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Enzyme pourrait inhiber la croissance tumorale

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Rôle essentiel possible dans la suppression de tumeurs cancéreuses
Publié: 7 Jan 2013

Des chercheurs de l’Université McGill ont découvert que la protéine kinase activée par l’AMP (AMPK), enzyme clé de la régulation du métabolisme énergétique dans les cellules cancéreuses, pourrait occuper un rôle crucial dans la restriction de la croissance tumorale. L’AMPK agit comme une « jauge de carburant » au sein des cellules et réagit lorsqu’elle détecte des modifications des niveaux d’énergie. L’AMPK intervient lorsque ces derniers sont trop faibles, notamment pendant l’exercice physique ou les périodes de jeûne. Les chercheurs ont également constaté que l’AMPK assure la régulation du métabolisme des cellules cancéreuses et peut en restreindre la croissance.

Russell (Rusty) Jones, professeur adjoint au Centre de recherche sur le cancer Goodman et au Département de physiologie de la Faculté de médecine de l’Université McGill, est l’auteur de cette importante découverte. Lui et  son équipe ont été le premier à démontrer que l’AMPK agit comme suppresseur tumoral chez l’animal. Cette étude a fait l’objet d’un article qui sera publié dans le numéro du 27 décembre 2012 de la revue spécialisée Cell Metabolism.

« Le cancer est une maladie caractérisée par la croissance et la division anarchiques des cellules. Pour se multiplier rapidement, ces dernières ont toutefois besoin d’une quantité suffisante d’énergie », explique le professeur Jones. « L’AMPK agit comme la jauge de carburant d’une voiture : elle intervient lorsque les réserves d’énergie de l’organisme diminuent et inhibe la croissance cellulaire jusqu’à ce que les réserves augmentent. Nous voulions savoir si cette jauge pouvait influer sur l’apparition et l’évolution du cancer. Nos travaux ont permis de découvrir que les tumeurs se développaient plus rapidement chez les souris qui présentaient de faibles taux d’AMPK, ce qui permet de croire que cette enzyme joue un rôle important dans l’inhibition de la croissance tumorale, du moins pour certains types de cancer. » Pour les besoins de cette étude, le professeur Jones et son équipe se sont essentiellement intéressés au lymphome, type de cancer touchant le tissu lymphoïde. Ils ont découvert que la protéine Myc, qui est presente dans plus de la moitié des cas de cancer, pouvait entraîner un développement plus rapide des lymphomes chez les souris présentant de faibles taux d’AMPK.

Afin de composer avec leur prolifération anarchique, les cellules cancéreuses modifient leur métabolisme ‒ la façon dont elles produisent de l’énergie. Contrairement aux cellules saines, les cellules cancéreuses se nourrissent préférablement de sucre pour assurer leur croissance. Le professeur Jones a découvert que l’AMPK inhibe la capacité de ces cellules à métaboliser le sucre pour stimuler leur croissance. « Le métabolisme des cellules cancéreuses qui présentent de faibles taux d’AMPK s’emballe », explique le chercheur. « Elles utilisent le sucre plus efficacement, ce qui leur permet de se développer plus rapidement. Ces résultats permettent de croire que l’augmentation des taux d’AMPK dans les cellules cancéreuses pourrait contribuer à inhiber la croissance tumorale. »

Cette percée s’appuie sur une autre étude du professeur Jones, qui avait permis de conclure qu’un antidiabétique couramment prescrit, la metformine, contribue à inhiber la croissance tumorale. Ces résultats portent à croire que des médicaments d’usage courant qui stimulent les taux d’AMPK et modifient le métabolisme cellulaire, comme la metformine, pourraient enrichir l’arsenal thérapeutique dont disposent les médecins dans la lutte contre le cancer. Le professeur Jones et ses collègues de l’Université McGill étudient actuellement les applications cliniques de cette découverte.

 

 

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