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Un regard neuf sur les aliments traditionnels

En 2007 et 2008, les intrépides chercheurs de l’Enquête sur la santé des Inuits de l’Année polaire internationale ont parcouru 10 000 km en Arctique, s’arrêtant dans chaque village des Territoires du Nord-Ouest et du nord du Labrador pour prendre le pouls de la population résidante.

Grace Egeland, chercheuse au Centre d'étude sur la nutrition et l'environnement des peuples autochtones de McGill, dirigeait l’enquête.  « Nous avons évalué non seulement l’état nutritionnel, mais aussi les liens entre la sécurité alimentaire et différentes réalités comme la maladie chronique, la ration nutritive et l’anémie.  Nous voulions vraiment approfondir le rapport entre l’état nutritionnel et la santé. »

Le régime alimentaire des Inuits délaisse les produits traditionnels de la chasse ou de la cueillette, de plus en plus remplacés par des aliments achetés à l’épicerie au double de leur prix dans des villes du sud comme Montréal.  Vu le taux élevé de chômage et de pauvreté dans le Nord, « les gens peuvent se procurer les pâtes, mais pas les boulettes de viande ou les légumes verts frais pour la salade », dit la professeure Egeland.

Des recherches antérieures ont montré que les adultes de plus de 40 ans consommaient plus d’aliments traditionnels, mais que les Inuits plus jeunes et les enfants mangeaient plus d’aliments provenant de l’épicerie – en particulier de la malbouffe.  Résultat : une détérioration de la santé et un taux d’obésité élevé chez les enfants.

« Parmi les des enfants d’âge préscolaire interrogés, de dire Mme Egeland, environ 46 % avaient mangé des aliments traditionnels le jour précédent.  Chez ces enfants, seulement 8 % des calories provenaient des aliments traditionnels qui procuraient néanmoins de la vitamine A et D, du magnésium, du fer, du zinc et d’autres nutriments. » Bref, les produits de la chasse ou de la cueillette sont souvent plus nutritifs que la plupart des aliments achetés à l’épicerie.

L’espoir que l’on forme est que, forts de ces nouvelles données sur leur santé et leurs besoins nutritionnels, les Inuits vivant dans certaines des régions les moins accessibles du Canada pourront faire des choix alimentaires éclairés.  « Nous leur avons envoyé des rapports non techniques rédigés en langage clair et simple, un DVD, ainsi que des recommandations de santé publique fondées sur les résultats de l’enquête », ajoute Mme Egeland.

Une autre intervention s’appuie sur la solide tradition orale inuit et la radio locale pour diffuser des reportages mettant en valeur la santé.  « Ainsi, à la radio, des aînés parlent d’algues, de plantes et de petits fruits et de caribou et phoque. Plus loin dans l’émission, on discute ensuite de ces aliments traditionnels, mais dans une perspective nutritionnelle moderne qui peut éclairer les choix alimentaires sains à faire à l’épicerie. »

« Loin de finir dans un tiroir, notre enquête sert à améliorer la situation, » tient à préciser la professeure.

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