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Qui embrasse les différences et les possibilités.

Fondée par un pionnier issu de l’immigration, située au carrefour des deux grandes communautés linguistiques et culturelles du Canada, l’Université McGill se nourrit de la diversité. Son intérêt pour les cultures, les langues, les points de vue, les expériences et les horizons divers et variés est intarissable. Cette philosophie se reflète dans ses salles de cours et ses laboratoires, où un large concert de voix permet de remettre en question les hypothèses, d’approfondir les réflexions et d’enrichir les connaissances. Elle caractérise aussi des initiatives proches et lointaines, comme le Programme de rayonnement communautaire de la Faculté de médecine dentaire et le Programme en société civile et rétablissement de la paix au Moyen-Orient, témoins de sa volonté d’améliorer le monde qui l’entoure. Enfin, elle sous-tend les efforts qu’elle ne cesse de déployer pour constituer un corps étudiant et professoral et un personnel plus diversifiés, tant il est vrai que s’engager dans les mondes qui nous entourent est l’entreprise de toute une vie.

Lorsque Charmaine Lyn étudiait le droit, elle a constaté une certaine diversité dans les rangs de la Faculté. «Bien que les salles de cours étaient notamment composées de personnes de couleur, ces dernières étaient généralement assez privilégiées. Pourtant, McGill est l’une des universités les plus diversifiées au Canada», fait-elle remarquer. En 2004, Charmaine Lyn a eu la possibilité de changer cet état de fait, en acceptant le poste de vice-doyenne (affaires externes) de la Faculté de droit de McGill. Responsable des admissions, elle a étudié les 1500 candidatures reçues, ce qui lui a permis de découvrir qui étaient ceux qui ne faisaient pas de demande d’admission. En organisant des rencontres entre des étudiants et professeurs de droit et des étudiants de 10e et 11e années de la Kahnawake Survival School, elle a aidé les adolescents à identifier chez eux des compétences et un potentiel que trop souvent ils ignoraient. « Il est essentiel qu’un plus grand nombre d’Autochtones fassent des études supérieures et intègrent les professions juridiques», souligne-t-elle. «Ce que nous leur disons, c’est “Allez à l’université, vous pouvez changer votre communauté et défendre ce en quoi vous croyez”.»

«Tout ne tourne pas autour de McGill», ajoute Paige Isaac, coordonnatrice du rayonnement communautaire et conseillère d’orientation à la Maison des Premières nations de McGill. «Nous souhaitons faire comprendre aux jeunes le rôle essentiel de l’éducation dans l’amélioration de la qualité de vie et leur rappeler aussi que je suis là, au même titre que de nombreuses autres personnes, pour les aider à y parvenir.» En plus de participer aux visites des étudiants et professeurs de la Faculté de droit à Kahnawake, Paige Isaac rencontre des étudiants autochtones, inscrits à une école secondaire ou à des cours pour adultes, au Québec et en Ontario. Le fait qu’elle soit membre de la communauté Mi’gmaq et fraîchement émoulue de l’université (Paige Isaac a quitté Listuguj pour étudier la biologie à McGill) lui donne le statut de «quelqu’un en qui faire confiance.» «Nous encourageons les jeunes à ne pas tourner le dos aux études supérieures », déclare Charmaine Lyn, qui a quitté la Faculté de droit à la fin de 2009 pour déployer des initiatives similaires au sein de la Faculté de médecine. «Nous voulons les amener à considérer leurs diverses expériences de vie, du téléchargement de la musique aux soins de santé, comme des sujets de réflexion intellectuelle.»

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