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Des chercheurs de l’université McGill prolongent la vie des vers grâce à un herbicide proscrit

Nouvelles

Publié: 7 Déc 2010

Des découvertes remettent en cause le rôle des radicaux libres dans le vieillissement

On dirait de la science-fiction. Le professeur Siegfried Hekimi et un de ses étudiants, le docteur Wen Yang, chercheurs au Département de biologie de McGill, ont testé la théorie du vieillissement par les radicaux libres en créant des vers mutants présentant une production augmentée de radicaux libres et en leur prédisant une vie brève. Mais ces vers ont en fait vécu plus longtemps que les vers ordinaires! Qui plus est, leur longévité augmentée a pris fin lorsqu'on leur administra des antioxydants, par example de la vitamine C. Les chercheurs ont par la suite tenté d'imiter l'effet bénéfique apparent des radicaux libres en traitant des vers ordinaires au Paraquat, un herbicide qui entraîne l'augmentation de la production de radicaux libres. Le Paraquat est tellement toxique pour les humains et les animaux qu'il est proscrit en Union européenne et son usage est limité dans plusieurs autres endroits. À sa grande joie, le professeur Hekimi a découvert que les vers vivaient en fait plus longtemps après avoir été exposés au produit chimique. « N'essayez pas cela à la maison! », s'empresse de rappeler à chacun Siegfried Hekimi. Ces découvertes ont été publiées hier dans PLoS Biology.

Les radicaux libres sont des molécules toxiques produites par notre corps lorsqu'il transforme l'oxygène. À mesure que l'organisme multiplie et fait fonctionner ses cellules, il consomme de l'oxygène, générant des radicaux libres en guise de sous-produits, qui, à leur tour, endommagent les cellules. Une théorie de longue date suggère que le vieillissement soit causé par un cycle vicieux d'augmentation de la production de radicaux libres, suivie par des dommages aux cellules, puis par une autre augmentation de la production de radicaux libres entraînée par les dommages.

« Ces découvertes remettent en question notre compréhension du rôle des radicaux libres dans le processus de vieillissement », a déclaré monsieur Hekimi. « La théorie courante est très claire et logique, mais nos découvertes suggèrent une structure différente des motifs pour lesquels le stress oxydatif est impliqué dans le vieillissement. » Les vers génétiquement modifiés ont démontré que la production de radicaux libres peut contribuer à déclencher les mécanismes de protection et de réparation généraux des cellules. En d'autres mots, à certaines étapes de la vie, les radicaux libres peuvent contribuer à notre bien-être, malgré leur toxicité.

« Des expériences supplémentaires sont nécessaires pour découvrir exactement comment ces données pourraient modifier notre théorie sur le vieillissement », a expliqué le professeur Hekimi. « Il est clair que les radicaux libres y contribuent, mais pas de la façon  dont nous avions l'habitude d'y penser. » Pour ces travaux, l'équipe de recherche dirigée par le professeur Hekimi a reçu du financement des Instituts de recherche en santé du Canada. Le professeur Hekimi est aussi titulaire de la Chaire Robert Archibald et Catherine Louise Campbell de biologie du développement.

 

 

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