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Naissance d’une université

Une statue du fondateur de l'Université McGill, James McGill

James McGill a accompli de nombreuses choses au cours de sa vie. Encore adolescent, il immigre au Canada où il se forge une nouvelle vie. Il fait fortune dans le négoce de la fourrure dans des conditions difficiles et souvent dangereuses. Homme de famille, il accomplit également une mission de service public. Mais de toutes les réalisations à porter à son actif, il en est une que le romancier Hugh MacLennan, plusieurs fois lauréat du Prix du Gouverneur général et ancien professeur d’anglais à McGill, qualifie d’« acte le plus important de sa vie » : James McGill rédige son testament.

Aussi attaché qu’il puisse être à sa patrie d’adoption, James McGill n’ignore pas pour autant les lacunes de Montréal. Vers 1787, il rédige un plaidoyer en faveur de l’amélioration de l’éducation. « Où que l’on se trouve, c’est à peine s’il existe d’écoles où instruire les garçons », écrit-il. « Un garçon sur cinq seulement sait lire et écrire. » Ayant lui-même étudié à l’Université de Glasgow à l’époque des Lumières écossaises, James McGill apprécie la valeur de l’instruction et décide de léguer à son décès la somme de 10 000 £ sous forme de fiducie ainsi que Burnside Place, le domaine de quarante-six acres qu’il possède sur les flancs du Mont Royal, à l’Institution royale pour l’avancement des sciences. Deux conditions sont assorties à ce legs : la fiducie doit servir à créer un collège à son nom et ce collège doit ouvrir ses portes dans les dix ans suivant son décès.

Le fondateur de l'Université McGill, James McGillJames McGill meurt le 19 décembre 1813, moins de deux ans après avoir rédigé son testament. Malgré sa grande clairvoyance, la genèse du collège qui doit porter son nom connaît bien des péripéties. L’un de ses héritiers, un neveu du nom de Francis Desrivières, souhaite en effet s’approprier Burnside Place et déploie des trésors d’ingéniosité pour empêcher tout progrès, dans l’espoir que l’Institution royale ne puisse pas respecter le délai de dix ans et que la fortune de McGill lui revienne par défaut. La jeune Institution royale peine pour sa part à faire face à ses obligations quotidiennes et n’est pas armée pour se battre contre Desrivières. Ce seront les efforts d’un autre négociant en fourrures, John Strachan, un contemporain de James McGill, qui permettront à l’Institution royale de se ressaisir et d’obtenir une charte du Roi William IV au printemps de 1821. Trois ans plus tard, l’Institution royale recrute son premier principal, le révérend George Jehosophat Mountain (qui allait devenir évêque anglican du Québec) et quatre professeurs. Ne manque alors que les murs du collège.

Le 24 juin 1829, Burnside Place ouvre officiellement ses portes sous le nom de McGill College. Immédiatement, le collège conclut un accord pour faire de la Montreal Medical Institution sa Faculté de médecine. Le rêve de James McGill commence à prendre forme, même s’il faudra encore attendre six ans pour parvenir à un accord avec Francis Desrivières et venir à bout de bien des querelles intestines. Le 6 septembre 1843, vingt étudiants investissent le nouveau Pavillon des arts. Ce sont les premières journées de cours pour le McGill College, une date historique qui intervient exactement trente ans après la disparition de James McGill. 

 


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Notre histoire débute par un don généreux de James McGill, trois discipline sportives majeures voient le jour et un diplômé de McGill devient le premier Premier ministre francophone du Canada.