David O’Brien, Róisín Hennessy, Marika Giles Samson, John Hursh, and Claris Harbon
David O’Brien (milieu) accompagné des boursiers O’Brien Róisín Hennessy, Marika Giles Samson (arrière) ainsi que John Hursh et Claris Harbon (avant).

Défendre la justice dans un monde injuste

Situation cauchemardesque s’il en est une. Imaginez que vous travaillez 10 heures par jour, six jours par semaine dans une usine de transformation des aliments au taux horaire de 8 $ et que la majorité de votre maigre salaire soit grugée par des frais pour les repas, un lit et même des oreillers et des draps. Et comme si ce n’était pas assez, vous devez dormir dans un espace restreint, dans un petit dortoir, avec 35 autres personnes. Ce cauchemar s’est transformé en réalité pour Chiraphon Phaiphae et 18 autres immigrants thaïs et cette situation, qui a duré deux ans, s’est produite ici même au Canada.

« La situation des travailleurs migrants au Canada illustre quelques-uns des problèmes éthiques et philosophiques fondamentaux qui sont au cœur de notre système juridique. C’est pourquoi elle revêt autant d’importance pour moi », affirme Bethany Hastie, doctorante de la Faculté de droit de McGill qui étudie le volet des professions peu spécialisées au Canada, l’un des trois mécanismes permettant l’admissibilité au Programme des travailleurs étrangers temporaires.

Depuis longtemps, Mme Hastie s’intéresse aux problèmes de justice et de défense des droits. Inspirée par l'exemple des dynamiques leaders communautaires soucieux de justice qu’elle avait rencontrés quand elle était jeune, elle a décidé que des études en droit représenteraient la meilleure façon pour elle d’aider de façon significative les personnes et les collectivités vulnérables. Après avoir obtenu un diplôme en droit, elle a décidé de poursuivre ses études au doctorat, ce qu’elle a pu faire grâce à une bourse doctorale O’Brien.

Créées grâce à un don de David O’Brien, LL.L. (1965), ces bourses sont offertes aux étudiants exceptionnels des deuxième et troisième cycles, qui étudient les droits de la personne et le pluralisme juridique à la Faculté de droit. « En fait, la bourse m’a grandement aidé à entreprendre des études au doctorat », affirme-t-elle.

Les boursiers O’Brien œuvrent au sein du renommé Centre sur les droits de la personne et le pluralisme juridique (CDPPJ) de McGill, qui offre un grand nombre de programmes axés sur l’étude des droits de la personne dans de nombreuses collectivités à l’échelle mondiale, soutenus en grande partie par les dons philanthropiques. Les Conférences de la famille Echenberg sur les droits de la personne comptent parmi les activités les plus réputées qui sont associées au Centre. Créées grâce à un don de un million de dollars de Gordon Echenberg, B.A. (1961), LL.L. (1964) et de son épouse Penny Echenberg, les conférences réunissent notamment des professeurs, des décideurs, des responsables d’organismes communautaires afin qu’ils puissent discuter de problèmes qui sont au confluent du droit et des droits de la personne.

Le généreux don des Echenberg permet également de créer un réseau rassemblant de jeunes leaders du domaine des droits de la personne partout dans le monde. Ces boursiers Echenberg se rencontrent régulièrement pour échanger. « Pour nous, il ne s’agit pas d’un don, affirme Me Gordon Echenberg. C’est un investissement dans un programme de sensibilisation novateur de McGill qui produira des résultats positifs et pratiques. Si seulement un de ces jeunes leaders laisse sa marque dans le monde, alors nous aurons réussi, en collaboration avec l’Université McGill.

Bethany Hastie qualifie le CDPPJ de « milieu formidable, où les gens ont une perspective très progressiste de la justice sociale. Échanger avec des collègues qui travaillent sur des thèmes semblables aux miens m’aide à avancer en tant que chercheuse. »

Justice a enfin été rendue pour Chiraphon Phaiphae, en 2011, quand elle et ses compagnons de travail ont été reconnus comme victimes de la traite d’humains et ont obtenu la permission de demeurer au Canada.

Pour Mme Hastie, les autres étudiants au sein du CDPPJ et les généreux donateurs qui les soutiennent, de telles histoires de succès représentent une motivation suffisante pour continuer à travailler dans le but d'assurer que la loi soutient les droits de la personne au Canada et partout dans le monde.