cinquième Conférence de McGill
La cinquième Conférence de McGill sur la sécurité alimentaire mondiale, qui se tenait à l’automne 2012; a attiré des chercheurs du monde entier et leur a permis d’échanger et de créer des liens.

Assurer la sécurité de l’approvisionnement alimentaire

Cela semble impossible, mais le monde devra produire 70 % de plus de nourriture d’ici 2050 afin de nourrir une population mondiale de plus de neuf milliards de personnes. Approximativement un milliard de personnes souffrent de malnutrition aujourd’hui, et plus de 20 pays connaissent des crises alimentaires à long terme. Quelle est la réponse?

La recherche menée à l’Institut pour la sécurité alimentaire mondiale de McGill, fondé en 2010, fournira une partie de la solution. Dans le cadre de son mandat, il contribue à faire croître la productivité agricole afin de pouvoir répondre aux besoins futurs tout en mettant l’accent sur la durabilité et la conservation.

« La sécurité alimentaire signifie beaucoup plus que s’assurer que les gens disposent d'une quantité suffisante de nourriture », déclare le professeur Hugo Melgar-Quiñonez, directeur de l’institut et lauréat de la bourse Margaret Gilliam sur la sécurité alimentaire. « Il s’agit de s’assurer que tous ont accès à une alimentation suffisante et sécuritaire qui offre des qualités nutritionnelles nécessaires à une vie active et en santé. »

Il a pu effectuer ses recherches grâce à un don de 1,5 million $ de la part de Margaret A. Gilliam, B.SC. (1959), fondatrice de l’entreprise de services-conseils Gilliam & Co. Les fonds seront également utilisés pour financer des bourses pour des étudiants de McGill des cycles supérieurs dans le domaine de la sécurité alimentaire, ainsi qu’une chaire dédiée à la recherche en sécurité alimentaire.

La production d’une quantité suffisante de nourriture représente le premier problème. Le deuxième consiste à s’assurer que la nourriture que nous consommons est salubre et saine. Bien que la plupart des maladies d’origine alimentaire ne soient pas détectées, elles coûtent entre 12 et 14 milliards par an à l’économie canadienne. Il ne s’agit donc pas d’un problème banal. Au-delà de l’argent, les épidémies de la bactérie E. coli et de listériose, qui se développent dans les usines de transformation des aliments, font l’objet d’un battage médiatique puisqu’elles entraînent des décès – autant de morts qui pourraient être évitées.

Pour sauver des vies et éviter des rappels coûteux, l’industrie alimentaire doit développer des techniques pour détecter plus rapidement l’altération des aliments que celles dont nous disposons actuellement, et c’est précisément l’expertise de Lawrence Goodridge, qui dirigera le premier la Chaire sur la salubrité des aliments Ian et Jayne Munro, grâce au don de 1,5 million $ versé par le regretté Ian Munro, B. Sc. (agriculture) 1962, M. Sc. 1967. L’Université investira un montant de 500 000 $, et compte amasser un million de dollars supplémentaire, afin d’assurer la pérennité du poste de président.

Les recherches de M. Goodridge, qui devraient débuter à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'environnement au cours de l’été 2013, porteront principalement sur l’utilisation des bactériophages (« phages ») de façon à d'étudier et régler les problèmes de production d'aliments. Seulement une décennie après l’obtention de son doctorat, on a déjà décerné au jeune chercheur deux brevets et un brevet provisoire pour sa recherche sur la détection rapide des pathogènes d’origine alimentaire.

« Nous voulions que la salubrité des aliments revête une importance grandissante en raison d’une production à plus grande échelle », explique le professeur Varoujan Yaylayan, président du département de sciences alimentaires et de chimie agricole. Ainsi, le département a lancé en septembre 2012 un programme de maîtrise sans mémoire de trois sessions, pour permettre aux professionnels de l’industrie de parfaire leurs compétences. Le programme a reçu d’excellentes candidatures et le nom du M. Goodridge encouragera d’autres experts reconnus à se joindre à la Faculté.

Tout cela fait partie des efforts du département en vue de mettre en œuvre ce qui, selon M. Yaylayan, est essentiel pour bien comprendre la situation : « une conception globale permettra d’assurer la salubrité des aliments de la ferme à l’assiette. »