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Un enfant de dix ans a failli perdre un œil dans une partie de paintball

Nouvelles

Publié: 9 Mai 2005

C'était une journée où l'on allait bien s'amuser. Daniel Romagnolo participait à la fête d'anniversaire d'un ami dans un terrain intérieur de paintball de Montréal. Mais c'est un drame qui est arrivé.

L'Hôpital de Montréal pour enfants met les parents en garde contre les dangers potentiels du paintball

C'était une journée où l'on allait bien s'amuser. Daniel Romagnolo participait à la fête d'anniversaire d'un ami dans un terrain intérieur de paintball de Montréal. Mais c'est un drame qui est arrivé. Au cours du jeu, le jeune garçon de dix ans a été touché au visage et a reçu de la peinture plein la bouche. Son masque s'est desserré et c'est là que le malheur s'est produit. Un combattant accroupi au sol a tiré une autre volée de billes de peinture. Elles ont frappé l'œil droit de Daniel.

Daniel se tordait de douleur et avait une violente hémorragie oculaire. Sans attendre l'ambulance, sa mère Laurie l'a pris dans ses bras, l'a mis dans l'auto et l'a rapidement conduit à l'urgence de l'Hôpital de Montréal pour enfants du Centre universitaire de santé McGill. L'enfant hurlait de douleur et d'angoisse en pressant une compresse froide sur sa blessure.

En l'espace d'une seconde, la vision normale (20/20) de l'enfant avait volé en éclats. Il avait subi ce qu'on appelle en médecine une cataracte traumatique (lésion du cristallin) et un hyphéma (sang dans l'œil). Il avait aussi une déchirure de l'iris et une distorsion de la pupille, qui n'était plus ronde mais allongée de manière permanente comme la pupille d'un chat.

Daniel a été hospitalisé 11 jours à l'HME; les médecins voulaient qu'il reste le plus immobile possible pour éviter la survenue d'autres dommages causés par des hémorragies ultérieures dans l'œil. Daniel a beaucoup souffert depuis janvier. Il a manqué deux semaines de classe et de nombreuses autres heures depuis son congé de l'hôpital, car il avait au départ deux rendez-vous hebdomadaires chez le médecin. Pendant des semaines, il a supporté la douleur des gouttes qu'on lui mettait dans les yeux aux deux heures ou à peu près. Dans les trois derniers mois, il a porté un cache-œil 24 heures sur 24 et passé ses heures de récréation et de lunch à l'écart de ses camarades pour garder son activité au minimum. Le 18 mars, il a subi une intervention chirurgicale de deux heures d'extraction de la cataracte et d'implantation d'un cristallin artificiel.

« J'étais terrifié. Je ne savais pas ce qui allait m'arriver, je me demandais si j'allais perdre la vue du côté droit », dit Daniel. « Aujourd'hui, je ne peux pas encore pratiquer de sports de contact et j'ai des maux de tête et des nausées plus marqués, surtout quand je joue au Play Station ou quand je regarde la télévision. Je me suis senti vraiment malade pendant longtemps. »

« Daniel a beaucoup de chance, d'une certaine façon. Il a failli perdre un œil. Il est encore trop tôt pour prédire le degré de vision qu'il retrouvera », dit la Dre Rosanne Superstein, ophtalmologiste pédiatrique. « Daniel devra porter des verres teintés à double foyer parce que les lumières vives, même à l'intérieur, vont l'incommoder. Pendant toute sa vie, il présentera un risque élevé de glaucome du fait de sa lésion et il devra être suivi régulièrement. »

L'HÔPITAL DE MONTRÉAL POUR ENFANTS AVERTIT LES PARENTS DES DANGERS POTENTIELS DU PAINTBALL

Chaque année, l'HME soigne une demi-douzaine d'enfants qui ont subi des blessures dangereuses pour la vue en jouant au paintball. Outre les blessures oculaires, certains pédiatres de l'HME ont signalé chez des enfants des marques impressionnantes à d'autres parties du corps.

« Nous n'avons pas besoin de soigner des dizaines d'enfants blessés comme Daniel pour être conscients des dangers potentiels de cette activité, surtout chez les enfants très jeunes », dit Debbie Friedman, administratrice du Programme de traumatologie des enfants et des adolescents de l'HME. « À l'approche de l'été et compte tenu de la popularité croissante du paintball, à l'intérieur ou en plein air, nous mettons les parents en garde contre cette activité potentiellement dangereuse. »

Si les parents décident d'autoriser leurs enfants à participer à cette activité, dit Debbie Friedman, ils doivent veiller à ce que les enfants soient correctement équipés en fonction de leur âge et de leur taille, principalement au plan de la protection oculaire. Les enfants doivent donc porter des masques bien ajustés et conformes aux normes approuvées. Les parents doivent aussi veiller à ce qu'il y ait une surveillance étroite de l'activité pour que les enfants suivent les règles et appliquent les mesures de sécurité, par exemple ne jamais enlever leur protection oculaire pendant le jeu. Tout bien considéré, on peut se demander dans quelle mesure cette activité convient à des enfants.

L'Hôpital de Montréal pour enfants a porté la question à l'attention de la Société canadienne de pédiatrie et de la Direction de la santé publique de Montréal afin qu'elles se penchent sur cette préoccupation et l'HME encourage ces organismes à établir des recommandations officielles.

Coordonnées

Contact: Lisa Dutton
Organisation: Hôpital de Montréal pour enfant, CUSM
Téléphone au bureau: 514-412-4307
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