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50 $ peuvent-ils changer une vie?

Les villages en milieu rural du Ghana cultivent la plupart de leurs denrées. Or, il s’agit de cultures de base riches en hydrates de carbone qui calment la faim, mais qui sont dénués des qualités nutritives essentielles aux enfants en pleine croissance.  Seuls les marchés proposent les poissons, viandes, fruits et légumes nutritifs – à des prix prohibitifs pour nombre de Ghanéens des zones rurales.

Des chercheurs ont constaté que les enfants qui consomment de la viande réussissent mieux les tests cognitifs.  Le problème – des régimes pauvres en substances nutritives – semblait assez simple.  La solution, en revanche, transforme radicalement les villages du Ghana.

Pour Grace Marquis, professeure au Centre d'étude sur la nutrition et l'environnement des peuples autochtones de McGill, les zones rurales du Ghana ne connaîtraient la véritable suffisance alimentaire que lorsque les familles arriveraient à générer suffisamment de revenus pour se procurer elles-mêmes des aliments nutritifs.

En 2004, pour lutter contre le problème, l’équipe de Grace Marquis a commencé à offrir de l’éducation en matière de nutrition, de la formation en entrepreneuriat et des microprêts de 50 $ aux membres de groupes locaux de femmes.  L’objectif était d’aider les femmes à établir ou à développer de petites entreprises et à se constituer une sécurité financière depuis leur maison.  Avec un revenu assuré, les mères pourraient faire des choix alimentaires plus sains pour leurs enfants.

« Parmi les projets figuraient le fumage de poisson, la production de volaille et d’œufs, la vente de produits alimentaires et la transformation et la vente de produits comme le beurre de karité et du riz étuvé », raconte Grace Marquis.  « Une femme a commencé à vendre du gruau de maïs sur un plateau.  Aujourd’hui, l’expansion de ses activités l’a amenée à embaucher des gens pour préparer et vendre le gruau.  Elle approvisionne six restaurants et est même parvenue à construire une maison avec son revenu. »

De nos jours, des banques locales s’occupent des microprêts – et de l’éducation en matière de nutrition.  Les résultats sont étonnants, de dire la professeure Marquis.

« Au début, nous avions 184 femmes dans six communautés et les prêts en circulation s’élevaient à 12 000 $.  Depuis mars 2009, environ un an après que les banques ont pris le relais, 2 257 femmes participent au projet et les prêts en circulation se chiffrent à un million de dollars. »

La clé, insiste la professeure, est de donner aux femmes le moyen de faire des choix pour leur famille – et les zones rurales du Ghana.

« Avec le temps, elles arrivent toutes à accroître leurs activités commerciales et à épargner.  Leur influence s’exercera non seulement sur leurs enfants, mais aussi sur toutes les personnes qui entreront en relation avec elles. »

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