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Chaud, chaud, les États-Unis

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Une étude montre l’incidence de la croissance démographique et des déplacements de population sur les changements climatiques observés aux États-Unis depuis un siècle
Publié: 25 Oct 2012

 Nous oublions parfois que l’homme est une espèce animale. Toutefois, selon Jason Samson, le climat détermine tout autant la distribution et les déplacements des êtres humains que ceux des autres espèces. Cet écologiste diplômé de McGill et les chercheurs de son équipe ont eu recours à des techniques de modélisation semblables à celles qui servent à définir les niches écologiques d’espèces végétales et animales pour explorer les corrélations entre les schémas climatiques et la croissance des populations des États‑Unis, de 1900 à 2000. Ils ont découvert que les populations fuyaient les régions fraîches et saisonnières pour gagner celles qui présentent un climat plus chaud et plus sec durant  toute l’année. Et ils ont observé de tels comportements même si cela supposait un éloignement des terres agricoles.

À l’aide de données de recensement et de renseignements sur les régimes climatiques (température et précipitations) recueillies dans près de 3 000 comtés américains pendant un siècle, Jason Samson et ses collègues ont pu observer l’importance prédominante du lien entre le climat et la croissance démographique. En outre, les auteurs de l’étude publiée récemment sur le site PLOS ONE ont découvert que la croissance démographique était davantage liée au climat qu’à des facteurs tels que le revenu, l’urbanisation ou la production alimentaire.

Ainsi, Jason Samson et ses collaborateurs ont également constaté que si l’Américain moyen vit maintenant dans un environnement plus sec qu’il y a cent ans, ce dernier a également connu une hausse des températures de plus de 1,5 °C au cours du dernier siècle, soit une augmentation de température six fois supérieure à celle enregistrée dans l’ensemble des États-Unis au cours de la même période.

Un nombre croissant d’Américains vivent maintenant dans la ceinture méridionale du pays, au climat plus chaud, qui s’étend de la Californie à la Floride et comprend des villes telles que San Diego, Austin (troisième ville américaine au chapitre de la croissance de 2000 à 2006) et Tampa. Dans leur article, les chercheurs soulignent également que la croissance démographique dans ces régions plus chaudes et plus sèches du pays, ainsi que la tendance vers l’urbanisation et l’expansion des banlieues, sont survenues à un rythme accéléré au cours du vingtième siècle, et particulièrement pendant les trente dernières années.  

Bien que les chercheurs aient pu établir un lien étroit entre le climat et la croissance démographique, ils précisent toutefois que le climat ne constitue pas un important facteur prédictif des déplacements de population.

Ils soulignent par contre que cette concentration des populations dans les régions où le climat est chaud et sec aura vraisemblablement une incidence considérable sur le bien-être des habitants en raison de facteurs monétaires et environnementaux, tels que la taille et l’intensité accrue des îlots de chaleur, le stress sur les ressources hydriques limitées et le coût élevé de la climatisation. Enfin, compte tenu des changements climatiques observés à l’échelle planétaire, ils suggèrent aux décideurs d’intégrer ces données scientifiques dans leurs processus de planification.

Cette étude a été financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

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