Hugo Melgar-Quiñonez, Directeur de l’Institut pour la sécurité alimentaire mondiale de McGill.

S’attaquer à l’obésité et à la malnutrition

Un humain sur huit se couche chaque soir le ventre creux. Mais il ne s’agit là que d’une partie du casse-tête sur la sécurité alimentaire, affirme Hugo Melgar-Quiñonez. Parmi les populations les plus pauvres dans le monde, « le ventre de beaucoup de gens est rempli, mais de calories vides ».

M. Melgar-Quiñonez connaît bien l'enjeu. Premier directeur de l’Institut pour la santé alimentaire mondiale de McGill, il est titulaire d’un doctorat et est médecin. Son doctorat et l’expérience qu’il a acquise en travaillant à l’Institut national de santé publique du Mexique, combinés à sa pratique de la médecine en Allemagne, lui ont permis de développer une conception globale de l’insécurité alimentaire, qui constitue un problème complexe, affirme-t-il.

L’embauche de M. Melgar-Quiñonez en septembre 2012 a été rendue possible grâce à un généreux don de 1,5 million de dollars de la part d’une femme d’affaires, Margaret A. Gilliam, B.Sc. 1959. Elle affirme être heureuse de pouvoir jouer un rôle dans ce qu’elle appelle « un problème mondial qui requiert notre attention immédiate ».

Le don de Mme Gilliam servira à financer la recherche, la formation et les bourses d’études supérieures de l’Institut pour la santé alimentaire mondiale de McGill, largement reconnu comme étant le principal centre d’enseignement et de recherche multidisciplinaires sur la question au Canada. La cinquième Conférence de McGill sur la sécurité alimentaire mondiale, qui se tenait à l’automne 2012; a attiré des chercheurs du monde entier et leur a permis d’échanger et de créer des liens.

« La faim, c’est une chose, mais le problème ne se limite pas là », affirme M. Melgar-Quiñonez, dont la recherche est un élément clé du casse-tête sur la sécurité alimentaire. Partout, explique-t-il « on bombarde les gens de nouveaux produits, et ces personnes ne comprennent pas que le bel emballage ne contient pas nécessairement de la nourriture qu’ils devraient consommer ». La surabondance de composants huileux et amidonnés, qui attirent en raison de leur faible prix, mène à ce qu’il appelle l’insécurité alimentaire « à double fardeau » : qui touche autant les gens souffrant de malnutrition que les personnes obèses.

Le problème est maintenant répandu partout sur le globe, ajoute-t-il. Cependant, les pays les plus pauvres n’auront pas les ressources pour gérer l'épidémie potentielle causée par la consommation de produits à calories vides : par exemple, les troubles liés à l'obésité comme le diabète et les maladies cardiovasculaires sont déjà très présents dans les pays occidentaux.

M. Melgar-Quiñonez espère que le travail de l’Institut pour la sécurité alimentaire mondiale de McGill permettra de faire face à ces problèmes. « L'Institut doit propager l’idée que l’éducation en matière de nutrition est essentielle pour sensibiliser à la sécurité alimentaire, explique-t-il. Et c’est là une de mes passions. »