(de gauche à droite) : Le doyen Chandra Madramootoo, Jayne Munro, le regretté Ian C. Munro, la principale et vice-chancelière Heather Munroe-Blum, et le vice-principal de Développement et relations avec les anciens étudiants, Marc Weinstein.

Protéger notre nourriture de la ferme à notre assiette

Pensez-y : Vous mangez un aliment, et sentez que quelque chose ne va pas pendant la digestion. Un peu plus tard, vous vous sentez – ou vous êtes – malade. Le jour suivant, ça va mieux et vous finissez par oublier l’incident.

Nous avons tous déjà vécu une expérience du genre. Toutefois, bien que la plupart des maladies d’origine alimentaire ne sont pas détectées, elles coûtent entre 12 et 14 milliards par an à l’économie canadienne. Il ne s’agit donc pas d’un problème banal. Au-delà de l’argent, les épidémies de la bactérie E. coli et de listériose, qui se développent dans les usines de transformation des aliments, font l’objet d’un battage médiatique puisqu’elles entraînent des décès – autant de morts qui pourraient être évitées.

Pour sauver des vies et éviter des rappels coûteux, l’industrie alimentaire doit développer des techniques pour détecter plus rapidement l’altération des aliments que celles dont nous disposons actuellement, et c’est précisément l’expertise de Lawrence Goodridge, qui dirigera le premier la chaire de salubrité des aliments Ian et Jayne Munro, grâce au généreux don de 1,5 million de dollars versé par le regretté Ian Munro, B. Sc. (agriculture) 1962, M. Sc. 1967. L’Université investira un montant de 500 000 $, et compte amasser un million de dollars supplémentaire, afin d’assurer la pérennité du poste de président.

Les recherches de M. Goodridge, qui devraient débuter à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'environnement au cours de l’été 2013, porteront principalement sur l’utilisation des bactériophages (« phages ») de façon à d'étudier et régler les problèmes de production d'aliments. Seulement une décennie après l’obtention de son doctorat, on a déjà décerné au jeune chercheur deux brevets et un brevet provisoire pour sa recherche sur la détection rapide des pathogènes d’origine alimentaire.

À titre de vice-président principal et de conseiller scientifique principal de Cantox Health Sciences International à Mississauga, M. Munro, décédé en 2011, a voué sa carrière à l’identification et au contrôle des composantes toxiques dans les aliments. En faisant son don, M. Munro a dit : « Il y a tellement talent ici à McGill. On ne retrouve aucun programme d’une telle qualité et d’une telle portée ailleurs au Canada. C’est ici que doit se trouver le président. »

« Nous voulions que ça devienne le centre principal de la salubrité des aliments au Canada », explique le professeur Varoujan Yaylayan, président du département de sciences alimentaires et de chimie agricole. Pour ce faire, « Nous devions former un noyau de chercheurs en chimie, en biochimie, en transformation des aliments et en microbiologie. » Il ne manquait qu’un chercheur en microbiologie au département, jusqu’à maintenant.

« La salubrité des aliments prendra de plus en plus d’importance, en raison de la production à plus grande échelle », ajoute Yaylayan. Ainsi, le département a lancé en septembre 2012 un programme de maîtrise sans mémoire de trois sessions, pour permettre aux professionnels de l’industrie de parfaire leurs compétences. Le programme a reçu d’excellentes candidatures et le nom du M. Goodridge encouragera d’autres experts reconnus à se joindre à la Faculté. Tout cela fait partie des efforts du département en vue de mettre en œuvre ce qui, selon M. Yaylayan, est essentiel pour bien comprendre la situation : « une conception globale permettra d’assurer la salubrité des aliments de la ferme à l’assiette. »