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L’abondance agricole sur du béton?

Comment se rend-on au Pavillon Burnside de l’Université McGill? Dépassez d’abord les plants de tomates cerises, rendez-vous jusqu’à l’arche de haricots d’Espagne, puis continuez tout droit jusqu’après la bette à carde arc-en-ciel et les pots de fines herbes. Idéalement, prévoyez un peu de temps pour vous arrêter quelques instants et profiter des arômes enivrants.

Quiconque était familier avec la place en béton adjacente au Pavillon Burnside avant 2007 peut témoigner de l’apparence austère qu’elle avait autrefois. C’était le parfait exemple d’un espace urbain sous-utilisé – chaud, laid et négligé. C’est désormais tout le contraire grâce au Campus comestible, un projet conjoint du Groupe sur le logement à coût modique de l’École d’architecture de McGill et de deux organismes communautaires montréalais, Santropol Roulant et Alternatives, voués à la promotion de la justice sociale et de la sécurité alimentaire. De concert avec une myriade de bénévoles, ces groupes ont transformé ce coin oublié en un potager urbain productif et invitant qui fournit maintenant en produits frais certains des résidents les plus démunis de Montréal.

« Nous voulions montrer qu’il est possible de cultiver même la plus petite parcelle de terrain urbain », indique Leila Marie Farah, associée de recherche au Groupe sur le logement à coût modique.

Et c’est justement ce qu’ils ont réussi à faire. Le Campus comestible, qui s’étend sur plus de 90 mètres carrés d’espace cultivé productif, comprend principalement des contenants de plantation qui font appel à une technique novatrice d’auto-irrigation pour réduire l’entretien au minimum. L’ensemble du jardin a été conçu dans un esprit d’inviter le piéton à y déambuler et ainsi étendre le rôle et l’utilisation de l’espace plutôt que d’y nuire. Chaque saison, le Campus comestible produit des centaines de kilos de légumes frais, dont la majeure partie prend directement la route de Santropol Roulant pour être livrée dans des paniers hebdomadaires, par des bénévoles, à pied ou en vélo, à des membres isolés et vulnérables de la communauté montréalaise.

« Chaque année, la récolte est si abondante que le Campus comestible fournit plus du tiers des légumes biologiques frais que Santropol Roulant distribue pendant l’été », explique Tim Murphy, coordonnateur du développement durable de Santropol Roulant. Récemment, le potager a aussi commencé à fournir un marché du quartier montréalais de la Petite-Bourgogne.

Pour les partenaires chez qui ce rêve est né, il s’agit d’une réalisation à savourer pleinement. Après quelques années seulement, le Campus comestible est déjà cité en exemple pour la manière dont il intègre la recherche étudiante appliquée et incite les gens à réfléchir à la provenance actuelle et éventuelle de leur nourriture. Une autre retombée non négligeable est que la nouvelle du succès du Campus comestible se répand et inspire des projets similaires chez nous et à l’étranger.

« C’est cela qui nous rend le plus fiers », ajoute Leila Marie.

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