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Sauver une génération à risque

Dans les districts de Njombe et Makete, sur les hauts-plateaux du sud de la Tanzanie, le taux d’infection par le VIH/sida des adultes est compris entre 18 et 20 %, l’un des plus élevés du pays. Mais le plus choquant sans doute est que ce taux est deux fois plus élevé chez les 15 à 24 ans.

Une collaboration internationale, qui bénéficie de l’appui de l’École de sciences infirmières de McGill et de l’ingéniosité de ses étudiants, vient en aide aux professionnels locaux de la santé qui luttent pour renverser le cours de cette épidémie mortelle. « Contrairement à ce qu’on observe ailleurs en Tanzanie, le taux d’infection augmente rapidement chez les jeunes des hauts-plateaux » explique Madeleine Buck, directrice adjointe de l’École. « Dans cette région, ce sont des générations entières qui sont menacées de disparition. »

Au début de 2006, Madeleine Buck est allée dans la région des hauts-plateaux du sud de la Tanzanie pour y étudier les soins prodigués aux personnes infectées par le VIH/sida. Elle y a rencontré les membres du Consortium Highlands Hope, un réseau d’infirmières tanzaniennes qui administre plusieurs programmes destinés aux personnes infectées par le VIH ou malades du sida. Frappée par le dévouement des infirmières malgré les immenses défis que soulève cette maladie, Madeleine Buck est retournée au Canada convaincue que McGill pouvait aider ces infirmières à dispenser des soins désespérément nécessaires et à sauver des vies.

C’est ainsi qu’est né le programme d’échange pédagogique McGill Nurses for Highlands Hope (MNHH), qui dépêche des étudiants et étudiantes en soins infirmiers de McGill faire des stages d’un semestre dans cette région, dans le cadre de leurs études supérieures en santé internationale, et qui propose des bourses, des ressources et des formations aux infirmières tanzaniennes.

Ce programme a donné à des étudiants de McGill, comme Kristen Gagnon (à droite), la possibilité d’appliquer leurs connaissances et leurs techniques à des projets qui viennent directement en aide aux plus nécessiteux et d’envisager les soins infirmiers d’un point de vue entièrement nouveau. De concert avec des infirmières locales, Kristen apprend aux éducateurs-pairs en santé à identifier des problèmes de santé courants, comme les escarres associées à l’infection par le VIH, et à donner des conseils sur les mesures à prendre afin d’épargner aux malades plusieurs heures de déplacement pour se rendre aux cliniques y recevoir des traitements.

D’autres projets étudiants se sont penchés sur les raisons qui poussent les hommes à refuser le dépistage du VIH plus souvent que les femmes et sur le déficit de connaissances sur le VIH/sida parmi les jeunes enfants, malgré le déploiement généralisé de programmes d’enseignement.

L’objectif de ce programme, selon Madeleine Buck, est d’améliorer la qualité de vie des habitants des hauts-plateaux infectés par le VIH/sida et d’aider les infirmières de cette région à continuer d’avoir un impact durable et profond sur leurs communautés.

« Ce programme prouve qu’il est possible de faire beaucoup avec très peu de moyens », explique la professeure. « Il permet assurément de former des étudiants incroyablement créatifs. »

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