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Anorexie mentale chez les jeunes adolescentes

Facteurs de risque et de protection, troubles concomitants et évolution des symptômes suite à la prise en charge clinique


L’anorexie mentale constitue la 3e condition médicale chronique la plus fréquente à l’adolescence. Plus de 75% des personnes anorexiques développeraient ce trouble avant l’âge adulte. La recherche menée auprès de jeunes adolescentes anorexiques accuse un retard sur celle menée chez les adultes. Il y a peu de connaissance à ce jour pour comprendre les facteurs qui influencent le pronostic de ce trouble chez les jeunes patientes.

Des études récentes ont démontré, auprès de femmes adultes surtout, que les antécédents d’agression sexuelle influençaient l’apparition d’un tel trouble, notamment parce que certaines victimes d’agressions sexuelles pouvaient, par exemple, adopter une restriction alimentaire par refus de voir leur apparence se développer de façon sexualisée après la puberté ou par un besoin de reprendre le contrôle sur leur corps (Fallon, Katzman et Wooley, 1994). Toutefois, les victimes d’agression sexuelle ne deviennent pas toutes anorexiques, et les personnes anorexiques n’ont pas toutes été victimes d’abus. Aussi, ce lien demeure controversé car certaines études ont obtenu une faible relation entre ces facteurs (Smolak et Murden, 2002). En fait, une combinaison de variables à la fois génétiques et environnementales, dont possiblement les agressions sexuelles, serait en cause dans le développement de l’anorexie mentale (Fairburn et Harrison, 2003). Le rôle unique des abus sexuels dans l’apparition de ce trouble, de même que les relations qui existent entre les antécédents d’agression sexuelle et les autres facteurs de risque associés à l’anorexie, restent toutefois à être précisés, en particulier chez les jeunes adolescentes.

Cette étude clinique, s’échelonnant sur trois ans, sera effectuée par l’Université McGill en partenariat avec l’Hôpital Sainte-Justine. Bénéficiant de l’appui financier de l’Université McGill ainsi que des Fonds Québécois de Recherche sur la Société et la Culture, celle-ci aura pour objectifs d’identifier les facteurs psychiatriques, psychosociaux et biologiques qui permettent de discerner différents profils de jeunes adolescentes de 10 à 17 ans qui consultent la Clinique de l’Adolescence du CHU Sainte-Justine à la suite d’un diagnostic d’anorexie mentale (établi selon les critères du DSM IV TR), et de mesurer l’évolution de leurs symptômes trois mois après le début du traitement.

Des variables cliniques, dont la collecte débutera dès l’été 2008, seront colligées à partir d’une grille et d’un agenda pré-établi : poids au départ, indice de masse corporelle, évolution du poids et des symptômes, nombre de visites médicales, consultations et suivi psychothérapeutique, etc. Des questionnaires auto-administrés seront complétés par les adolescentes afin de couvrir les différents facteurs psychiatriques, psychosociaux et biologiques à l’étude. Les parents complèteront des questionnaires relatifs au fonctionnement familial et aux antécédents de problèmes psychiatriques et psychologiques des membres de la famille.

Cette étude s’inscrit dans la foulée des recommandations du Society for Adolescent Medicine à l’effet que les recherches futures dans ce domaine devraient s’attarder à l’identification des facteurs psychiatriques, psychosociaux et biologiques qui sont associés à l’anorexie mentale, et ce, particulièrement chez les jeunes patientes (Golden et al., 2003). Les résultats seront analysés à partir de méthodes statistiques reconnues en sciences sociales et seront largement diffusés dans les milieux d’intervention et de recherche, car une meilleure compréhension des événements vécus par ces jeunes filles anorexiques, dont les agressions de nature sexuelle, est essentielle afin de cibler des interventions stratégiques, et ainsi, favoriser la guérison de ces adolescentes en difficulté.

Pour plus d’information sur ce projet, veuillez contacter Delphine Collin-Vézina.