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Étude de McGill sur le VPH

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Une sommité dans le domaine de la recherche sur le cancer du col de l’utérus tentera de déterminer si la vaccination permet de bloquer la transmission du virus du papillome humain (VPH) aux partenaires non vaccinés
Publié: 30 Jan 2014

Une nouvelle étude réalisée à l’Université McGill tentera de déterminer si la vaccination d’un seul partenaire d’un couple contre le virus du papillome humain (VPH) peut contribuer à prévenir la transmission du virus au partenaire non vacciné.

L’étude – appelée TRAP-HPV, acronyme de Transmission Reduction And Prevention with HPV vaccination – est un essai randomisé à double insu avec groupe placebo portant sur 500 couples sexuellement actifs. Elle vise à déterminer l’efficacité d’un vaccin anti-VPH dans la réduction de la transmission des infections génitales, anales et buccales causées par le virus chez les partenaires sexuels non vaccinés de sujets immunisés.  

Le VPH est la principale cause du cancer du col de l’utérus, qui vient au deuxième rang des cancers les plus fréquents chez la femme dans le monde. Les vaccins prophylactiques contre certains types de VPH à haut risque se sont montrés efficaces dans la prévention de l’infection. Toutefois, on ne comprend pas encore très bien les effets du vaccin anti-VPH sur la prévention de la transmission des souches cibles du VPH aux partenaires sexuels des sujets vaccinés.  

« Cette étude sera la première à tenter de déterminer si les partenaires non vaccinés de sujets immunisés bénéficient d’une protection contre l’infection par le VPH », explique Eduardo Franco, directeur de la Division d’épidémiologie du cancer à McGill et scientifique à la tête de l’étude. « Elle nous aidera à comprendre l’importante question de l’immunité de groupe résultant de la vaccination contre le VPH. Si la protection offerte au partenaire est suffisante, nous pourrions obtenir un niveau d’immunité adéquat dans la population avec une couverture vaccinale très inférieure à 100 % et consacrer nos fonds publics limités à d’autres besoins pressants dans le domaine de la santé. »

« Les études visant à évaluer l’efficacité des vaccins contre le VPH portent généralement sur les infections génitales à VPH, mais la nôtre s’intéressera également à d’autres sièges anatomiques touchés par le virus, comme les régions anale et buccale », précise Kristina Dahlstrom, boursière postdoctorale au Département d’oncologie de la Division d’épidémiologie du cancer. « Une meilleure connaissance des mécanismes à l’origine de la transmission du VPH sera utile pour la réalisation d’analyses coût-efficacité et aura une incidence sur la prise de décisions lors de la mise en œuvre de stratégies de vaccination à grande échelle. »  

Selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies, aux États-Unis, les infections à VPH sont les maladies transmissibles sexuellement les plus répandues au monde. L’étude HITCH (HPV Infection and Transmission in Couples through Heterosexual activity), également réalisée par l’équipe du professeur Franco, à McGill, a permis de conclure que plus de la moitié (56 pour cent) des jeunes adultes ayant un nouveau partenaire sexuel étaient infectés par le VPH. De ce nombre, près de la moitié (44 pour cent) étaient infectés par un type de VPH cancérigène. Le VPH est transmis par contact sexuel, et les infections persistantes causées par certains types du virus peuvent causer le cancer.

Selon une estimation de chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer, 610 000 cas de cancer étaient attribuables au VPH en 2008, soit environ 5 % du fardeau mondial du cancer. La plupart de ces cancers touchaient le col de l’utérus, mais le VPH est également une cause importante de cancers de la tête et du cou, de l’anus, du pénis, de la vulve et du vagin. L’Organisation mondiale de la Santé estime que plus d’un demi-million de femmes reçoivent un diagnostic de cancer du col de l’utérus chaque année et que la majorité d’entre elles meurent des suites de cette maladie – ce qui en fait le deuxième cancer en importance chez les femmes dans le monde. On estime également que de 15 à 25 pour cent des cancers de la tête et du cou sont associés au VPH, et des preuves de plus en plus nombreuses permettent d’étayer l’existence d’un lien entre ces cancers et les relations sexuelles buccogénitales. Comme les cancers de la tête et du cou associés au VPH sont plus susceptibles de survenir chez les hommes, il est important de protéger les deux sexes par la vaccination.

Pour les besoins de l’étude TRAP-HPV, les chercheurs recruteront 500 couples montréalais sexuellement actifs. Le volet traitement reposera sur l’administration du vaccin anti-VPH Gardasil (Merck), et le volet placebo sur l’administration du vaccin Havrix (GSK) contre l’hépatite A. Les sujets qui recevront le vaccin Havrix demeureront sensibles à l’infection par le VPH. Après randomisation, les deux partenaires pourraient recevoir Gardasil, l’un pourrait recevoir Gardasil et l’autre Havrix, ou les deux partenaires pourraient recevoir Havrix (groupe témoin). Les couples feront l’objet d’un suivi pendant un an et devront se présenter à la clinique pour des prélèvements génitaux, anaux et buccaux qui permettront de déterminer s’ils sont infectés par le VPH. Ils devront également fournir des données démographiques et des renseignements sur leurs comportements sexuels. Les personnes qui souhaitent participer à cette étude sont priées de communiquer avec Allita Rodrigues, à traphpv [at] mcgill [dot] ca, pour obtenir de plus amples renseignements.   

Cette étude est financée principalement par les Instituts de recherche en santé du Canada. Elle a également reçu l’appui de Merck, qui a offert gratuitement les vaccins anti-VPH ainsi qu’une subvention inconditionnelle à l’Université McGill.

Pour plus de renseignements sur cette étude, visitez le http://www.mcgill.ca/traphpv/.

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Contact: Cynthia Lee
Organisation: McGill University
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Téléphone au bureau: 514-398-6754
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