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Défricheuses : les femmes de McGill

Carrie Derick, la première diplômée de 2e/3e cycles de McGill

Signe des temps, la mixité à McGill ne s’est pas instaurée du jour au lendemain. Ce n’est qu’au début des années 1870 que les professeurs de l’Université commencent en effet à donner des cours de niveau universitaire en arts et en sciences aux membres de la Montreal Ladies’ Educational Association. Durant le premier de ses cours, le principal William Dawson exprime son regret que McGill n’ait pas encore ouvert ses portes aux femmes. Il fait remarquer que le monde est « à l’aube d’une ère nouvelle en matière d’éducation qui, [selon lui], va être le théâtre de progrès aussi spectaculaires que ceux inaugurés par le renouveau de l’enseignement et l’ouverture d’universités pour les hommes. »

Il faudra néanmoins attendre 1884 pour que les femmes soient autorisées à assister à des cours au sein de l’Université (et encore, dans des salles à part), un progrès rendu possible par Donald A. Smith (plus tard Lord Strathcona) qui verse 120 000 dollars à McGill « à la condition que les normes d’éducation pour les femmes soient identiques à celles applicables aux hommes pour les diplômes d’Arts et que les grades de B.A., M.A., LL.D. , conférés aux femmes par l’Université McGill le soient aux mêmes conditions que pour les hommes ».

En hommage à Donald Smith, les étudiantes de McGill ont longtemps été surnommées les « Donaldas ». En 1884, ce dernier finance également la construction du Collège Royal Victoria, une école et un internat réservés aux femmes.

Au cours des années qui suivent, McGill franchit plusieurs étapes majeures dans l’éducation des femmes : 

Groupe de Donaldas, dont Grace Richie et Blanche Evans qui figurent parmi les premières diplômées de McGill.

  • 1857 : L’École normale de McGill (l’ancêtre de l’actuelle Faculté des sciences de l’éducation) ouvre ses portes et offre la première formation professionnelle en langue anglaise aux femmes à Montréal. L’école est dirigée par Mary McCracken.
  • 1888 : Les premières étudiantes de McGill — Eliza Cross, Martha Murphy, Blanche Evans, Gracie Ritchie, Jane Palmer, Alice Murray, Georgina Hunter, Donalda McFee — obtiennent un baccalauréat ès arts. Première de sa promotion, Gracie Ritchie est la première femme de l’histoire de l’Université à prononcer le discours d’adieu.
  • 1890 : Maude Abbott obtient un baccalauréat de McGill. Ses recherches sur les maladies cardiaques congénitales attirent l’attention de Sir William Osler, qui lui demande d’écrire un chapitre sur ce sujet dans son System of Medicine. L’œuvre de Maude Abbott devait culminer par la parution de Atlas of Congenital Cardiac Disease (1936), une référence essentielle pour les chirurgiens cardiaques.
  • 1897 : Lucy E. Potter est la première femme à diriger une publication étudiante.
  • 1901 : Harriet Brooks devient la première femme diplômée en électromagnétisme par une université canadienne. Elle intègre immédiatement le Laboratoire Cavendish à Cambridge, en Angleterre, et devient la première Canadienne spécialiste de la physique nucléaire. Deux ans plus tard, elle revient à McGill pour travailler aux côtés de son mentor, Ernest Rutherford. Ses observations et théories se sont révélées essentielles à la formulation de la théorie de la radioactivité qui a valu à Rutherford de remporter le Prix Nobel. À sa mort, Ernest Rutherford écrit qu’Harriet Brooks était, avec Marie Curie, « la plus grande physicienne et spécialiste de la radioactivité. »
  • 1910 : McGill octroie à Maude Abbott un doctorat en médecine honoris causa, huit ans avant que l’Université n’admette des femmes à la Faculté de médecine, et baptise un cycle de conférences à son nom au Département de pathologie.
  • 1910 : Annie Macleod (chimie) devient la première femme à obtenir un Ph.D. de McGill.
  • 1912 : Carrie Derick devient la première femme du Canada à accéder au rang de professeure titulaire. Pionnière de la génétique, elle crée le premier cours sur la génétique et l’évolution et acquiert une vaste renommée de botaniste et de militante féministe. En 1911, elle devient la première femme à intégrer la prestigieuse liste « American Men of Science ».
  • 1914 : Annie MacDonald Langstaff devient la première diplômée en droit du Québec.
  • 1917 : Pour la première fois, la faculté des Arts compte plus d’étudiantes que d’étudiants dans ses rangs.
  • 1919 : L’équipe féminine de basket de McGill bat l’Université Queen's. Il s’agit de la première épreuve sportive universitaire féminine au Canada.
  • 1922 : La Faculté de médecine de McGill délivre un doctorat en médecine à cinq femmes. L’une d’entre elles, la Dre Jessie Boyd Scriver, allait devenir la première femme pédiatre de Montréal.
  • 1936 : Maude Abbott est la première femme admise au Cercle universitaire de McGill. 

 


McGill University, 1876-1918Retourner à 1876–1918…
Des femmes ouvrent une nouvelle ère à McGill, Rutherford devient le père de la physique nucléaire, le Collège Macdonald révolutionne l’agriculture et un diplômé de McGill écrit « Ô Canada ».