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Risque accru de décès prématuré chez les hommes ayant perdu leur emploi

Nouvelles

Publié: 4 Avr 2011

Un sociologue mcgillois établit une importante corrélation entre chômage et décès prématuré; les effets les plus significatifs étant ressentis chez les hommes qui perdent leur emploi en début ou mi-carrière.

Un sociologue mcgillois établit une importante corrélation entre chômage et décès prématuré; les effets les plus significatifs étant ressentis chez les hommes qui perdent leur emploi en début ou mi-carrière.

Eran Shor, professeur de sociologie de l'Université McGill, a réalisé une étude en collaboration avec des chercheurs de l'Université Stony Brook, révélant que le chômage augmente le risque de décès prématuré de 63 pour cent. Monsieur Shor en est venu à ces conclusions en analysant des travaux de recherche menés au cours des 40 dernières années auprès 20 millions de personnes, dans 15 pays (la plupart occidentaux).

Avec étonnement, on a découvert que, bien qu'on estime qu'un meilleur système de soins de santé puisse contribuer à réduire le taux de mortalité, la corrélation entre chômage et décès prématuré est la même dans tous les pays couverts par l'étude.

La véritable percée de ces travaux se situe dans le fait qu'ils indiquent une relation de cause à effet entre le chômage et le risque accru de décès prématuré.

« À ce jour, l'une des grandes questions soulevées par la littérature visait à découvrir si l'état de santé - le diabète ou les maladies cardiaques, par exemple - ou les habitudes de vie - notamment le tabagisme, la consommation d'alcool ou de drogue - conduisaient à la fois au chômage et à un risque accru de décès prématuré », a déclaré le professeur Shor. « Nos travaux sont intéressants en ce qu'ils nous ont permis de découvrir que l'état de santé n'avait pas d'incidence, suggérant que la relation entre le chômage et le taux de mortalité en soit une de cause à effet. Cela est probablement dû au fait que le chômage est un facteur de stress et qu'il influence négativement le statut socioéconomique du chômeur, ce qui, à son tour, conduit à une moins bonne santé et à un accroissement des risques à l'égard d'un décès prématuré. »

La recherche a également indiqué que le chômage accroît davantage le risque de décès prématuré chez les hommes que chez les femmes (78 pour cent contre 37 pour cent respectivement). Elle démontre aussi qu'il existe une corrélation plus importante entre le chômage et le décès prématuré chez les hommes que chez les femmes (78 pour cent contre 37 pour cent). Le risque de décès est particulièrement élevé chez les personnes de moins de 50 ans.

« Nous soupçonnons que, même de nos jours, le fait de ne pas avoir d'emploi est plus stressant pour les hommes que pour les femmes », a ajouté monsieur Shor. « Quand un homme perd son travail, cela signifie souvent que la famille s'appauvrira et souffrira de différentes manières. Cette situation peut, à son tour, influencer vivement la santé d'un homme, en l'incitant à la fois à fumer, boire ou manger davantage, réduisant ainsi l'accès à une alimentation saine et à des services de soins de santé. »

Les travaux suggèrent que les initiatives de santé publique pourraient cibler les sans-emploi pour qu'ils fassent l'objet d'un dépistage cardiovasculaire plus serré et d'interventions visant à réduire les comportements à risque.

Pour lire un extrait de l'article : http://www.sciencedirect.com/science/journal/02779536. On peut obtenir l'article complet sur demande.

Ces travaux ont été financés par les Instituts nationaux de santé des États-Unis.

 

(Photo : Laurie Devine)

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