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L’échelle d’expressivité du rongeur : Un outil de gestion de la douleur chez l’humain

Nouvelles

Publié: 9 Mai 2010

Une amélioration des conditions de vie pour les animaux de laboratoire et de meilleurs traitements pour les maladies humaines

Une amélioration des conditions de vie pour les animaux de laboratoireet de meilleurs traitements pour les maladies humaines

Selon une nouvelle étude menée par Jeffrey S. Mogil, professeur de psychologie à l'Université McGill, la souris, à l'instar de l'humain, exprime la douleur par le biais d'expressions faciales. En plus d'aider les scientifiques à éviter que les animaux de laboratoire ne souffrent inutilement, les données issues de cette recherche ouvriront la voie au développement de nouveaux médicaments qui ciblent la douleur de manière plus précise.

De concert avec les membres de leur équipe respective, Jeffrey S. Mogil et Kenneth Craig, professeur de psychologie à l'Université de la Colombie-Britannique, ont découvert que les souris assujetties à un stimulus de douleur modérée présentaient des signes d'inconfort par le biais d'expressions faciales, de la même manière que l'humain. Publiées dans la version électronique du journal Nature Methods le 9 mai, les données colligées dans le cadre de l'étude décrivent de manière détaillée la mise au point de l'Échelle d'expressivité du rongeur. Les données parues sont susceptibles de donner lieu à la création de médicaments plus adaptés aux maladies humaines et d'améliorer les conditions de vie des animaux de laboratoire.

Jeffrey Mogil a souligné que les modèles de rongeurs étant largement utilisés lors de travaux sur la douleur, une mesure précise de la douleur est d'une importance capitale dans la compréhension du symptôme le plus envahissant et le plus sérieux de la douleur chronique, soit la douleur spontanée.

« L'échelle d'expressivité du rongeur est un système de mesure qui permettra d'accélérer le développement d'analgésiques pour l'humain et d'éliminer les souffrances non nécessaires que subit l'animal lors de recherches biomédicales menées en laboratoire. L'échelle est par ailleurs susceptible d'entraîner d'importantes retombées en ce qui a trait à l'amélioration de soins vétérinaires à plus vaste échelle », a précisé le professeur Mogil.

C'est la première fois que les chercheurs parviennent à mettre au point une échelle permettant de mesurer, chez l'animal, une réponse spontanée qui s'apparente à celle observée chez l'humain lors d'états de douleur similaires.

Le professeur Mogil, l'étudiant aux cycles supérieurs Dale Langford et des collègues du Laboratoire de génétique de la douleur de l'Université McGill ont analysé des images de rongeurs soumis à un stimulus de douleur modérée - avant et après qu'ils y aient été assujettis. Ces stimulus, dont une injection d'une substance inflammatoire diluée, sont des mesures prises de manière régulière dans le cadre d'études menées aux quatre coins du monde destinées à évaluer la sensibilité à la douleur chez les rongeurs. Selon les chercheurs, le niveau de douleur étudié est comparable à un mal de tête ou à la douleur ressentie chez les sujets dont le doigt est enflammé ou enflé et dont l'état peut être facilement traité par des analgésiques d'emploi courant, dont ceux de marque Aspirin ou Tylenol.

Une fois l'expérience conclue, Jeffrey Mogil a fait parvenir les images obtenues au laboratoire dirigé par Kenneth Craig à l'Université de la Colombie-Britannique. Les experts en codification de la douleur faciale rattachés à cette équipe ont ensuite utilisé les clichés obtenus pour élaborer l'échelle. Cinq caractéristiques faciales ont alors été évaluées : resserrement orbital (fermeture de l'œil), renflement du nez et des joues et changement quant à la position de l'oreille et des moustaches selon le degré d'importance du stimulus. Le laboratoire dirigé par Kenneth Craig est un chef de file dans l'étude de l'expression facile à titre de norme‑phare dans l'évaluation de la douleur chez les nouveau-nés et les sujets dont les habiletés à l'égard de la communication verbale sont limitées. Ce travail est un exemple probant de l'approche dite du chevet au laboratoire, en vertu de laquelle une technique utilisée chez l'homme est adaptée afin d'être utilisée dans le cadre d'expériences en laboratoire.

D'autres expériences en laboratoire seront menées afin d'évaluer dans quelle mesure l'échelle peut être utilisée dans l'évaluation d'autres espèces, le niveau d'efficacité d'analgésiques de force couramment prescrite administrés aux rongeurs ayant subi une intervention chirurgicale et la capacité des rongeurs à reconnaître les signaux faciaux révélateurs de douleur chez leurs pairs.

Titulaire de la Chaire en études sur la douleur E. P. Taylor de l'Université McGill, le Canadien Jeffrey Mogil a été recruté en 2001 de l'Université d'Illinois à Urbana-Champaign, où il a fait la découverte d'un circuit génétique propre au sexe régulateur de la réponse à la douleur chez le mâle et la femelle. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génétique de la douleur (niveau 1), le professeur Mogil s'attache à l'exploration de la combinaison d'influences génétiques et environnementales régissant les réactions à la douleur.

L'Université McGill est reconnue pour ses contributions historiques en recherche sur la douleur, dont le Questionnaire sur la douleur de McGill, un outil de référence reconnu mondialement conçu en 1975 par le professeur de psychologie Ronald Melzack et auquel les spécialistes continuent de se référer.

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