Pionniers dans l’étude de la douleur

Environ un adulte canadien sur cinq souffre de douleurs chaque jour. Plus de la moitié des personnes aux prises avec des douleurs chroniques souffrent également de dépression, ce qui occasionne des taux de suicide de près du double de ceux du reste de la population.

Le Centre Alan Edwards de recherche sur la douleur de l’Université McGill a pour mission de redonner espoir à ces patients en déterminant les causes fondamentales de la douleur et en découvrant de nouvelles applications qui amélioreront la prévention et le traitement. Situé dans la Faculté de médecine dentaire et comprenant également des chercheurs des Facultés de médecine et de sciences, le Centre est l’un des organismes les plus importants, les plus connus et les plus productifs du genre au monde entier.

Il aurait été inconcevable d’imaginer l’influence internationale et la diversité disciplinaire du Centre il y a quelques décennies, lorsqu'Alan Edwards a rencontré pour la première fois le professeur de l’Université McGill Ronald Melzack, B. Sc. (1950), M. Sc. (1951), Ph. D. (1954). À cette époque, la douleur était traitée comme un problème médical secondaire et très peu d’efforts étaient déployés pour la comprendre ou la traiter séparément en tenant compte de ses causes profondes. M. Edwards, dont la conjointe décédée, Louise Edwards, souffrait d'états de douleurs chroniques, notamment de migraines, était déterminé à exploiter le potentiel de la communauté naissante de recherche sur la douleur de l’Université McGill, dans laquelle le professeur Melzack jouait un rôle de meneur et de pionnier.

Ce contexte a marqué le début d’un partenariat philanthropique extraordinaire qui a abouti en 2003, des décennies après la première rencontre entre M. Edwards et le professeur Melzack, à la création du Centre sur la douleur de McGill. Les contributions de M. Edwards au Centre – qui se sont accrues jusqu’à atteindre la somme de neuf millions de dollars grâce à son œuvre de bienfaisance, la Fondation Louise et Alan Edwards – ont permis de canaliser les efforts d’une communauté disparate de chercheurs intéressés par la douleur chronique vers un même foyer d’intérêt, soit un organisme, maintenant devenu un chef de file international dans le domaine, où ils pourraient travailler ensemble. Jusqu’à son décès, M. Edwards a lui-même travaillé avec diligence dans l’ombre en soutenant généreusement les plus grandes priorités du Centre ainsi qu'en recueillant des fonds dans la communauté élargie.

« Le Centre, qui rassemble des chercheurs provenant de plusieurs départements ainsi que de trois facultés et qui regroupe tous nos hôpitaux d’enseignement, offre un forum essentiel afin que nous puissions collaborer efficacement. », a indiqué Dr Fernando Cervero, directeur du Centre. Les fonds de la Fondation Edwards soutiennent également les projets de recherche en collaboration de même que le recrutement de personnel enseignant. Ils servent également à constituer des bourses destinées à de jeunes chercheurs prometteurs.

Parmi ceux-ci, Anne-Julie Chabot-Doré, B. Sc. (2004), B. Sc. (2007), s’intéresse à l’étude de la douleur depuis son adolescence. En tant que titulaire de la bourse de la Fondation Louise et Alan Edwards en recherche sur la douleur, Mme Chabot-Doré admet que le soutien financier lui permettra de se concentrer sur ses recherches doctorales, mais affirme qu’il s’agit de plus encore.

« Le comité d’évaluation de la Fondation a vu le grand potentiel de mon projet de recherche, mais il a également reconnu la valeur de mon engagement dans la communauté scientifique et les projets d’action communautaire. », a-t-elle précisé.

Puisqu’elle commence sa carrière dans le domaine des sciences, cet appui et son stage dans la communauté de recherche sur la douleur de McGill seront inestimables. De plus, pour les milliers de Canadiens souffrant de douleurs chroniques, les travaux de Mme Chabot-Doré et de ses collègues apportent une lueur d’espoir qui, un jour, fera de leur souffrance une chose du passé. Voilà qui aurait certainement rendu fier Alan Edwards.