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Pour l’amour de l’art

Selon le recensement de 2006, explique Keith Serry, récemment diplômé en droit de l’Université McGill, les artistes montréalais gagnent en moyenne environ 29 600 dollars par année. Et selon l’Association du Barreau canadien, ajoute-t-il, le taux horaire moyen d’un avocat au pays est de 254 dollars.

« Pas besoin d’être un expert en calcul pour constater l’écart entre les deux », dit-il.

Il y a environ deux ans, Keith et des camarades de classe se sont réunis chez lui pour discuter des façons de combler cet écart. Cette discussion a mené à la création de la Clinique juridique des artistes de Montréal (CJAM), une « organisation virtuelle » formée essentiellement d’étudiants des facultés de droit de Montréal qui offre gratuitement des renseignements juridiques à la communauté artistique d’ici. 

Avant son arrivée à Montréal en 2005, Keith avait participé à la création d’un groupe de représentation de musiciens à Ottawa. Il avait constaté que nombre de musiciens parvenaient à gagner un salaire décent en conservant les composantes les plus importantes de leur travail, soit la propriété intellectuelle et les droits d’édition.

« Mais pour y arriver, déclare Keith, il faut savoir en quoi cela consiste et comment en tirer profit. Pour notre part, nous essayons de fournir aux artistes les outils de base grâce auxquels ils pourront exploiter leur talent d’une manière qui, nous l’espérons, leur permettra de vivre de leur art. »

C’est avec cet objectif en tête que la CJAM a développé trois gammes de services : des feuillets d’information rédigés de manière accessible et portant sur les enjeux juridiques qui intéressent les artistes; des ateliers conçus pour les festivals, les étudiants dans des disciplines artistiques ou les organismes artistiques sans but lucratif; ainsi que des séances d’information mensuelles où les artistes abordent des questions juridiques et reçoivent, quelques jours plus tard, des réponses de la part des juristes membres de la CJAM.

On pourrait penser qu’il s’agit d’une tâche plutôt lourde pour des bénévoles puisque leur seule récompense consiste en « la satisfaction du travail bien fait ou une tasse de café à l’occasion ». Or, comme le souligne Keith, qui se décrit lui-même comme un maniaque du droit, s’il pratique le droit pendant ses temps libres, c’est parce que cette discipline le passionne. 

« La clinique est née de l’amour de ses membres pour Montréal et sa communauté artistique, ajoute-t-il. Chacun d’entre nous est convaincu que l’art contribue de manière importante à l’essor de Montréal. Nous souhaitons faire profiter les artistes des compétences en droit que nous avons eu le privilège d’acquérir. Nous pensons tous que Montréal se porte mieux si les arts y sont dynamiques et vivants, et faisons pour cela appel à nos connaissances juridiques. »

Pour en savoir plus, visitez le www.cjam.info

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