Mme Ethel Groffier (à gauche) avec Jillian Tomm, B. Mus. (1997), M.B.S.I. (2002), Ph. D. (2013), qui a passé de nombreuses heures à examiner la collection Raymond Klibansky.

Conserver du matériel précieux

Un seul livre peut aider un lecteur à comprendre un sujet. D’un autre côté, une collection peut aider un lecteur à comprendre un thème. Telle est la valeur des livres rares et des fonds spécialisés de la Bibliothèque de McGill.

Mme Ethel Groffier, DCL (1972), a fait don de l’exemplaire de son mari, daté de 1578, d’une traduction grecque et latine des œuvres complètes de Platon qui a été l’édition de référence sur le sujet pendant des siècles. Si elle avait seulement offert cet exemplaire, Mme Groffier aurait déjà contribué énormément au fonds de la Bibliothèque. Elle a plutôt donné l’ensemble des 7 000 livres de la bibliothèque de Raymond Klibansky, une ressource inestimable pour les chercheurs de l’histoire de la pensée, conservés par l’un des éminents philosophes de son époque.

« Ce don nous a permis de surpasser le degré d’excellence que nous avons en histoire de la pensée. Nous sommes dorénavant en mesure d’accepter des projets dans cette même discipline qui amélioreront le profil de l’ensemble de la bibliothèque », mentionne Richard Virr, Ph. D. (1980), bibliothécaire de la Bibliothèque des livres rares et fonds spéciaux.

La collection de Raymond Klibansky n’est pas une simple collection de livres, elle est plutôt une ressource dont toutes les parties servent à placer les autres dans un contexte plus large. Elle sert aussi à rendre hommage à M. Klibansky, ancien professeur de McGill et éminent philosophe décédé en 2005, et à offrir un aperçu de sa personne.

Alors que la collection, réunie pendant plus de 80 années, est de nature singulière, son entretien ne l’est pas. Mme Groffier a versé des fonds considérables pour le catalogage de la collection, afin qu’elle soit accessible aux chercheurs. Tout aussi important, Mme Groffier et Katherine Smalley, une ancienne étudiante de M. Klibansky, ont également contribué au Fonds de la collection de Raymond Klibansky qui appuie les érudits qui se consacrent au dépouillement des documents de la collection.

À la Bibliothèque des livres rares et fonds spéciaux, l’accès est aussi important que la conservation. Ces livres, peu importe leur rareté ou leur délicatesse, ne sont pas exposés dans un musée. Ils sont faits pour être lus. Par conséquent, si une personne cherche « Platon » dans la base de données de la Bibliothèque, le livre datant de 1578 offert par M. Klibansky sera affiché à des fins de consultation, aux côtés d’un livre numérique publié quatre siècles plus tard.

Alors que le don de Mme Groffier s’appuie sur un point fort de la Bibliothèque des livres rares et fonds spéciaux, le soutien de Sheila Bourque, B. A. (1949), a permis de révéler un autre point fort de la Bibliothèque, inconnu jusque-là. Mme Bourque a fait don d’une collection de livres pour enfants qui s’échelonnent sur cinq siècles, d’un exemplaire datant de 1571 des Fables d’Ésope jusqu’aux premières éditions de Winnie l’ourson. Cette collection sert dorénavant d’outil de recherche essentiel pour les chercheurs de McGill.

« Sans ce soutien informé et intéressé, nous ne nous rendrons pas très loin », affirme M. Virr.