John Burgess and Elaine Kilabuk
Le Dr John Burgess et Elaine Kilabuk, première lauréate de la bourse de distinction Dr John H. Burgess.

Promouvoir l’éducation supérieure auprès des autochtones

« Quand je me rends au Nunavut, que je me présente en tant que futur médecin et que les gens savent que je suis Inuite, il m'est alors possible de nouer des relations immédiatement », affirme Elaine Kilabuk.

Depuis son jeune âge, l’étudiante en médecine de McGill savait qu’elle voulait exercer cette profession dans les régions éloignées du Nord. Née à Iqaluit, d’un père inuit et d'une mère juive, elle est déménagée en Floride à l’âge de cinq ans. Cependant, lorsqu'elle retournait dans son pays natal nordique tous les deux ans, elle était indignée par ce qu’elle voyait.

« En comparaison de la médecine moderne qui était exercée en Floride, je constatais de grandes lacunes en matière de santé lorsque je retournais dans ma famille dans le Nord, ce qui m'a motivée à retourner dans cette collectivité et à contribuer à son bien-être », ajoute-t-elle.

Selon Mme Kilabuk, son esprit caritatif lui vient de sa mère, dont la thèse doctorale portait sur les façons d'aider les étudiants inuits, dont le taux de diplomation se situe à environ 25 %, à terminer leurs études secondaires. Mais ce fut la bourse de distinction à l’intention des étudiants autochtones, la Dr. John H. Burgess Distinguished Scholarship for Canadian aboriginal students, financée grâce à un don de John H. Burgess, B. Sc. (1954), MDCM (1958), qui a permis à Mme Kilabuk de réaliser son vœu de retourner dans le Nord.

Le Dr Burgess est un cardiologue émérite au Centre universitaire de santé McGill, professeur de médecine à McGill, ancien président du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et auteur de nombreux articles publiés dans des revues médicales. Après avoir été encouragé à voyager dans le Nord dans le cadre du projet McGill Baffin, il est rapidement tombé amoureux de la région et, pendant les trois décennies qui ont suivi, a exercé en tant que cardiologue consultant auprès des Inuits du Nunavut et du Nunavik, expérience qu’il relate dans son livre publié en 2008, Doctor to the North.

Pendant qu’il œuvrait auprès des populations du Nord, leur état de santé a changé de façon considérable, dit-il. « La première fois que je m’y suis rendu, il n’y avait pratiquement aucune incidence de coronopathie. » Après l’adoption d’un régime occidental, ou plutôt du Sud, par cette même population, la situation s'est dégradée de façon dramatique.

Recevant une rétribution financière pendant ses études, Elaine Kilabuk a signé un contrat avec le ministère de la Santé et des Services sociaux du Nunavut, en vertu duquel elle acceptait de travailler dans cette région pendant quatre ans après sa résidence. Nous avons un grand besoin de médecins inuits, opine le Dr Burgess, et Mme Kilabuk deviendra l’un des premiers médecins nés au Nunavut.

Selon Kakwiranó:ron Cook, coordonnateur du rayonnement communautaire des Autochtones, des 120 à 150 étudiants autochtones que compte environ l’Université, certains d’entre eux bénéficient des généreux dons qui ont été versés pendant la Campagne. La famille du regretté Jake Eberts, B. Eng. (1962), D. Litt. (1998), célèbre producteur de films primés aux Oscars comme Les chariots de feu, Gandhi, Miss Daisy et son chauffeur et Danse avec les loups, a mis sur pied quelques fonds destinés à la sensibilisation et aux bourses, y compris le projet First People’s House, lieu de réunion pour les étudiants autochtones.

Le Dr Burgess, qui avait pour mission d’aider la collectivité autochtone canadienne, ne pouvait pas trouver de meilleur partenaire qu’Elaine Kilabuk, qui vise de grands objectifs au-delà de son programme d’études chargé.

D’abord, elle a l’intention d’apprendre l’inuktitut, la langue d’Iqaluit. Ensuite, elle veut créer un site web afin de centraliser toutes les occasions de financement offertes aux natifs du Nunavut. Par l’intermédiaire de McGill, elle espère créer un programme de mentorat pour les élèves autochtones au secondaire grâce auquel ils pourraient suivre des étudiants en médecine pour en apprendre davantage sur leur parcours.

« Il est important d’associer un visage à ces causes, dit-elle avec enthousiasme. J’estime avoir la responsabilité de jouer le rôle de porte-parole pour mon peuple. »