Dr Joshua Chinks
Le Dr Joshua Chinks anime un atelier sur l’intubation devant des étudiants au Centre de simulation médicale.

Faire passer la formation médicale au 21e siècle

Personne ne s’attend à ce qu’un pilote d’avion apprenne à faire voler un 747 rempli de passagers. C’est d’ailleurs pour cette raison que les simulateurs de vol sont une pratique courante. Un premier répondant n’attend pas qu’un désastre survienne avant de s’entraîner à y faire face. Alors pourquoi un futur chirurgien devrait-il apprendre les bases de son métier dans une vraie salle d'opération?

Nous n’en sommes encore qu’aux balbutiements des simulations médicales en comparaison avec les simulations de vol, mais après sept ans d'activité, le Centre de simulation médicale Arnold et Blema Steinberg place enfin la Faculté de médecine de McGill à la fine pointe de l’éducation et de la formation en soins de santé.

Fondé principalement grâce à un don d'Arnold Steinberg, chancelier de McGill, B.Com. (1954), LL.D. (2000) et de la professeure émérite Blema Steinberg, B.A. (1955), Ph.D. (1961), le Centre transforme maintenant l’éducation des étudiants en médecine, des résidents, des infirmiers et d’autres professionnels de la santé étudiants à McGill. Les simulations médicales accordent aux étudiants un niveau de contrôle élevé à chaque leçon donnée, de la formation de base aux interventions chirurgicales complexes. En systématisant la formation et en la rendant plus efficace, nous réduisons les erreurs médicales.

« Notre objectif est de rendre le système de santé plus efficace et plus sécuritaire, déclare l’ancien directeur Kevin Lachapelle, MDCM (1988). Nous voulons un système de santé qui accepte les critiques et les autocritiques et qui reconnaît que des erreurs sont commises. Nos médecins et nos infirmiers sont déjà très bons, nous voulons maintenant mieux les former et le faire plus rapidement. »

Dans les établissements de formation technique du Centre, les mannequins haute fidélité utilisés par les étudiants agissent comme des humains. Leurs signes vitaux sont branchés aux mêmes systèmes que dans les hôpitaux et des complications mimées peuvent survenir pendant les procédures médicales. Les étudiants peuvent s'exercer, entre autres, à donner des injections, à faire des points de suture, à insérer des tubes dans la poitrine et à réaliser des biopsies. Le travail d’équipe aussi rapide que précis entre le médecin et le personnel infirmier, essentiel en cas d'urgence, est pratiqué au Centre, là où il n’y a pas de vraies victimes et donc pas de danger. « Il s’agit vraiment d’un centre multidisciplinaire et interprofessionnel, déclare M. Lachapelle. »

Les simulations ne se limitent pas à des torses technologiques en plastique ou à des moniteurs informatiques. Les étudiants peuvent s'exercer avec des acteurs entraînés afin d'apprendre à bien communiquer pendant un examen et à bien se comporter dans la chambre d'un patient en compagnie de sa famille. Les interactions sont filmées afin que le formateur et autres observateurs puissent y assister à partir d'une autre classe. Les étudiants visualiseront leur vidéo pour effectuer des analyses et pour apprendre de leur expérience.

La générosité des Steinberg a permis de bâtir le Centre et en a inspiré plus d’un à faire un don. La construction du Centre et les activités qui y sont effectuées ont été rendues possibles grâce à l’appui de plus deux douzaines de donateurs, notamment John Cleghorn, B.Com. (1962), LL.D. (2004) et Pattie Cleghorn, Cert.Ed. (1962), Theresa McLoud, MDCM (1968), Mark Abelson, B.Sc. (1966), MDCM (1970) et Annalee Abelson, B.A. (1968), M.Sc. (1971), Ph.D. (1981).

Arnold Steinberg est confiant du potentiel du Centre. « Je crois que, grâce au Centre de simulation, on pourra modifier la médecine notamment sur le plan des soins accordés aux patients. Je suis sûr qu’il permettra de sauver des milliers de personnes. »