Alexandra Dodger
Feue Alexandra Dodger photographiée à Beyrouth, au Liban.

Introduire le droit dans la communauté

Dans son expression la plus noble, le droit se veut le reflet des idéaux et des valeurs d’une collectivité. C’est une entreprise essentiellement humaniste, c’est-à-dire que, abstraction faite de la profession de juriste, le droit vise en définitive à créer un monde plus équitable et juste.

La bourse Alexandra Dodger est un exemple éloquent de cet esprit d’humanisme. Feue Mme Dodger, LL. L. 2011 et LL. B. 2011, jeune diplômée de la Faculté de droit, s’est battue inlassablement contre les inégalités, a défendu la condition étudiante au pays et lutté pour la cause des réfugiés et des victimes de génocide de partout dans le monde en signant plusieurs articles dans la Revue de droit de McGill. Lorsqu'elle est décédée subitement et prématurément, ses amis, ses proches et ses camarades étudiants se sont mobilisés et, pour rendre honneur à sa mémoire et assurer la défense des causes qui lui tenaient particulièrement à coeur, ont mis sur pied un fonds destiné aux étudiants de droit souhaitant faire carrière dans le domaine de la justice sociale.

« La bourse Alexandra Dodger souligne l’importance du rôle de la justice sociale et des droits de la personne en offrant une aide financière concrète », affirme la professeure Colleen Sheppard, directrice de la recherche du Centre sur les droits de la personne et le pluralisme juridique (CDPPJ).

Les étudiants qui veulent faire carrière dans ce domaine ont tout intérêt à choisir de poursuivre leurs études à la Faculté de droit de McGill. La Faculté joue en effet un rôle majeur dans ce domaine de droit depuis que le professeur John Humphrey, rédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'Homme des Nations Unies, y a enseigné le droit de la personne. Toutefois, les principes prônés par la Déclaration, et par la législation sur les droits de la personne en général, s'accordent plutôt mal avec les réalités politiques et économiques du quotidien. C'est cette polarité des intérêts qui a motivé Gordon Echenberg, B.A. 1961, LL. L. 1964, et son épouse, Penny Echenberg, à faire un don de un million de dollars à la campagne de financement de McGill afin de mettre sur pied la série de Conférences de la famille Echenberg sur les droits de la personne.

Tous les trois ans, le CDPPJ accueille la Conférence à l'occasion de laquelle des juristes experts du domaine et les acteurs dominants du secteur privé, du milieu des OSBL et du monde politique se réunissent en vue de trouver un moyen de « créer un rapprochement » entre la théorie et le respect concret des droits de la personne. S’inscrit également dans le cadre des Conférences le Forum des jeunes leaders, dont les participants sont membres de l'Association pour la défense des droits de la personne McGill Echenberg qui fait partie d’un réseau international de spécialistes des droits de la personne. « Il s’agit d’une entreprise de sensibilisation hautement louable », souligne Mme Sheppard.

Les autres initiatives importantes du genre comprennent les bourses O’Brien du Centre sur les droits de la personne et le pluralisme juridique, créées par l’influent homme d’affaires David O’Brien, LL. L. 1965, qui visent à encourager les plus éminents professeurs du monde entier à se pencher sur les questions de droit et de politiques sur les droits de la personne les plus urgentes, et également la bourse James K. Hugessen pour l’étude des questions d’invalidité et de droit, créée par le juge James K. Hugessen, LL. L. 1957, afin favoriser la recherche et l’étude sur cette question de premier ordre.

Les étudiants qui, à l’instar d’Alexandra Dodger, sont épris de justice sociale peuvent se prévaloir du programme de bourses financé au moyen du don de 450 000 $ versé par Davies Ward Phillips & Vineberg, l’un des grands cabinets d’avocats canadiens, et ses membres.

Le Fonds Davies Ward Phillips & Vineberg pour l’engagement communautaire finance la participation à la clinique juridique organisée par la Faculté, dans le cadre de laquelle des étudiants de troisième et quatrième années de droit sont associés à des groupes d’action communautaire locaux, comme Dans la rue, organisme qui offre son soutien aux jeunes sans-abri de Montréal.

« Le travail réalisé par les étudiants participants aura un impact direct et immédiat pour les personnes qui, sans l’aide de la clinique, ne disposeraient pas d’accès à l’information ou aux conseils juridiques dont ils ont besoin », précise Hillel Rosen, LL. L. et LL. B. 1985, associé chez Davies.

Les initiatives de ce genre, qui allient à la fois la philanthropie, le talent des étudiants et la vision des professeurs de McGill, susciteraient l'admiration du professeur Humprey et le rempliraient de fierté.