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Garantir la sécurité alimentaire

Les femmes du Bénin, en Afrique occidentale, peuvent désormais mieux gagner leur vie, préserver leurs précieuses ressources et gagner du temps grâce à leur collaboration avec trois étudiantes en génie des bioressources de McGill.

Durant l’été 2009, Stéphanie Dumais, Stéphanie Mayer et Audrey Yank sont allées au Bénin dans le cadre d’un projet dirigé par le professeur Michael Ngabi et ses collègues du Département du génie des bioressources, pour y étudier les problèmes liés à la sécurité alimentaire dans cette région. Sous la direction du professeur émérite Robert Kok, les trois étudiantes ont passé trois mois à collaborer avec des producteurs de riz locaux (traditionnellement des femmes) et à imaginer avec ces derniers des outils permettant de travailler plus efficacement, de gagner du temps et de mieux protéger l’environnement.

Si les Béninois préfèrent le riz étuvé pour son goût et sa plus grande valeur nutritionnelle, la production de ce type de riz est un processus à la fois long et fastidieux. Les femmes peinent à répondre à la demande locale, si bien qu’une vaste proportion de leur récolte se perd.

Les étudiantes ont constaté qu’en raison de la conception des fours traditionnels utilisés pour étuver le riz, plus de la moitié de l’énergie produite se perdait. En collaboration avec les femmes de la région, elles ont conçu un nouveau four pour résoudre ce problème, s’assurant que seuls des matériaux comme l’argile et l’eau, disponibles en abondance dans la région, soient utilisés pour leur construction. Elles ont également conçu une presse permettant de transformer l’écorce du riz, une ressource auparavant perdue, en une source d’énergie durable utilisable dans les fours à la place du bois, plutôt rare dans la région.

En plus de garantir le bien-être et la sécurité alimentaire des ménages, ces mesures ont permis de réduire les pertes et donc l’importation de riz, et de dégager plus de bénéfices pour les  producteurs et l’économie locale. Autrement dit, ces initiatives ont profité à l’ensemble de la communauté.

« Les femmes nous ont expliqué ce qui était adapté à leur situation et nous avons appliqué nos connaissances du génie à leur réalité. Cela nous a appris à véritablement écouter », explique Stéphanie Dumais.

Depuis que les étudiantes ont quitté le Bénin, les femmes de dix villages de la région ont construit des fours selon leurs plans et envisagent très prochainement la mise en place de presses pour récupérer l’écorce du riz. Divers projets sont en cours pour améliorer le fonctionnement de ces fours et presses.

« Nous avons eu une influence sur ces femmes, mais ce sont elles qui ont eu le plus d’influence sur nous », explique Stéphanie Mayer en parlant des femmes du Bénin. « Elles nous ont appris à envisager différemment le génie et les modalités d’application de nos connaissances ».

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