À titre de doctorante à l’École des sciences de l'information, Jillian Tomm, B.Mus. 1997, MBSI 2002, Ph.D. 2013, a passé de nombreuses heures à examiner la bibliothèque privée de feu Raymond Klibansky, professeur émérite.

Un nouveau chapitre de la Bibliothèque McGill

Il peut être difficile de déchiffrer l’ère du numérique. À titre d’exemple, les bibliothèques universitaires connaissent une hausse spectaculaire du nombre de personnes les visitant, malgré une révolution au chapitre de l’accès en ligne aux documents, notamment les livres électroniques individuels et les bases de données représentant l’équivalent de plusieurs années de publication de revues numérisées et électroniques qui sont employés quotidiennement par les étudiants et par les chercheurs universitaires.

« Qu’il s’agisse d’étudiants du premier cycle, d’étudiants des cycles supérieurs ou de membres du corps enseignant, de chimistes, de médecins ou d’avocats en formation, d’étudiants du premier cycle spécialisés en anglais ou en allemand : ils se rattachent tous à nous. La Bibliothèque est au service de tous », affirme la professeure Colleen Cook, doyenne Trenholme des bibliothèques de McGill.

Depuis 2007, le nombre annuel de visites aux 13 bibliothèques est passé de deux millions et demi à environ sept millions. Les dons privés ont contribué à améliorer tous les aspects de l’expérience de bibliothèque pour ces visiteurs. Beaucoup d’entre eux viennent encore pour les livres, le déclin desquels a peut-être été nettement exagéré. D’autres passent au peigne fin les bases de données et les ressources électroniques de la Bibliothèque ou étudient de remarquables performances dans les collections d’archives audio et vidéo. Tous les jours, des étudiants occupent le nombre grandissant de salles d’étude, qu’il s’agisse des nouvelles salles d’étude en groupe équipées de tableaux blancs interactifs ou des endroits ouverts en tout temps qui accommodent les horaires et les routines différents. Il existe aujourd’hui de nombreuses occasions de réaliser des travaux en collaboration par l’entremise du vaste réseau de bibliothèques de McGill dans des endroits comme la Cyberthèque de la Bibliothèque des sciences humaines et sociales ou la Bibliothèque et centre d'information Macdonald.

« La Bibliothèque n’est plus seulement un endroit où emprunter des livres, affirme Kira Gossack-Keenan, étudiante de premier cycle en sciences et membre du Comité sénatorial des bibliothèques de McGill. C’est un lieu d’étude, un endroit où se rencontrer pour effectuer des projets de groupe et obtenir de l’aide, ainsi que pour simplement passer du temps. Selon les commentaires que je reçois de la part des étudiants, ils aiment avoir accès aux bibliothèques, particulièrement lorsqu’ils peuvent y aller en tout temps. »

La Bibliothèque de McGill bénéficie de la philanthropie. La Fondation familiale Joan et Clifford Hatch maintient un lien avec McGill qui remonte à de nombreuses années, à l’époque où les Hatch ont fondé l’Association des parents et le Fonds des parents de McGill. Récemment, l’appui de la Fondation a permis à la Bibliothèque d’agrandir sa collection spéciale au sujet de Shakespeare, important domaine d’études de McGill, en achetant des ouvrages imprimés, des bases de données, des films et des enregistrements audio.

La Fondation Joan et Clifford Hatch n’est pas la seule à soutenir la Bibliothèque. Le Fonds des bibliothèques Harold Mackler et Nellie Rader Mackler, créé par le Dr Richard Mackler en l’honneur de ses parents, contribue à la collection générale de la Bibliothèque des sciences humaines et sociales, particulièrement à l’acquisition d’œuvres en langues française, italienne et allemande.

« Il ne suffit pas de posséder ces documents, mentionne la doyenne Cook. Les collections de McGill sont d’une importance internationale. La Bibliothèque se doit de les rendre accessibles par la numérisation. Des études ont démontré que 25 % de nos collections comprennent des documents uniques qui doivent faire partie du domaine public. Les fonds provenant du secteur privé nous ont permis de bien faire notre part dans ce que nous pouvons appeler un exercice à l’échelle mondiale afin de rendre disponibles ces documents, affirme-t-elle ».

De plus, ce financement privé a donné lieu à quelques ajouts importants aux collections de livres rares. On conserve, dans la collection Raymond Klibansky de la division des livres rares, la bibliothèque personnelle comptant près de 7 000 ouvrages du célèbre professeur de philosophie de McGill. La femme de M. Klibansky, Ethel Groffier, DCL (1972), qui a enseigné à la Faculté de droit pendant 25 ans, a aussi donné son soutien au catalogage et à la conservation de la collection, qui comprend des œuvres qui remontent jusqu’au 15e siècle. Elle a aussi créé un fonds de dotation dans le but d’attirer des chercheurs à McGill afin de la dépouiller.

Pour l’étudiante en droit Stéphanie Bachelet, bénévole pour le Comité sénatorial des bibliothèques, la Bibliothèque est un lieu idéal pour l’étude et les devoirs. « Mon endroit préféré où étudier est aux tables de groupes au quatrième étage de la Bibliothèque Nahum Gelber de droit, mentionne-t-elle. J’aime l’atmosphère tranquille et la lumière naturelle. »