des gants ne peuvent résister à un produit chimique particulier pendant plus de quelques heures. On peut consulter la fiche signalétique du produit pour savoir quels gants fourniront un degré acceptable de résistance; on peut aussi contacter les fabricants de gants ou se reporter à un tableau de compatibilité ou de perméabilité. Les renseignements peuvent contenir les termes suivants :

  • le « taux de perméabilité » correspond à la vitesse à laquelle l’agent chimique traverse un matériau intact : plus le taux de perméabilité est élevé, plus l’agent chimique traverse rapidement le matériau;
  • le « temps de protection » correspond au temps que met un agent chimique pour traverser complètement un matériau; et
  • la « dégradation » est la mesure de la détérioration physique du matériau en raison du contact avec un agent chimique (par exemple, le matériau du gant peut se durcir, se ramollir ou s’affaiblir, ou même se dissoudre).

11.3.4 Choix, utilisation et entretien des gants protecteurs

Quelques directives sur l’utilisation des gants :

  • choisir un gant qui protège adéquatement contre les dangers inhérents à un travail particulier;
  • tenir compte du fait que certains matériaux de gants peuvent occasionner des réactions cutanées chez certaines personnes et chercher au besoin des solutions de rechange;
  • avant de les utiliser, vérifier l’étanchéité des gants de caoutchouc ou de matériau synthétique en les gonflant;
  • veiller à ce que les gants soient bien ajustés;
  • veiller à ce que les gants soient suffisamment longs pour couvrir la peau entre le gant et la manche du sarrau;
  • jeter les gants usés ou déchirés;
  • jeter les gants contaminés ou qui peuvent avoir été contaminés;
  • éviter de contaminer le matériel « propre » : retirer les gants et se laver les mains avant d’exécuter d’autres tâches comme par exemple, se servir du téléphone;
  • toujours se laver les mains après avoir enlevé les gants, même s’ils ne semblaient pas contaminés;
  • ne jamais réutiliser les gants jetables;
  • suivre les indications du fabricant en ce qui concerne le nettoyage et l’entretien des gants réutilisables;
  • avant d’utiliser des gants, apprendre comment les retirer sans que les mains entrent en contact avec la surface externe contaminée.

11.4 Appareils respiratoires

Les appareils respiratoires ne doivent servir qu’en situation d’urgence (p. ex. : les déversements ou fuites de matières dangereuses) ou lorsque les autres mesures, comme la ventilation, ne peuvent contrôler adéquatement l’exposition.

Il existe deux principaux types d’appareils respiratoires : les appareils d’épuration de l’air et les appareils à adduction d’air. Ces derniers procurent de l’air pur provenant d’un réservoir d’air comprimé ou d’un conduit d’air en provenance de l’extérieur du lieu de travail, et ils sont utilisés où il y a insuffisance d’oxygène ou en présence de concentrations dangereuses de gaz ou de vapeurs difficilement détectables.

Les appareils d’épuration d’air servent à plusieurs fins dans les laboratoires, ils retirent de l’air ambiant les particules (poussières, buées, vapeurs métalliques, etc.) et les gaz et vapeurs.

11.4.1 Choix, utilisation et entretien des appareils respiratoires

La sélection et l’utilisation de l’équipement de protection des voies respiratoires doit respecter une procédure établie. Il est aussi vital d’utiliser correctement l’appareil respiratoire que de choisir le bon appareil respiratoire; il est donc recommandé :

  • d’avoir des documents écrits pour expliquer la procédure d’utilisation normalisée et pour donner la formation;
  • de choisir un appareil respiratoire adapté à l’emploi. Consulter la FS ou le Service de santé, sécurité et environnement avant l’achat et l’utilisation d’un appareil respiratoire;
  • d’attribuer un appareil respiratoire à chaque personne pour son usage exclusif, dans la mesure du possible;
  • d’effectuer un essai d’ajustement avec tous les utilisateurs d’un appareil respiratoire; le port de la barbe, de longs favoris, de lunettes ou d’un appareil respiratoire de la mauvaise taille peuvent nuire au contact entre le visage de l’utilisateur et l’appareil respiratoire;
  • d’établir des protocoles pour l’utilisation, le nettoyage et l’entreposage hygiénique des appareils respiratoires;
  • d’inspecter régulièrement les appareils respiratoires, et de remplacer les pièces défectueuses;
  • de faire subir un examen médical à un individu avant son affectation à un travail dans un lieu où les appareils respiratoires sont requis, afin de savoir s’il est apte à effectuer ses tâches dans des conditions de résistance respiratoire accrue.

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12. Interventions d’urgence

12.1 Premiers soins

Pour savoir d’avance que faire dans une situation d’urgence, il faut :

  • connaître les propriétés des produits dangereux utilisés dans votre secteur;
  • se familiariser avec le contenu de la trousse de premiers soins et apprendre à l’utiliser. Garder à portée de la main, des instructions faciles à comprendre;
  • savoir où se trouve l’équipement de secours, comment en vérifier le bon fonctionnement et comment l’utiliser, comme par exemple la douche d’urgence et la douche oculaire dans votre secteur (consulter la Section 1.4);
  • • apprendre à donner les premiers soins : communiquer avec le Service de santé, sécurité et environnement pour obtenir le calendrier des cours de premiers soins approuvés par la CSST (Commission de la santé et de la sécurité du travail) et de RCR (réanimation cardio-respiratoire).

Les premiers soins décrits ci-dessous doivent être suivis d’une consultation médicale.

12.1.1 Brûlures

Au laboratoire, les brûlures thermiques peuvent être causées par la chaleur intense, les flammes, le métal fondu, la vapeur, etc. Les solides ou liquides corrosifs comme les bases et les acides peuvent provoquer des brûlures chimiques; les premiers soins à administrer en cas de brûlures chimiques sont décrits dans la Section 12.1.4 ci-dessous. Dans les cas de brûlures électriques, le courant électrique produit de la chaleur en passant à travers le corps.

12.1.1.1 Brûlures de la peau

Les premiers soins pour les brûlures de la peau sont les suivants :

  • si la brûlure est de nature électrique, vérifier que la victime n’est plus en contact avec l’alimentation électrique, avant de la toucher. Si la victime est toujours en contact avec l’alimentation électrique, débrancher l’appareil ou fermer l’interrupteur d’alimentation principal au niveau du panneau de distribution électrique;
  • composer le 911 si la brûlure est grave. Toutes les brûlures électriques doivent être traitées par les services médicaux, même si elles ne semblent pas être graves;
  • enlever montre et bijoux de la surface brûlée;
  • découvrir la surface brûlée, mais éviter d’enlever le tissu collé à la peau;
  • si possible, tremper la surface brûlée dans l’eau froide pendant au moins 10 minutes, ou appliquer des compresses mouillées;
  • ne jamais appliquer une lotion, un onguent ou un désinfectant sur une brûlure. On peut laver les brûlures aux premier et deuxième degrés avec de l’eau et du savon après la période de refroidissement nécessaire;
  • couvrir d’un bandage humide les brûlures aux premier et deuxième degrés; appliquer des compresses sèches aux brûlures du troisième degré, et aux points d’entrée et de sortie des plaies de brûlures électriques;
  • ne pas crever les cloques, car elles constituent une barrière naturelle contre l’infection.

12.1.1.2 Brûlures aux yeux

Les brûlures aux yeux peuvent être provoquées par des produits chimiques, la chaleur (liquides chauds, vapeur, flamme nue, métal fondu, etc.), ou le rayonnement des travaux de soudure, des lampes de laboratoire et des lasers. Les symptômes de brûlures causées par les rayons ultraviolets, visibles ou infrarouges proches peuvent apparaître seulement 6 à 8 heures après l’exposition. Les premiers soins à administrer pour des brûlures chimiques aux yeux sont décrits dans la Section 12.1.4 ci-dessous. Voici les premiers soins généraux à administrer dans les cas de brûlures thermiques aux yeux et de brûlures causées par le rayonnement :

  • empêcher la victime de se frotter ou toucher les yeux;
  • pour les brûlures par la chaleur, rincer les yeux avec de l’eau fraîche jusqu’à ce que la douleur diminue;
  • couvrir les yeux avec des compresses de gaze stérile; appliquer une compresse humide aux yeux si la souffrance est trop vive pour les fermer;
  • envoyer la victime à la clinique d’urgence. Si la brûlure a été provoquée par une exposition à un faisceau laser, aviser le personnel médical d’urgence des caractéristiques du laser et de la distance entre la victime et le laser.

12.1.2 Coupures

Pour les blessures mineures comme les éraflures, égratignures, coupures, lacérations ou piqûres, les premiers soins sont les suivants :

  • laver la plaie et autour de la plaie avec un savon doux et de l’eau courante;
  • enlever la saleté autour de la plaie;
  • couvrir d’un pansement adhésif ou d’un carré de gaze dont tous les côtés sont fixés avec du ruban adhésif;
  • les blessures causées par des objets sales, souillés ou crasseux doivent être examinées par un médecin qui déterminera s’il faut une vaccination antitétanique;
  • si la blessure a été causée par un objet ayant été en contact avec du sang humain ou des fluides corporels, la victime doit être examinée par un médecin immédiatement, car une immunisation ou une prophylaxie post-exposition pourrait être nécessaire;
  • si la blessure saigne abondamment, le secouriste doit tenter d’arrêter le saignement aussi vite que possible :
    • élever la partie blessée au-dessus du niveau du coeur si possible, afin de réduire la pression du sang dans la région de la plaie;
    • appliquer une pression directe sur la blessure à moins qu’il y ait un objet dans la plaie (dans ce cas, appliquer une pression autour de la blessure). On peut appliquer une pression directe avec les doigts ou la paume de la main, ou avec un pansement compressif;
    • si on ne peut contrôler le saignement par une pression directe, il faut appliquer une pression aux artères qui alimentent la région blessée; c’est-à-dire une compression de l’artère entre la blessure et le coeur, contre un os;
    • ne pas enlever un pansement imbibé de sang, car cela pourrait interrompre le processus de coagulation; mettre un autre pansement sur le premier;
    • éviter de trop serrer le pansement, il ne faut pas couper la circulation sanguine aux membres;
    • comme un tourniquet interrompt complètement le flux sanguin au-delà du point d’application, il ne faut s’en servir qu’en dernier recours, comme dans le cas d’un membre coupé.

12.1.3 Blessures causées par des aiguilles

Il faut traiter une plaie saignante causée par une aiguille de la manière décrite dans la Section 12.1.2 ci-dessus. Consulter un médecin immédiatement, car une immunisation ou une prophylaxie post-exposition pourrait être nécessaire.

12.1.4 Éclaboussures de produits chimiques sur la peau ou aux yeux

En cas d’éclaboussures sur la peau :

  • si une grande surface de peau a été éclaboussée, aller à la douche d’urgence la plus proche et rincer complètement pendant au moins 20 minutes; enlever les vêtements contaminés sous la douche d’urgence;
  • si une petite surface de peau a été éclaboussée, aller à la douchette à boyau mobile la plus proche, enlever les vêtements et bijoux contaminés et rincer pendant 15 minutes.

En cas d’éclaboussures aux yeux :

  • aller à la douche oculaire la plus proche et rincer pendant au moins 20 minutes;
  • si vous portez des verres de contact, il faut les enlever le plus vite possible, tout en continuant de rincer;
  • tenir les paupières ouvertes avec les doigts;
  • rouler les globes oculaires pour que l’eau coule sur l’entière surface des yeux;
  • soulever les paupières plusieurs fois afin de permettre un rinçage complet;
  • couvrir l’oeil blessé d’une compresse de gaze stérile sèche en attendant les soins médicaux.

12.1.5 Empoisonnement

Tel que mentionné dans la Section 3.1, des substances toxiques peuvent pénétrer et empoisonner le corps par inhalation, absorption à travers la peau, ingestion ou injection. Pour porter secours à une victime d’empoisonnement :

  • appeler une ambulance (composer le 911) en cas d’empoisonnement grave;
  • avant de secourir la victime, il faut s’assurer de pouvoir pénétrer dans les lieux sans danger;
  • éloigner la victime de l’endroit contaminé et lui prodiguer les premiers soins nécessaires;
  • ne pas provoquer le vomissement à moins d’avoir été avisé de le faire par une autorité en la matière comme le Centre antipoison du Québec (1-800-463-5060);
  • fournir aux intervenants d’urgence la FS du produit toxique. Si la victime a été terrassée par un poison inconnu et qu’elle a vomi, donner un échantillon du vomi aux ambulanciers;
  • toujours faire en sorte que la victime reçoive des soins médicaux, même si l’exposition semble mineure.

12.2 Incendies

L’importance du feu détermine quelle sera l’intervention immédiate. Le personnel de laboratoire peut tenter d’éteindre un feu uniquement s’il est évident qu’il n’y a pas de danger à le faire (consulter la Section 5.3, « Extincteurs d’incendie »).

12.2.1 Incendies suspectés

Tous ceux qui fréquentent l’Université doivent savoir où se trouvent les alarmes d’incendie et les chemins d’évacuation des locaux qu’ils occupent. Toute personne qui s’aperçoit qu’il y a de la fumée, une forte odeur de brûlé ou une odeur inhabituelle, doit immédiatement :

  • informer le Service de sécurité, poste 3000 (poste 7777 sur le campus Macdonald);
  • alerter le coordonnateur d’urgence, le personnel d’entretien ou le directeur d’immeuble.

12.2.2 Incendies déclarés

  • Crier « AU FEU! » plusieurs fois pour alerter les gens.
  • Déclencher l’alarme d’incendie.
  • Une fois en sécurité, appeler les pompiers en composant le 911.
  • Évacuer rapidement les lieux dans l’ordre et le calme en empruntant les escaliers et les sorties de secours, mais JAMAIS les ascenseurs et suivre les consignes de l’équipe d’évacuation.
  • Informer le coordonnateur d’urgence de l’endroit, de l’étendue et de la nature de l’incendie (p. ex. : électrique), des chemins d’évacuation libres, des personnes ayant besoin d’assistance, et autres renseignements pertinents.
  • Une fois à l’extérieur de l’édifice, on doit s’éloigner des portes pour permettre aux autres de sortir.

12.2.3 Vêtements en feu

Si vos vêtements prennent feu, vous ne devez surtout pas courir car cela ne ferait qu’attiser les flammes. Souvenez-vous de la règle « arrêter, tomber par terre, rouler » :

  • arrêter,
  • tomber par terre, et
  • se rouler pour étouffer les flammes,

Aussitôt que les flammes sont éteintes, aller à la douche d’urgence la plus proche pour refroidir les brûlures avec de l’eau en grande quantité. Si une autre personne est en feu :

  • immobiliser immédiatement la victime et la forcer à se rouler au sol pour éteindre les flammes;
  • aider à étouffer les flammes en utilisant ce qui est à portée de la main, une couverture ou des vêtements à l’épreuve du feu de préférence;
  • donner les premiers soins appropriés (consulter la Section 12.1.1 ci-dessus).

12.3 Déversements de produits chimiques dangereux

En cas de déversement d’un produit chimique dangereux (volatil, toxique, corrosif, réactif ou inflammable), il faut suivre les procédures suivantes :

  • • s’il y a un incendie, déclencher l’alarme la plus proche. S’il n’est pas possible de contrôler ou d’éteindre le feu, suivre les procédures d’évacuation en cas d’incendie, décrites dans la Section 5.5 (« Évacuations »);
  • si le déversement se produit dans un laboratoire, un atelier ou un entrepôt de produits chimiques :
    • évacuer tout le personnel de la pièce;
    • s’assurer que la hotte ou le dispositif de ventilation locale sont en marche;
    • s’il s’agit d’un déversement de liquide inflammable, couper le courant électrique aux sources d’inflammation si possible;
    • composer le numéro de téléphone d’urgence du campus (3000 sur le campus du centre-ville, 7777 sur le campus Macdonald) pour demander de l’aide si vous ne pouvez nettoyer le déversement vous-même;
  • si le déversement se produit dans un corridor ou autre passage public :
    • évacuer toutes les personnes des lieux et fermer le secteur pour empêcher les gens d’y entrer;
    • composer le numéro de téléphone d’urgence (3000 sur le campus du centre-ville, 7777 sur le campus Macdonald), pour demander de fermer le système de ventilation du secteur (pour empêcher la contamination d’autres secteurs) et pour demander de l’aide supplémentaire.

Remarque : Pour des renseignements plus détaillés sur le nettoyage des déversements, consulter la Section 3.6.3 (« Directives concernant des types précis de déversements ») de ce manuel.

12.4 Fuites de gaz naturel

Fermez les soupapes de gaz naturel si vous n’utilisez pas le gaz. Si vous utilisez le gaz et que vous détectez une odeur de gaz naturel, il faut :

  • vérifier que toutes les soupapes de gaz sont fermées;
  • composer le poste 3000 (poste 7777 sur le campus Macdonald) si l’odeur persiste;
  • composer le 911 si une fuite de gaz se confirme.

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Annexe 1 : Classification d’inflammabilité et tailles de contenants permises (NFPA, Code de liquides inflammables et combustibles, 2003)

 

   
Point d’inflammabilité et point d’ébullition
Type de contenant (L)
   
oC
Verre
Métal ou plastique
Bidon de sécurité
Liquides inflammables
Catégorie Exemple
1A Acétaldéhyde
Oxyde de diéthyle
Pentane
Pentane
PI <22,8
PÉ <37,8
0,5* 5 10
1B Acétone
Éthanol
Toluène
PI <22,8
PÉ >37,8
1* 20 20
1C Alcool isobutylique
Styrène
PI ≥22,8, <37,8 5 20 20
Liquides combustibles
Catégorie Exemple
II Kérosène
Anhydride acétique
PI ≥37,8, <60 5 20 20
IIIA Aniline
Octanol
PI ≥60, <93 20 20 20
IIIB Éthylèneglycol
Benzyle
PI ≥60, <93 20 20 20

*NFPA 6.2.3.2 : Il est permis de conserver les liquides de catégorie 1A et 1B dans des contenants de verre d’une capacité n’excédant pas 5 litres (1,3 gallon), si le degré requis de pureté du liquide (qualité réactive selon l’ACS ou plus pure) risque d'être affecté par la conservation du liquide dans un contenant métallique ou si le liquide peut causer une corrosion excessive du contenant métallique.